Russie: la pression monte sur les partisans de Navalny avant des manifestations

Un policier utilise son smartphone debout dans un couloir d'un centre d'affaires, qui abrite le bureau du chef de l'opposition Alexei Navalny's Anti-Corruption Foundation (FBK), à Moscou. (AFP)
Un policier utilise son smartphone debout dans un couloir d'un centre d'affaires, qui abrite le bureau du chef de l'opposition Alexei Navalny's Anti-Corruption Foundation (FBK), à Moscou. (AFP)
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Publié le Mercredi 27 janvier 2021

Russie: la pression monte sur les partisans de Navalny avant des manifestations

  • «On ne laisse pas mon avocat venir, on a brisé ma porte», a crié à la presse par sa fenêtre Ioulia Navalnaïa, l'épouse de l'opposant, dont l'appartement moscovite faisait l'objet d'une descente de police mercredi
  • Venue à la demande de Mme Navalnaïa, l'avocate Véronika Poliakova attendait dans la soirée devant la porte du domicile perquisitionné avec quelques journalistes dont un de l'AFP, dénonçant une «violation de la loi»

MOSCOU : La police russe a multiplié les enquêtes et les perquisitions visant l'opposant incarcéré Alexeï Navalny et ses proches, a indiqué son équipe mercredi, à quelques jours de nouveaux rassemblements contre le pouvoir.

Parallèlement, le gendarme des télécoms Roskomnadzor a annoncé qu'il allait sanctionner les réseaux sociaux et sites Facebook, Instagram, Twitter, TikTok, VKontakte, Odnoklassniki et YouTube pour avoir laissé en ligne des messages incitant, selon lui, les mineurs à manifester samedi en faveur de M. Navalny.

«On ne laisse pas mon avocat venir, on a brisé ma porte», a crié à la presse par sa fenêtre Ioulia Navalnaïa, l'épouse de l'opposant, dont l'appartement moscovite faisait l'objet d'une descente de police mercredi.

Venue à la demande de Mme Navalnaïa, l'avocate Véronika Poliakova attendait dans la soirée devant la porte du domicile perquisitionné avec quelques journalistes dont un de l'AFP, dénonçant une «violation de la loi» et accusant la police de ne pas la laisser entrer «délibérément». 

Selon l'avocate, une autre perquisition était en cours chez la porte-parole de M. Navalny, Kira Iarmych, condamnée à neuf jours de prison vendredi dernier.

Une perquisition était également en cours dans les bureaux de l'organisation de l'opposant, le Fonds de lutte contre la corruption, a indiqué sur Twitter Lioubov Sobol, une de ses proches.

Selon le directeur de cette organisation, Ivan Jdanov, un autre raid de police visait un appartement de l'opposant où se trouvait son frère Oleg Navalny.

D'après la même source, ces descentes interviennent dans le cadre d'une enquête du ministère de l'Intérieur pour violation des «normes sanitaires» en vigueur à cause de l'épidémie de nouveau coronavirus, après les manifestations samedi en Russie à l'appel de l'opposant.

«Il a été établi que les organisateurs et les participants aux manifestations non-autorisées avaient créé une menace de propagation du nouveau coronavirus», a indiqué le ministère de l'Intérieur avant les perquisitions, affirmant que des personnes infectées avaient manifesté à Moscou.

Enquêtes et amendes

Les enquêtes en lien avec les manifestations de samedi dernier se multiplient alors que les partisans de M. Navalny, pourfendeur de la corruption et ennemi juré du Kremlin, ont annoncé de nouveaux rassemblements dimanche. 

A Moscou, une manifestation est prévue devant le siège des services de sécurité (FSB), alors qu'Alexeï Navalny doit passer devant des juges la semaine prochaine et risque de la prison ferme.

Les organisateurs espèrent renouveler le succès de leur précédente journée d'action le 23 janvier qui a vu des dizaines de milliers de Russes braver l'interdiction de manifester. 

Le Comité d'enquête russe, chargé des investigations prioritaires, a annoncé mercredi qu'une vingtaine d'enquêtes avaient été ouvertes en lien avec les manifestations, notamment pour appels à des troubles, hooliganisme, violences à l'encontre des policiers ou encore pour incitation de mineurs à commettre des actions illégales.

Le gendarme des télécoms Roskomnadzor a annoncé que les réseaux sociaux, parmi lesquels notamment Facebook, Instagram, TikTok et Twitter, seraient sanctionnés d'amendes pouvant aller jusqu'à 4 millions de roubles (environ 52 600 euros au taux actuel) pour ne pas avoir supprimé des appels incitant les mineurs à participer aux manifestations.

Le ministère de l'Intérieur a ouvert lui une enquête pour blocage de voies publiques, notamment à Vladivostok (Extrême-Orient) où les protestataires avaient bloqué la circulation en manifestant.

Les manifestations dans une centaine de villes russes, une ampleur géographique exceptionnelle pour la Russie, se sont soldées par près de 3 900 interpellations.

Pour alimenter ce mouvement, l'équipe de Navalny a publié la semaine dernière une enquête anti-corruption retentissante sur un somptueux palais qui aurait été édifié sur la mer Noire pour Vladimir Poutine, ce que ce dernier a nié.

Alexeï Navalny a accusé les services secrets russes (FSB) de l'avoir empoisonné fin août avec un agent neurotoxique sur ordre du président russe. Des accusations rejetées par le Kremlin.

Après une convalescence de cinq mois en Allemagne, l'opposant est rentré le 17 janvier en Russie et a été immédiatement arrêté.

Il est visé par de multiples procédures judiciaires.

 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.