Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
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Publié le Mardi 26 janvier 2021

Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

  • Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur la Sars-CoV-2
  • Pourtant, les mutations Brésiliennes et Sud-Africains contourneraient la protection immunitaire

MARSEILLE: Alors que le monde entier se lance dans une course effrénée aux vaccins, la flambée de cas dus à la circulation des nouveaux variants interpelle la communauté scientifique. Ce phénomène remet en question les vaccins d’ores et déjà administrés, qui s’élèvent à plus de 63,5 millions de doses dans 68 pays ou territoires.

Mutation des virus: un phénomène naturel

À l’instar de tous les organismes vivants, les virus sont dotés d’un matériel génétique susceptible de changer à l’issue de leurs nombreuses réplications.

En se transmettant d’un hôte à l’autre, un virus peut se combiner à d’autres virus en circulation (recombinaisons), ou modifier certaines de ses composantes génétiques. Ces changements successifs lui permettent de mieux s’adapter à l’environnement.

«Plus un virus infecte d’individus, plus la possibilité de mutation est grande. D’autant plus que la probabilité augmente chez une personne dont le système immunitaire est chroniquement affaibli», indique le Dr Harrison, du Centre de séquençage COG-UK.

Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur le Sars-CoV-2. Néanmoins, les trois nouveaux variants pourraient changer la donne, puisqu’ils sont significativement plus contagieux et résistants.

Afrique du Sud. (AFP)
Centre de soins en Afrique du Sud. (AFP)

Le doute sur l’efficacité des vaccins

Les tests en laboratoire portent à croire que les vaccins seraient efficaces contre le variant anglais. Les deux autres variants sembleraient être quant à eux plus coriaces. Selon une étude préliminaire, les mutations brésiliennes et sud-africaines contourneraient la protection immunitaire.

Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)
Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)

La particularité de ces mutations repose sur la protéine Spike (protéine S). Cette protéine de surface permet au Sars-CoV-2 de s’accrocher aux cellules cibles pour y pénétrer. Or, cette mutation diminuerait la reconnaissance du virus par les anticorps, ce qui freine sa neutralisation par le système immunitaire.

Ainsi, les individus ayant déjà contracté le virus et qui ont un taux suffisant d’anticorps dans le sang, aussi bien les personnes vaccinées, ne seraient plus à l’abri du coronavirus.

Dans les faits, la majorité des vaccins en circulation se basent sur cette protéine S.

La société Moderna, qui utilise la technologie de l’ARN messager (même méthodologie que Pfizer) assure que son vaccin reste efficace face aux variants britannique et sud-africain.

Cependant, les niveaux d’anticorps contre le B.1.351 (sud-africain) sont divisés par six. Même si ces niveaux d’anticorps restent au-dessus de ce qui est attendu pour procurer une protection, la société de biotechnologies américaine va mettre à l’essai un nouveau vaccin candidat. Des tests en laboratoire sont par ailleurs réalisés afin de tester l’impact de l’injection d’une troisième dose du vaccin déjà sur le marché.

«La mutation actuelle du virus du Covid-19 n’a pas rendu le vaccin inefficace», a affirmé le président de la filiale China National Biotec Group, Yang Xiaoming.

Selon ses dires, les vaccins usant des particules inactivées du virus pourraient fonctionner contre les nouvelles mutations du coronavirus, puisqu’ils « offrent une protection contre toutes zones du virus, et non pas uniquement sur la protéine S (Spike) ». Nonobstant, ces postulats sont à prendre avec des pincettes, puisque les procédures de Sinopharm sont pointées du doigt pour opacité et asymétrie de l’information, et que ce vaccin est initialement moins efficace que certains de ses concurrents (73% contre 94% en moyenne).

La question des séquençages

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) – basé à Stockholm – ont appelé leurs membres à renforcer leurs capacités de séquençage du génome du coronavirus, afin d’améliorer l’identification de nouveaux variants. Depuis le début de la pandémie, des milliers de séquences ont été téléchargées sur des bases de données publiques. Cela a permis de suivre en temps réel les mutations, et de s’en prémunir.

«C’est la première fois que nous voyons comment un agent pathogène évolue à cette échelle», souligne Ewan Harrison, directeur de la stratégie et de la transformation au COG-UK et membre du Wellcome Sanger Institute, où la majeure partie du séquençage est effectuée. «Nous apprenons que ces mutations s’accumulent bien plus vite que nous ne le pensions.»

Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)
Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)

 

Le séquençage: une révolution scientifique

L’OMS qualifie ces séquençages faits à l’échelle internationale de «révolution» scientifique. Cette investigation génomique des virus permettra de mieux comprendre plusieurs maladies, comme Ebola ou la grippe saisonnière.

En 2002, date à laquelle le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a commencé, seules 31 variantes du génome étaient partagées publiquement. En 2021, en l’espace de six mois, 60 000 ont été publiées. Pourtant, aujourd’hui, peu de pays sont à même d’effectuer ce processus long et coûteux.

 

Livraisons de vaccins ralenties

Les pays les plus fragiles, dont certains pays du Moyen-Orient – comme le Liban, touché de plein fouet par le virus – devraient recevoir leurs premières doses de vaccin au début du mois de février.

 

Covax: quèsaco?

Covax est un mécanisme fondé par l’OMS dont l’objectif est de procurer suffisamment de doses afin de vacciner 20 % de la population d’ici à la fin de l’année.

Au total, le financement est assuré pour les 92 pays les plus pauvres du monde.

