Saisie des pétroliers iranien et panaméen: l'Indonésie mène l'enquête

Cette photo aérienne prise le 24 janvier 2021 et diffusée par les garde-côtes indonésiens montre les deux pétroliers iranien et panaméen arraisonnés . Ils sont soupçonnés d'avoir effectué illégalement un transfert de brut alors qu’ils se trouvaient dans les eaux indonésiennes (Photo, Garde côtière indonésienne/AFP).
Cette photo aérienne prise le 24 janvier 2021 et diffusée par les garde-côtes indonésiens montre les deux pétroliers iranien et panaméen arraisonnés . Ils sont soupçonnés d'avoir effectué illégalement un transfert de brut alors qu’ils se trouvaient dans les eaux indonésiennes (Photo, Garde côtière indonésienne/AFP).
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Publié le Mardi 26 janvier 2021

Saisie des pétroliers iranien et panaméen: l'Indonésie mène l'enquête

  • L'Iran a été accusé à plusieurs reprises de mener des ventes clandestines de pétrole pour éviter les sanctions américaines
  • «Le KN Marore-322 s'est rendu sur les lieux pour inspecter la situation et a observé à 6 h du matin deux pétroliers qui semblaient effectuer un transfert de carburant illégal»

Les autorités indonésiennes ont lancé lundi une enquête au sujet de deux pétroliers, iranien et panaméen, saisis plus tôt dans la journée, et soupçonnés d'avoir effectué illégalement un transfert de brut alors qu’ils se trouvaient sur les eaux du pays d'Asie du Sud-Est.

L’agence de sécurité maritime indonésienne (Bakamla) a arraisonné dimanche les deux pétroliers au large de la mer de Chine méridionale au large de Pontianak, la capitale provinciale de la province du Kalimantan occidental sur l’île de Bornéo. Ils avaient refusé d’établir un contact radio, selon l'agence de sécurité maritime indonésienne.

«Une enquête conjointe de plusieurs agences et ministères est en cours. La présence du pétrole engage le ministère de l'énergie et des ressources minérales, ainsi que le ministère de l'environnement au sujet de la marée noire. Les ministères des Affaires étrangères et du Transports sont aussi concernés», explique le porte-parole de Bakamla, le colonel Wisnu Pramadita , à Arab News

Un communiqué de Bakamla publié dimanche déclare que son navire KN Marore-322 a détecté lors d’une patrouille un signal de ralenti. Le bip, qui a eu lieu à 5 h 30 heure de Jakarta, indique un système d'identification automatique de navire désactivé.

«Le KN Marore-322 s'est rendu sur les lieux pour inspecter la situation et a observé à 6 h du matin deux pétroliers qui semblaient effectuer un transfert de carburant illégal. Ils ont délibérément couvert leurs coques pour cacher leur identité», a déclaré Pramadita.

Les soupçons de l’équipage de Bakamla se sont renforcés lorsque le MT Horse sous pavillon iranien et le MT Frea sous pavillon panaméen n’ont donné aucune réponse.

«Lors de l'inspection, ils ont été pris en flagrant délit alors qu’ils effectuaient un transfert illégal de carburant de navire à navire, de MT Horse à MT Frea. Les tuyaux connectaient les deux pétroliers», a ajouté Pramadita.

Les deux navires se dirigent à présent vers une base de Bakamla à Batam, dans la province des îles Riau, un voyage d’environ une journée. Les membres de l’équipage des deux pétroliers, dont 25 ressortissants chinois sur MT Frea et 36 ressortissants iraniens sur MT Horse, sont placés en détention, a ajouté Pramadita.

«Nous avons saisi les deux pétroliers étrangers hier, et nous poursuivons notre enquête», a indiqué le porte-parole de l'agence, Wisnu Pramandita, «l'équipage subit un interrogatoire».

Les membres de l'équipage sont soupçonnés de plusieurs délits, notamment de ne pas avoir déployé les drapeaux des navires, d'avoir éteint leurs systèmes d'identification pour éviter d'être détectés et d'avoir transféré illégalement du pétrole brut d'un navire à l'autre.

L'Iran a été accusé à plusieurs reprises de mener des ventes clandestines de pétrole pour éviter les sanctions américaines.

L'administration de Donald Trump a imposé en octobre de nouvelles sanctions contre le secteur pétrolier iranien après des transactions avec plusieurs pays dont la Syrie et au Vénézuela.

Les Etats-Unis et ses alliés cherchent à bloquer les ventes de pétrole iranien afin de couper toute source de revenus vers Téhéran et renforcer la pression économique sur le régime.

L'Iran a demandé à l'Indonésie de fournir plus de détails sur la saisie d'un navire battant pavillon iranien, a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères Saeed Khatibzadeh, un jour après que Jakarta ait déclaré avoir saisi dans ses eaux des pétroliers battant pavillon iranien et panaméen.

«Nous avons demandé plus de détails car il y a plusieurs rapports sur cette saisie», a déclaré Khatibzadeh lors d'une conférence de presse, diffusée en direct sur la télévision d'Etat.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
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  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.