Nouvel accrochage entre troupes indiennes et chinoises à leur frontière himalayenne

Des passagers migrants de l'État du Sikkim attendent leur transport après leur arrivée de Chennai à la nouvelle gare de Jalpaiguri, suite à l'assouplissement du verrouillage national imposé à titre de mesure préventive contre le coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Siliguri le 14 mai 2020. (DIPTENDU DUTTA / AFP)
Des passagers migrants de l'État du Sikkim attendent leur transport après leur arrivée de Chennai à la nouvelle gare de Jalpaiguri, suite à l'assouplissement du verrouillage national imposé à titre de mesure préventive contre le coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Siliguri le 14 mai 2020. (DIPTENDU DUTTA / AFP)
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Publié le Lundi 25 janvier 2021

Nouvel accrochage entre troupes indiennes et chinoises à leur frontière himalayenne

  • L'incident s'est produit la semaine dernière sur le col de Naku La dans l'Etat du Sikkim (nord-est)
  • Les derniers pourparlers de désescalade entre les deux commandements militaires ont eu lieu dimanche

NEW DELHI: Les troupes indiennes et chinoises se sont affrontées la semaine dernière sur leur frontière himalayenne disputée, lors d'un nouvel accrochage ayant fait des blessés des deux côtés, ont rapporté lundi des sources militaires et des médias indiens.

L'incident s'est produit la semaine dernière sur le col de Naku La dans l'Etat du Sikkim (nord-est), ont indiqué des sources militaires à l'AFP, alors que les médias nationaux, citant des responsables militaires indiens, évoquaient des victimes dans les deux camps. 

Une patrouille chinoise a tenté de traverser le territoire indien avant d'être repoussée, ont déclaré ces responsables. Naku La relie le Sikkim à la région du Tibet en Chine.

Les derniers pourparlers de désescalade entre les deux commandements militaires ont eu lieu dimanche.

Des combats au corps-à-corps à la frontière du Sikkim en mai avaient ravivé les tensions frontalières entre les deux pays voisins, les plus peuplés du monde.

En juin, au moins 20 soldats indiens et un nombre inconnu de forces chinoises ont été tués dans un affrontement sur leur frontière himalayenne de la région du Ladakh.

La Ligne de contrôle effectif ("Lign of Actual Control", LAC), frontière de facto entre l'Inde et la Chine, n'est pas correctement démarquée. 

Conformément à une pratique de longue date pour éviter une réelle confrontation militaire, les deux armées n'utilisent pas d'armes à feu le long de leur frontière. Et officiellement, aucun coup de feu n'y avait été tiré depuis 1975.

Après l'affrontement au corps-à-corps du 15 juin dernier, de hauts responsables des armées chinoise et indienne s'étaient rencontrés et étaient convenus d'oeuvrer pour apaiser les tensions.

Les deux pays ont envoyé dans cette région, où un hiver féroce sévit actuellement, des dizaines de milliers de soldats supplémentaires ainsi que des armes lourdes.

Le dernier conflit ouvert entre les deux nations remonte à la guerre-éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l'armée chinoise.


Le Mali formule ses conditions avant l'arrivée d'une mission ouest-africaine

Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta (à droite) et le chef de la junte guinéenne, Mamady Doumbouya (Photo, AFP).
Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta (à droite) et le chef de la junte guinéenne, Mamady Doumbouya (Photo, AFP).
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  • La mission était prévue mardi, mais le Mali a fait savoir ne pouvoir la recevoir que jeudi ou vendredi
  • Le Mali et la Côte d'Ivoire sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés

BAMAKO: Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a prévenu que son pays ne se laisserait pas imposer une solution à la crise diplomatique avec le voisin ivoirien par une mission de chefs d'État ouest-africains attendue en fin de semaine.

"Nous allons les écouter. Nous avons dit depuis le début que tout ce que le Mali veut, c'est chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’attente entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Mais si c'est pour imposer des décisions au Mali, cela ne passera pas", a déclaré M. Diop dans un entretien en bambara avec VOA Afrique, posté sur les réseaux sociaux des Affaires étrangères.

Les dirigeants des États membres de la Communauté des États ouest-africains (Cédéao) réunis en sommet extraordinaire jeudi à New York ont décidé l'envoi au Mali d'une mission composée des chefs d'État ghanéen, sénégalais et togolais pour trouver une issue à la crise avec la Côte d'Ivoire.

La mission était prévue mardi, mais le Mali a fait savoir ne pouvoir la recevoir que jeudi ou vendredi.

Le Mali et la Côte d'Ivoire sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée à Bamako.

Ils devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali, mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'État.

M. Diop a redit que l'affaire était entre les mains de la justice malienne, mais que le Mali avait aussi accepté une médiation du Togo. Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta, était ouvert à un accord avec la Côte d'Ivoire "en dehors de la justice" et trois soldates, sur les 49 militaires arrêtés au départ, ont été relâchées, a-t-il dit.

C'est alors que "la Cédéao a été impliquée sans que le Mali ne soit consulté", a dit M. Diop.

"Une décision a été prise unilatéralement en faveur de la Côte d’Ivoire. Pourtant, ce n’est pas un problème de la Cédéao, c’est entre le Mali et la Côte d’Ivoire", a-t-il ajouté : "Quiconque veut apporter une solution sera le bienvenu...  Mais les démarches entamées par la Cédéao ne constituent pas des solutions pour nous".


