Kaboul salue le projet de Biden de revoir l'accord avec les talibans

Le président afghan Ashraf Ghani (C) arrive avec la délégation gouvernementale lors d'une visite dans la province d'Herat le 21 janvier 2021. (AFP)
Le président afghan Ashraf Ghani (C) arrive avec la délégation gouvernementale lors d'une visite dans la province d'Herat le 21 janvier 2021. (AFP)
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Publié le Samedi 23 janvier 2021

Kaboul salue le projet de Biden de revoir l'accord avec les talibans

  • Des responsables à Kaboul ont salué le plan de la nouvelle administration américaine de revoir l’accord de paix entre Washington et les talibans
  • La violence s'est aggravée depuis la signature de l'accord de paix, affirment les critiques

KABOUL: Des responsables à Kaboul ont salué le plan de la nouvelle administration américaine de revoir l’accord de paix entre Washington et les talibans, accord qui a balisé le terrain à un retrait complet d’ici mai des troupes dirigées par les États-Unis d’Afghanistan.

Le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden, Jake Sullivan, a déclaré samedi à son homologue afghan, Hamdullah Mohib, que Washington réexaminerait l'accord de l'année dernière – une révision réclamée depuis longtemps par Kaboul – signe d'un éventuel changement de politique à la Maison Blanche sous sa nouvelle direction.

L'accord, signé à Doha en février 2020, faisait suite à des négociations secrètes entre le précédent gouvernement américain de Donald Trump et les dirigeants talibans. Il engageait les militants à réduire les violences en Afghanistan et à entamer des discussions avec le gouvernement afghan.

Toutefois, les violences se sont intensifiées depuis la signature de l’accord qui a également contraint Kaboul à libérer des milliers de prisonniers talibans ; ce qui a détérioré les liens du président Ashraf Ghani avec Washington.

Sediq Sediqqi, vice-ministre de l’Intérieur afghan déclare : « Nous nous félicitons de l’intention des États-Unis de revoir l’accord de février 2020 entre les États-Unis et les talibans», dans un tweet à la suite de la conversation de Sullivan avec Mohib.

« L’accord n’a pas atteint l’objectif escompté à savoir de mettre fin à la violence des talibans et d’instaurer le cessez-le-feu souhaité par les Afghans. Les talibans n'ont pas respecté leurs engagements. »

Le porte-parole de Mohib, Rahmatullah Andar, a déclaré à Arab News que les responsables afghans de la sécurité avaient mis l’accent sur « un cessez-le-feu, une paix juste, un Afghanistan démocratique et la protection des acquis des 20 dernières années ».

Les talibans ont dirigé l'Afghanistan de 1996 jusqu'à l'arrivée des forces menées par les États-Unis en 2001.

Andar a affirmé l’attachement de l'Afghanistan à son « partenariat fondamental avec les États-Unis » et que le pays travaillera en étroite collaboration avec Washington sur la sécurité, la paix, la lutte contre le terrorisme et l'engagement régional.

Entretemps, les talibans déclarent s’attendre à ce que la nouvelle administration américaine s'en tienne à l'accord de février.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid a rapporté à Arab News que « l'émirat islamique demande  à la nouvelle administration américaine de mettre intégralement en œuvre l'accord de Doha»,

« L’accord de Doha est la meilleure feuille de route pour la fin de la guerre en Afghanistan et pour le retrait des forces américaines. L'émirat islamique est attaché à l'accord », a-t-il dit.

Dans le cadre de cet accord, les talibans ont accepté de rompre leurs liens avec les « groupes terroristes » et de mettre fin aux attaques contre les troupes dirigées par les États-Unis.

Les responsables de l'administration Trump ont affirmé qu'il n'y avait pas eu de frappes des talibans contre les troupes américaines depuis la signature de l'accord.

Des milliers de soldats américains sont partis depuis février, et seuls 2 500 demeurent dans le pays avec 30 000 entrepreneurs étrangers.

Les analystes afghans sont divisés sur les implications de l'annonce de l'administration américaine.

Tamim Asey, ancien vice-ministre de la Défense, souligne que la réévaluation de l'accord pourrait entraîner un ralentissement du retrait américain.

« Je suis maintenant convaincu que les États-Unis ralentiront le retrait de leurs troupes jusqu'à ce qu'un examen de leur politique soit finalisé », dit-il.

Toreq Farhadi, un ancien conseiller du gouvernement, déclare à Arab News qu'il n'y aura probablement que « des changements mineurs dans la réévaluation » puisque les États-Unis veulent mettre fin à la guerre.

Cependant, Taj Mohammad, pense qu'une révision de l'accord pourrait conduire à une « nouvelle vague de combats ».

« Les talibans et certaines parties dans la région s'y opposent parce que cela pourrait être considéré comme un renforcement de la présence des forces américaines », ajoute-t-il.

 

Ce texte est une traduction d'un article d'Arab News.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.