«Le Hezbollah ne devrait jouer aucun rôle dans l’avenir du Liban», déclare Bahaa Hariri, fils de Rafic Hariri

Bahaa Hariri apparaissant dans le dernier épisode de Frankly Speaking, avec Frank Kane. (Capture d'écran)
Bahaa Hariri apparaissant dans le dernier épisode de Frankly Speaking, avec Frank Kane. (Capture d'écran)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

«Le Hezbollah ne devrait jouer aucun rôle dans l’avenir du Liban», déclare Bahaa Hariri, fils de Rafic Hariri

  • Une large alliance est nécessaire pour mettre en œuvre les travaux inachevés de l'Accord de Taif de 1989, déclare Bahaa Hariri en toute franchise
  • Excluant un rôle politique pour lui-même, Bahaa souhaite que les sanctions imposées au gendre du président Aoun, Gebran Bassil, soient étendues à « tous les seigneurs de guerre »

Bahaa Hariri, le fils aîné de l'homme d'État libanais assassiné Rafic Hariri, appelle à une large alliance - une « super majorité » - pour s'unir autour d'un plan et s'entendre sur la voie à suivre pour le Liban face à ses multiples crises

Une telle alliance est nécessaire pour mettre en œuvre les travaux inachevés de l'Accord de Taif, l'accord de paix négocié par l'Arabie saoudite il y a 30 ans, a déclaré Bahaa en donnant une évaluation sincère de la situation du Liban sur Frankly Speaking, l'interview télévisée dans laquelle de hauts responsables politiques du Moyen-Orient sont interrogés sur leur point de vue sur les sujets les plus importants de la journée.

« Nous devons nous assurer que malgré la fracture sectaire, les forces de la modération iront de pair pour élaborer (ensemble) un plan complet et global- qu'il s'agisse d'un plan économique, d'un plan COVID-19, d'un plan constitutionnel, d'un plan judiciaire, ou un plan de sécurité », a-t-il dit, notant que les Libanais étaient « au bord du précipice ».

Bahaa, un homme d'affaires libanais milliardaire, a ajouté : « Nous recherchons le plein soutien de l'Arabie saoudite pour nous assurer de la pleine mise en œuvre de l'Accord de Taif. Il est essentiel pour nous que l’Arabie saoudite nous aide et nous soutienne dans ce domaine. C'est la clé. »

L'Accord de Taif, signé en 1989 sous les auspices saoudiens à la fin de l’amère guerre civile, n'a jamais été pleinement mis en œuvre, a déclaré Bahaa, mais est resté comme un modèle pour réaliser des progrès dans le pays. « Si nous voulons approcher le monde arabe et la communauté internationale, ils nous diront que vous avez un accord, mais les trois quarts n’ont pas été appliqués », a-t-il déclaré.

« Si nous voulons un nouvel accord, cela peut nous prendre encore 10 ans et peut-être un demi-million de morts. »

Faisant référence à l'Accord de Taif, Bahaa a déclaré : « Nous devons nous assurer que cet accord est exécuté à la lettre : La séparation de la religion de l'exécutif et du législatif ; la création d'un Sénat qui protège les minorités; l'établissement d'un pouvoir judiciaire indépendant; et une loi électorale qui réponde aux aspirations de tous les Libanais. Et que nous ayons une nouvelle élection.

Cela dit, Bahaa a clairement fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de se présenter comme un possible dirigeant du Liban alors qu’il poursuit ses tentatives de plusieurs mois pour la formation d’un nouveau gouvernement. « Je n'ai pas toutes les réponses à de nombreuses questions et je ne veux pas être le chef », a-t-il déclaré.

« Aujourd'hui, nous n'avons pas de guerre civile - nous avons une mauvaise gestion totale dans configuration de divorce complet. Cette configuration, bien sûr, c'est le Hezbollah, les seigneurs de guerre et quiconque les a soutenus.

« La situation ne fait que s'aggraver et c'est pourquoi nous pensons que le plan économique et tout le plan que nous élaborons doivent être basés sur un gouvernement non sectaire, un gouvernement technocratique qui ferait avancer le programme.

De la même manière, Bahaa a déclaré que le Hezbollah soutenu par l’Iran ne devrait pas jouer un rôle dans le nouvel agenda et a fustigé l’Iran pour son ingérence destructrice dans les affaires du Liban.

«L'Iran ne nous a jamais donné un sou. Il a toujours soutenu une organisation terroriste appelée Hezbollah, qui n'est pas le peuple libanais mais seulement une secte au sein du peuple libanais. Il a tué des gens et a essayé de détruire toutes nos tentatives, en tant que bons Libanais, d'aller de l'avant », a-t-il déclaré avec colère.

Bahaa a mis en contraste le rôle joué par l'Iran avec le rôle joué par l'Arabie saoudite, qui, selon lui, est un « véritable ami » du Liban. « L'Arabie saoudite a beaucoup fait pour le Liban. Cela nous a aidés avec l'Accord de Taif et sur la stabilité politique. Cela nous aaidés à placer des milliards de dollars de dépôts après Taif pour stabiliser la monnaie », a-t-il déclaré.

«Le royaume a toujours été en tête en encourageant les autres pays du CCG à verser des investissements directs étrangers dans la Banque centrale pour stabiliser le Liban et encourager les investissements directs étrangers du monde arabe au Liban.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.