Un anthropologue condamné à la prison en Iran raconte son évasion rocambolesque

La prison d’Evine en Iran où Kamil Ahmadi a été détenu 100 jours à l’isolement (Photo, AFP).
La prison d’Evine en Iran où Kamil Ahmadi a été détenu 100 jours à l’isolement (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 03 février 2021

Un anthropologue condamné à la prison en Iran raconte son évasion rocambolesque

  • L’anthropologue a expliqué avoir franchi la frontière clandestinement, en passant par les montagnes. C'était «très froid, très long, très sombre et très effrayant», a-t-il décrit
  • Il avait été condamné en décembre à neuf ans de prison pour avoir reçu des «fonds illégaux» pour des projets menés par des «institutions subversives»

LONDRES: Un anthropologue irano-britannique condamné à la prison à Téhéran, Kamil Ahmadi, a raconté mercredi à des médias britanniques son évasion rocambolesque d'Iran pour rejoindre le Royaume-Uni à travers les montagnes.

« Je suis juste parti. J'ai fait un sac avec un kit de rasage, quelques livres et un ordinateur », a raconté l'universitaire à la BBC. Il a expliqué avoir franchi la frontière clandestinement, en passant par les montagnes. C'était « très froid, très long, très sombre et très effrayant », a-t-il décrit.

Kamil Ahmadi avait été libéré en novembre après trois mois de détention provisoire. Il faisait l'objet d'une « enquête préliminaire » sur des soupçons de « liens avec des pays étrangers et des instituts affiliés à des services (de renseignement) étrangers ». 

Il avait été condamné en décembre à neuf ans de prison pour avoir reçu des « fonds illégaux » pour des projets menés par des « institutions subversives ». 

Libéré sous contrôle judiciaire en attentant l'examen de son appel, il a décidé de s'échapper. Il a emprunté des chemins enneigés utilisés pour la contrebande de produits de Turquie et d'Irak, qu'il connaissait car étant lui-même Kurde.

Auteur d'un livre publié en anglais et intitulé « Au nom de la tradition : mutilations génitales féminines en Iran », Ahmadi a travaillé sur des sujets comme le mariage temporaire spécifique à l'islam chiite, ou encore le mariage précoce des jeunes filles en Iran.

Ahmadi a déclaré à la BBC qu'en tant que détenteur de la double nationalité et « chercheur qui creusait des questions sensibles », il avait toujours su qu'il risquait d'être arrêté.

Dans un entretien au quotidien The Guardian, il a expliqué avoir décidé de fuir le pays pour voir grandir son fils.

« Une fois condamné, j'avais le choix entre rester et ne pas voir ma famille et mon enfant de quatre ans jusqu'à ses 14 ans, ou prendre le risque de fuir » a-t-il dit au journal.

Son retour au Royaume-Uni, c'est comme de « revenir dans mon autre maison » après avoir été « forcé de quitter un endroit où je pensais pouvoir faire une différence », a-t-il confié à la chaîne de télévision Channel 4. 

Il a raconté avoir été détenu 100 jours à l'isolement à la prison d'Evine, au nord de Téhéran. Il a décrit avoir été détenu dans une « petite pièce » en arrivant même à attendre les interrogatoires pour avoir un contact humain, « la seule distraction » possible et sa « seule bouée de sauvetage ». Il vit désormais à Londres, selon The Guardian. En Iran, son appel a été rejeté en son absence lundi.

Une autre Irano-britannique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, est aux mains de la justice iranienne depuis 2016. Accusée d'avoir cherché à renverser le régime de Téhéran, ce qu'elle conteste, cette employée de la Fondation Thomson Reuters - la branche philanthropique de l'agence de presse canado-britannique du même nom -, se trouve actuellement placée sous bracelet électronique.

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Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
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  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.

 


Le prince héritier saoudien et le président ukrainien discutent de la crise régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. (SPA)
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  • Kyiv cherche à tirer parti de son expertise dans l’interception des drones Shahed conçus en Iran

RIYAD : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a effectué une visite surprise en Arabie saoudite jeudi, alors que la guerre au Moyen-Orient suscite l’intérêt des États du Golfe pour la technologie ukrainienne de défense aérienne.

Il a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Djeddah, où ils ont discuté de l’escalade régionale et de la crise en Ukraine, selon l’Agence de presse saoudienne.

« Arrivé en Arabie saoudite. Des réunions importantes sont prévues », a écrit Zelensky sur les réseaux sociaux avant sa rencontre avec le prince héritier. « Nous apprécions le soutien et soutenons ceux qui sont prêts à travailler avec nous pour garantir la sécurité. »

Les deux pays devraient signer un accord de « coopération en matière de sécurité — notamment la protection du ciel », a indiqué un haut responsable à l’Agence France-Presse.

Kyiv cherche à mettre à profit son expertise dans l’interception des drones russes pour aider les pays du Golfe, qui sont attaqués par les mêmes drones Shahed conçus en Iran que la Russie utilise contre l’Ukraine.

Zelensky a déclaré que plus de 200 experts ukrainiens en lutte anti-drones ont été déployés dans plusieurs pays du Moyen-Orient depuis le début de la guerre le 28 février.

Kyiv met en avant une combinaison d’intercepteurs de drones à bas coût, d’outils de brouillage électronique et de canons antiaériens comme une solution efficace contre les drones russes Shahed.

L’Ukraine a proposé d’échanger ses intercepteurs contre les missiles de défense aérienne plus coûteux actuellement utilisés par les pays du Golfe pour contrer les drones iraniens. Kyiv affirme en avoir besoin davantage pour repousser les attaques de missiles russes.

L’an dernier, l’Arabie saoudite a également accueilli des responsables américains pour des discussions distinctes avec des délégations ukrainienne et russe, dans le but de mettre fin à la guerre de quatre ans déclenchée par l’invasion de Moscou en février 2022. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël dit avoir «éliminé» le chef de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
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  • "L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé"
  • L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau.

L'armée israélienne "a éliminé le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Tangsiri, avec d'autres officiers supérieurs de la marine", a déclaré M. Katz.

"L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé", a-t-il ajouté, avant de promettre aux responsables des Gardiens, armée idéologique de la République islamique, de "continuer à les traquer un par un".

L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz", goulet stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole, devenu un enjeu majeur dans la guerre entre l'Iran et Israël et les Etats-Unis.