Impossible pour Kiev de négocier avec Moscou après les «référendums» d'annexion, dit Zelensky à l'ONU

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
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  • A la tribune de l'ONU, le président ukrainien a dénoncé «une farce» avec des résultats «pipés d'avance»
  • Un dialogue sera nécessaire pour mettre fin à la guerre en Ukraine mais il suppose un «rééquilibrage» des forces en faveur de Kiev

KIEV: Kiev ne peut pas mener de pourparlers avec Moscou après l'organisation de "référendums" d'annexion dans quatre régions ukrainiennes, dont trois ont déjà annoncé mardi soir que le "oui" au rattachement à la Russie l'avait emporté, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l'ONU.

"La reconnaissance par la Russie des +pseudo-référendums+ comme +normaux+, la mise en œuvre du (même) scénario qu'en Crimée et une énième tentative d'annexer une partie du territoire ukrainien signifie que nous n'avons pas à discuter avec l'actuel président russe", a dit M. Zelensky dans une vidéo enregistrée et diffusée lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.


«Un incendie sous l'eau»: en Méditerranée, des forêts de corail décimées par la chaleur

La "canicule marine" est également atteinte d'autres espèces (Photo, AFP).
La "canicule marine" est également atteinte d'autres espèces (Photo, AFP).
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  • L'alerte a été donnée fin août par des plongeurs «sentinelles»
  • «Ça fait mal au cœur, la détérioration est super rapide»

MARSEILLE: Comme "un incendie sous l'eau": au large de Marseille (sud), les gorgones rouges, une espèce de corail, ont été décimées, victimes de la température record de la Méditerranée cet été, constate Solène Basthard-Bogain, directrice d'une association spécialisée dans la conservation des milieux marins.

L'alerte a été donnée fin août par des plongeurs "sentinelles", connaisseurs de ces forêts de corail multicolores au large de la deuxième ville de France.

"Ça fait mal au cœur, la détérioration est super rapide, il y a deux mois seulement, on plongeait ici pour explorer cette magnifique forêt entièrement colorée", déplore Tristan Estaque, chargé de missions scientifiques chez Septentrion environnement, à bord du bateau de cette association étudiant les écosystèmes marins méditerranéens.

Entretemps, une grande vague de chaleur marine a frappé la Méditerranée occidentale cet été avec des températures de l'eau supérieures de "4 à 5 degrés" à la normale, selon Mercator Ocean international, organisation pilotant le service européen de surveillance des océans. La température de l'eau est montée jusqu'à 30 degrés par endroits.

«Forêt fantôme»

En remontant d'une plongée exploratoire en ce jour de septembre, Tristan Estaque décrit à l'AFP un paysage apocalyptique sous l'eau, une "forêt fantôme": "Il faut s'imaginer un arbre où il n'y a plus de feuille, plus d'écorce".

Dans ses mains, un morceau de gorgone morte, petit arbre beige aux branches nues: "Normalement sur cette espèce-là, il y a un tissu pourpre plein de polypes", déplore-t-il. Sous la pression d'une chaleur continue et intense, la gorgone meurt et son tissu se grise et tombe en poussière.

Selon les relevés de Septentrion environnement, près de Marseille "70 à 90% de la population de gorgones rouges" dans la zone des 10 à 20 mètres sont mortes.

Les quelques tissus vivants prélevés (environ 20% de chaque "arbre") sont collectés et étiquetés sur le bateau, pour une analyse génétique.

La mortalité des gorgones a aussi été observée sur les côtes espagnoles, dans la région de Toulon ou encore autour de l'île italienne de Sardaigne, selon Stéphane Sartoretto, qui participe au suivi des espèces pour l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

Dans le parc national des Calanques, ces criques spectaculaires disséminées sur le littoral près de Marseille, elle a été spécialement intense du fait d'une implantation à faible profondeur des gorgones, à six mètres seulement de la surface dans certaines zones. Dans les Baléares, elles vivent plus en profondeur, à 40 mètres, et ont donc été moins impactées, selon M. Sartoretto.

Risque de disparition

Outre la gorgone rouge, des éponges ou encore des bivalves ont été bien touchées, relève-t-il, ainsi qu'un poisson, le mostelle.

Le premier épisode bien documenté de mortalité des gorgones avait été relevé en 1999, relève M. Sartoretto, "mais le coup de chaud était à l'automne, alors que là, c'est arrivé très tôt, donc on n'est pas à l'abri de nouveaux coups de chaud en octobre..."

Les températures basses constatées ces derniers jours peuvent peut-être "préserver celles qui n'étaient pas touchées", selon Solène Basthard-Bogain, sans être sûre que ça stoppe le phénomène car "si la chaleur a favorisé un agent pathogène, il est probable" qu'il soit encore présent.

Pour les gorgones détruites, les scientifiques sont pessimistes : "Comme pour un incendie de forêt à terre, la résilience est très faible pour les gorgones, elles vont mettre des dizaines d'années à se régénérer", déplore M. Sartoretto, soulignant aussi le faible taux de reproduction de ces animaux marins.

"On peut se poser la question de leur disparition si les coups de chaud se répètent trop souvent, et dans ce cas-là, que va-t-il se passer?", se demande le scientifique. Car les gorgones sont des "espèces ingénieures, qui structurent les fonds marins".

Elles constituent de "véritables +forêts animales+ qui abritent 15 à 20% des espèces connues en Méditerranée", selon le Parc national des calanques.

Si cette mer couvre moins d'1% de la surface océanique de la planète, elle abrite "18% de toutes les espèces marines connues", selon un rapport du réseau des experts méditerranéens sur le changement climatique (Medecc), et présente déjà "la plus forte proportion d'habitats marins menacés en Europe".

La "canicule marine" a aussi affecté d'autres espèces, notamment les moules : en Espagne, 150 tonnes de moules commerciales et 1.000 tonnes de moules d'élevage ont ainsi été perdues cet été.