Pourtant, même dans les pays ou la vaccination est de mise, la livraison des précieux flacons est retardée. À la suite d’une «baisse de rendement» sur le site de fabrication, les 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford réservées par la Commission européenne ne pourront pas être livrées comme prévu.

Vaccin AstraZeneca. (AFP)
En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark. (AFP).

«AstraZeneca a confirmé aujourd’hui lors de la réunion du comité directeur avec les États membres qu’il y aurait un changement dans son calendrier de livraison», a pour sa part indiqué à l’AFP Stefan De Keersmaecker, porte-parole de la Commission européenne chargé de la santé. «Nous nous efforçons d’en savoir plus», a-t-il ajouté.

Les laboratoires Pfizer, font eux aussi face à des retards de livraison. En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, réclame donc que les entreprises pharmaceutiques fassent preuve de plus de «transparence» sur les causes de ces retards.

Espacement des doses du vaccin

Dans ce contexte de limitation des doses de vaccin, mais aussi pour «pouvoir protéger plus de personnes à court terme», la Haute Autorité de santé préconise un espacement de «six semaines entre l’injection des deux doses de vaccins, au lieu de trois à quatre semaines actuellement». Face à la pénurie des doses, et à l’urgence sanitaire, l’OMS approuve cette décision.

«Après une seule dose, on n’a pas atteint un niveau de protection suffisant pour ne pas être infecté, et si on espace trop les doses, il se peut qu’on n’atteigne jamais un niveau suffisant d’anticorps pour être protégé», a affirmé l’infectiologue Karine Lacombe au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.

En effet, selon un bilan publié par le British Medical Journal (BMJ), la campagne de vaccination en Israël laisse penser que la protection apportée par la première dose est inférieure à ce qu’avaient montré les essais cliniques (36 % de différence entre la théorie et la pratique).

 

Les différents vaccins et leurs caractéristiques 

AstraZeneca/Oxford

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • 70% d’efficacité prouvée
  • Ne semble pas efficace pour les nouveaux variants.
  • Peu d’effets secondaires.
  • Distribution : Royaume-Uni, Inde, Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande, Egypte, Thaïlande, Indonésie, Bangladesh, Equateur

Pfizer BioNTech

  • Transport et stockage contraignant : doit être gardé entre -80°C et -70°C-
  • Couteux
  • Technique de l’ARN messager
  • Efficace à plus de 95% avec deux doses
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Royaume-Unis, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande.
Vaccin Pfizer. (AFP)
Vaccin Pfizer. (AFP)

 

Méthode de l’ARN messager (ARNm) :

Dans cette méthode, il ne s'agit pas d’injecter une partie du virus (procédé classique du vaccin), mais d'insérer un fragment du matériel génétique du virus (ARN messager) qui reproduira les protéines virales dans l’organisme. Ce qui permet au corps de se défendre avec la production d'anticorps capables de répondre à cette nouvelle présence de protéines virales. Dans le cas où ils se retrouvent en contact une nouvelle fois avec ces protéines, l'organisme saura se défendre seul.

Moderna

  • Peut se conserver pendant six mois à -20°C, et pendant 30 jours entre 2°C et 8°C
  • Très coûteux
  • Technique de l’ARN messager
  • 94,1% d’efficacité prouvée
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants. Nouvelle configuration à l’étude
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Suisse, Canada, Israël, Etats-Unis, Union Européenne, Japon, Royaume Uni, Corée du Sud.
Vaccin Moderna. (AFP)
Vaccin Moderna. (AFP)

Spoutnik V

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • Efficace à 92 %
  • Efficacité inconnue pour les nouveaux variants
  • Pas d'essais cliniques valides pour la phase 3
  • L'âge des individus vaccinées est plafonné à 60 ans
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Russie, Brésil, Kazakhtan, Ouzbékistan, Egypte, Venezuela, Argentine.

 

Vaccin Spuntik V. (AFP)
Vaccin Spuntik V. (AFP)

 

Méthode du vecteur viral

Cette méthode prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) transformé et adapté contre la Covid-19. Ce procédé est notamment utilisé pour le vaccin contre Ebola

Sinopharm

  • Peu coûteux
  • Méthode des virus inactivés
  • Efficace à 68-79%
  • Considéré efficace pour les nouveaux variants par les autorités sanitaires chinoises
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Chine, Jordanie Emirats arabes unis, Argentine,  Pérou, Egypte...
Vaccin Sinopharm. (AFP)

 

Méthode des virus inactivés

Cette méthode dite « classique », fait appel à un virus "tué" afin de déclencher une réaction immunitaire chez le sujet.

CoronaVac

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vaccin vivant atténué
  • Efficace à 50,3%, mais empêche 100% des formes graves Efficacité inconnue pour les nouveaux variants.
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution Chine, Indonésie, Turquie, Chili, Brésil, Hong Kong.

 

Outre les raisons sanitaires, il est important de noter que la distribution des vaccins dépend également des problématiques géopolitiques et économiques.

En plus de la remise en question de l’efficacité des vaccins en circulation, les retards bouleversent les agendas gouvernementaux. Un nouveau calendrier de production doit donc être mis en place, et des mesures plus strictes – telles qu’un confinement et/ou la fermeture des frontières – sembleraient nécessaires afin de gagner du temps, de repenser la stratégie sanitaire et d’éviter un scenario à l’anglaise partout dans le monde.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
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  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.