Nommé émissaire américain pour l'Iran, Rob Malley irrite les faucons

Rob Malley, ancien négociateur américain sur le programme nucléaire iranien et actuel PDG de l'International Crisis Group, le 7 mai 2018, dans son bureau à Washington, DC. (Brendan Smialowski / AFP)
Rob Malley, ancien négociateur américain sur le programme nucléaire iranien et actuel PDG de l'International Crisis Group, le 7 mai 2018, dans son bureau à Washington, DC. (Brendan Smialowski / AFP)
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Publié le Vendredi 29 janvier 2021

Nommé émissaire américain pour l'Iran, Rob Malley irrite les faucons

  • Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken "bâtit une équipe dédiée" au dossier iranien, qui "sera dirigée par notre envoyé spécial pour l'Iran Rob Malley", a déclaré vendredi un responsable du département d'État
  • Avant même sa nomination, le nom de Rob Malley, qui circulait, a provoqué un tollé de la part des faucons anti-Iran à droite

WASHINGTON : Le nouveau gouvernement américain de Joe Biden a nommé Robert Malley, un des architectes de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, comme envoyé spécial pour l'Iran, malgré les critiques des faucons qui l'accusent d'être trop bienveillant à l'égard du pays ennemi.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken "bâtit une équipe dédiée" au dossier iranien, qui "sera dirigée par notre envoyé spécial pour l'Iran Rob Malley", a déclaré vendredi un responsable du département d'État.

"Il apporte à cette fonction ses succès passés dans la négociation de restrictions au programme nucléaire iranien", a-t-il ajouté. "Le secrétaire d'État est confiant dans le fait qu'il saura, avec son équipe, parvenir à nouveau à un tel résultat."

Rob Malley, ami d'enfance d'Antony Blinken, était jusqu'ici président de l'organisation indépendante de prévention des conflits International Crisis Group (ICG).

Avant cela, il avait été, en tant que conseiller à la Maison Blanche, l'un des principaux négociateurs de l'accord censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, conclu côté américain par le gouvernement démocrate de Barack Obama - dont Joe Biden était vice-président. 

Mais en 2018, devenu président américain, Donald Trump avait retiré les Etats-Unis de cet accord signé également avec l'Iran par la Russie, la Chine, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Le républicain le jugeait insuffisant sur le front nucléaire mais aussi pour endiguer les autres activités "déstabilisatrices" de la République islamique au Moyen-Orient.

Antony Blinken a confirmé cette semaine l'intention du président Biden de revenir dans l'accord, à condition que Téhéran renoue au préalable avec ses engagements dont il a commencé à s'affranchir en riposte aux sanctions américaines rétablies par l'administration Trump.

Les tractations s'annoncent complexes car l'Iran veut, de son côté, que Washington fasse le premier pas en levant les sanctions.

Avant même sa nomination, le nom de Rob Malley, qui circulait, a provoqué un tollé de la part des faucons anti-Iran à droite.

"Il est profondément troublant que le président Biden envisage de nommer Rob Malley pour mener la politique iranienne", avait tweeté dès le 21 janvier le sénateur républicain Tom Cotton.

"Malley est connu pour sa sympathie à l'égard du régime iranien et son hostilité à l'égard d'Israël. Les ayatollahs ne vont pas croire en leur chance s'il est nommé", avait-il prévenu, suivi par d'autres personnalités farouchement opposées à l'accord sur le nucléaire iranien.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.