Covid: masques et télétravail portent un coup au secteur de la beauté

Le groupe de parfumerie Douglas est en difficulté après de longs mois de pandémie (Photo, AFP).
Le groupe de parfumerie Douglas est en difficulté après de longs mois de pandémie (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 février 2021

Covid: masques et télétravail portent un coup au secteur de la beauté

  • Le groupe allemand de parfumerie Douglas, propriétaire de l'enseigne, prévoit de fermer 20% de son parc en Europe, menaçant au total 2 500 postes, dont «environ 350» en France
  • Il invoque le «changement des habitudes de consommation» de ses clients en faveur des achats en ligne et au détriment des ventes physiques, largement accéléré par l'épidémie

PARIS: Masques et télétravail ont porté un rude coup au secteur de la beauté et surtout aux commerçants spécialisés, contraints pour certains de réduire la voilure comme le propriétaire de Nocibé, Douglas, malgré le développement de la vente et du conseil en ligne.

« La Covid a accéléré la digitalisation, comme partout, mais c'est un choc » : la fermeture prévue de 62 magasins Nocibé en France, 12% du Parc, la secrétaire (CFTC) du comité social et économique Véronique Moreau ne l'avait pas « vu venir ».

Le groupe allemand de parfumerie Douglas, propriétaire de l'enseigne, prévoit de fermer 20% de son parc en Europe, menaçant au total 2 500 postes, dont « environ 350 » en France.

Il invoque le « changement des habitudes de consommation » de ses clients en faveur des achats en ligne et au détriment des ventes physiques, largement accéléré par l'épidémie de Covid-19.

« Moins de superflu »

« Plus de naturel, moins de superflu, les vêtements, le look et le maquillage sont devenus moins essentiels » aux yeux des consommateurs français, relève également le cabinet Kantar. Contrairement à l'aménagement d'intérieur ou au sport, pour ne citer que des achats non alimentaires.

La généralisation du masque n'encourage pas à arborer son plus beau rouge à lèvres ou à soigner son rasage.

Aussi, le télétravail « a réduit les interactions sociales », observe le cabinet d'études NPD Group dans un rapport publié lundi.

Selon lui, le maquillage a perdu 35% de ses ventes en 2020 en France par rapport à l'année précédente. D'autres catégories se sont montrées plus résilientes, comme le parfum qui « demeure un cadeau de Noël apprécié » et a baissé de « seulement » 15%. Ou les soins de visage, comme « les produits contre l'acné et les imperfections » qui, dopés eux par la généralisation du masque, ont gagné 32% en valeur.

« Il va y avoir nécessité de repenser ce marché à l'aune d'une nouvelle réalité », observe Laurent Thoumine, directeur exécutif d'Accenture France et Benelux, et spécialiste de la distribution. Il se demande notamment « comment rendre l'acte d'essai, qui nécessite beaucoup de contacts, suffisamment sécurisé » du point de vue sanitaire.

La réponse passe beaucoup par le développement de « la virtualisation de l'assistance et du conseil », estime-t-il, et par la commande en ligne. La pratique a déjà connu une accélération fulgurante en 2020 : la part de ventes de beauté prestige en ligne a bondit de 52% pour peser désormais 16% des ventes totales, selon le NPD Group.

D'autres fermetures à venir ?

C'est même beaucoup plus pour L'Oréal, pour qui l'e-commerce a été en 2020 une « arme secrète », expliquait son PDG Jean-Paul Agon en octobre. « Nous étions très en avance sur nos concurrents, et cela représente presque un quart de notre chiffre d'affaires désormais. »

Pour les distributeurs toutefois, c'est très insuffisant : les ventes en lignes n'ont compensé « que 18% des pertes totales des magasins physiques », toujours selon NPD Group.

Lors de la présentation de ses résultats annuels mardi, le géant du luxe LVMH a précisé que sa division Distribution sélective (Sephora, DFS), deuxième pôle d'activité du groupe, a perdu 30% de ses ventes, sans détailler par enseignes.

Et les commerçants spécialisés dans la beauté/santé recensés dans le panel de la fédération du commerce spécialisé Procos ont vu leurs ventes chuter de 18% en 2020, autant que ceux de l'équipement de la personne. A titre de comparaison, les spécialistes du sport n'ont perdu en 2020 « que » 3% de leurs ventes annuelles, et les spécialistes de l'équipement de la maison, 3,5%.

Les incertitudes sanitaires persistantes en 2021 et la baisse généralisée de la fréquentation en magasins --même partiellement compensée par des paniers plus chers-- font craindre à Laurent Thoumine « une reconfiguration, avec des fermetures de points de vente importantes dans les mois à venir ».

Selon la Fédération Française de la Parfumerie Sélective, qui représente les principaux acteurs de la distribution de parfums et produits de beauté, ce secteur d'activité compte près de 18 000 salariés, dont une écrasante majorité de femmes (94%), pour un chiffre d'affaires « de plus de 3 milliards d'euros » en France.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.