Vacances de février: pas de ski et des Français réticents à réserver

Les télésièges de la station de Val d’Isère, dans les Alpes françaises, sont vides (Photo, AFP).
Les télésièges de la station de Val d’Isère, dans les Alpes françaises, sont vides (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 03 février 2021

Vacances de février: pas de ski et des Français réticents à réserver

  • «Les vacances de février vont être confinées à la maison», annonce Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EDV)
  • En temps normal, près de 3 millions de Français font leurs valises. Ils seront « certainement moins de 100 000 » cette année, selon lui

PARIS: Des remontées mécaniques fermées, des voyages hors de l'Union européenne interdits, et la crainte d'un reconfinement : à quelques jours du début des vacances d'hiver, les taux de réservation sont au plus bas. Seul espoir pour le tourisme, d'éventuels départs de dernière minute.

« Les vacances de février vont être confinées à la maison », annonce Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EDV). 

En temps normal, près de 3 millions de Français font leurs valises. Ils seront « certainement moins de 100 000 » cette année, selon lui.

Conséquence : Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme, estime que le manque à gagner du secteur du tourisme atteindra « 15 à 20 milliards d'euros » à la fin du mois de février.

Victime de la crise sanitaire qui la prive de ses remontées mécaniques, la montagne, star des vacances d'hiver, peine à attirer les visiteurs.

A Serre-Chevalier (Hautes-Alpes), le taux de réservation plafonne à 20%, alors qu'il atteint habituellement 80% à cette saison, selon David Chabanal, directeur de l'office de tourisme, qui évoque « un paysage commercial figé, sans nouvelles réservations ».

Dans l'hôtel quatre étoiles des Grandes Rousses, à l'Alpe d'Huez (Isère), la propriétaire Patricia Grelot-Collomb se dit « minée par l'incertitude » : « on ne sait pas de combien de salariés on aura besoin, ni combien de clients on aura ».

Bien que le gouvernement ait affirmé lundi qu'il n'y avait « à cette date, pas de restriction » pour se rendre dans les stations de ski pendant les vacances scolaires, elle sent une réticence des clients, qui craignent un reconfinement.

Depuis l'annonce de la fermeture des remontées mécaniques en février, son taux de remplissage est tombé de 45% à 20%.

Dans la chic station savoyarde de Courchevel, le niveau de réservation est similaire. « 90% des hôtels sont fermés » et les commerces ont réalisé « 5% de leur chiffre d'affaires habituel », précise Gilles Delaruelle, directeur général de Courchevel Tourisme.

« Pour vous donner une image, c'est un peu comme un parc d'attractions fermé », ajoute-t-il.

« Tout s'est écroulé »

Sans surprise, les départs à l'étranger s'effondrent. Dans les agences de voyages, depuis l'annonce de la fermeture des frontières aux pays extérieurs à l'Union européenne le 29 janvier, chaque jour apporte son lot d'annulations.

« On avait pris beaucoup de réservations en janvier, mais tout s'est écroulé, nous sommes des magasins sans marchandise », déplore Laurent Abitbol, président du groupe Marietton (Havas Voyages, Selectour). Le mois de février représente normalement près de 700 millions de chiffre d'affaires, qui seront amputés de 90% cette année.

Pour autant, les régions françaises ne semblent pas profiter d'un report des voyageurs.

Selon une étude de PAP Vacances, les réservations reculent de 58,4% par rapport à l'année dernière, avec une chute plus sévère pour la montagne (-66,9%), mais qui ne profite ni à la mer, ni à la campagne, toutes deux en baisse d'environ 26%. 

A Paris, les réservations sont en chute libre : -95% par rapport à l'année dernière. 

« Quelques hôtels fonctionnent, à environ 50% de fréquentation, grâce au tourisme de proximité, mais les gens ne restent qu'une nuit », explique Corinne Ménégaux, directrice générale de l'Office du tourisme. 

Du côté de Nice, privée de son carnaval, c’est l’attente : « tout le monde hésite, une bonne partie des hôtels sont fermés », observe l'office de tourisme.

Le taux de réservation hôtelière sur la Côte d'Azur sur février est à 3% au lieu de 21% habituellement, selon une étude qui reste à affiner du Comité Régional de Tourisme (CRT) local.

« Les gens sont dans une décision de dernière minute, en fonction de la situation sanitaire », explique François de Canson, président du CRT de la région PACA.

Sur les côtes du Calvados, l'hôtelier Carl Engstrom dit n'avoir « aucune réservation » pour l'instant, mais espère lui aussi louer son gîte pour des séjours improvisés. 

Quant aux chambres d'hôtes qu'il propose à proximité, il ne se fait pas d'illusions : « comme il n'y a pas de restaurants, ni de musées, à mon avis c'est foutu ». 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.