Liban: Lokman Slim, activiste critique du Hezbollah, tué par balles

A protester holds a picture of Lokman Salim, who has been found dead in his car, during a protest in front of the Justice Palace in Beirut on Feb. 4, 2021. (AP)
A protester holds a picture of Lokman Salim, who has been found dead in his car, during a protest in front of the Justice Palace in Beirut on Feb. 4, 2021. (AP)
La police se rassemble près du corps du journaliste et activiste anti-Hezbollah, qui a été retrouvé dans sa voiture. (Reuters)
La police se rassemble près du corps du journaliste et activiste anti-Hezbollah, qui a été retrouvé dans sa voiture. (Reuters)
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La police se rassemble près du corps du journaliste et activiste anti-Hezbollah, qui a été retrouvé dans sa voiture. (Reuters)
La police se rassemble près du corps du journaliste et activiste anti-Hezbollah, qui a été retrouvé dans sa voiture. (Reuters)
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Publié le Jeudi 04 février 2021

Liban: Lokman Slim, activiste critique du Hezbollah, tué par balles

  • Le militant libanais Lokman Slim, connu pour ses positions critiques envers le mouvement chiite Hezbollah, a été retrouvé mort jeudi, tué par balle, dans le sud du pays
  • L'épouse et la soeur de la victime avaient signalé sa disparition depuis mercredi soir

BEYROUTH: L’intellectuel Lokman Slim, fervent critique du Hezbollah a été tué d’une balle dans la tête dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le Sud du Liban. Il a disparu mercredi soir, et son corps a été retrouvé jeudi matin dans sa voiture de location, sur une route de campagne.

M. Slim était connu pour ses positions laïques et anti-Hezbollah, il avait reçu de nombreuses menaces de mort en raison de cette opposition. Lui-même chiite, il a toujours vécu dans la banlieue Sud, fief du parti de Dieu. Il y a ouvert un espace culturel avec sa femme, Monika Borgmann, l’UMAM qui proposait de nombreuses expositions de photographie et menait un travail de fond sur la mémoire de la guerre civile libanaise, et des conflits inter-religieux. Cette organisation non gouvernementale avait comme but “d'affronter le passé tendu du Liban” pour qu’il sorte “des cycles sans fin de violence et d'instabilité pour établir une paix durable et viable”.


 

lokman slim
Affligée. Racha Al-Amir, la soeur de Lokman Slim savait que cette tragédie se produirait un jour ou l'autre. (AFP).

En décembre 2019, des affiches avaient été collées sur sa maison l’accusant d’être un traître, avec la promesse d’offrir la “gloire à celui qui le taira sa voix”. Il avait alors publié en réponse un communiqué après avoir été placé sous protection de l’armée. "Je fais assumer aux forces... représentées par sayyed Hassan Nasrallah et le président Nabih Berry, l'entière responsabilité de ce qui pourrait m'arriver et je me place, ainsi que ma famille et mon domicile, sous la protection de l'armée libanaise".

L'épouse et la soeur de la victime avaient signalé sa disparition depuis mercredi soir.

Dans un tweet, cette dernière avait fait état de sa disparition "depuis 6 heures" et avait demandé "à celui qui a de ses nouvelles" de la contacter.

Après l’inquiétude de la soirée de mercredi à la suite de l’annonce de sa disparition, ce sont les hommages qui s'enchaînent dorénavant sur les réseaux sociaux, avec cette phrase qui revient en boucle ; “la liberté ne mourra pas”.

lokman slim
Le bureau de Lokman Slim, désormais vide. (AFP).

Pour Wadih al-Asmar, président du Centre Libanais pour les Droits Humains, “l’assassinat de Lokman Slim est un choc car je pensais le Liban immunisé contre le retour des assassinats politiques”, qui avaient notamment tué les journaliste Samir Kassir ou Gebran Tuéni.

Le courant du Futur, parti de Saad Hariri a lui dénoncé un “assassinat ignoble”, l’ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo a aussi exprimée son “immense tristesse et préoccupation à la nouvelle de l'assassinat de Lokman Slim”. 

“Cela fait remonter tous les mauvais souvenirs d’assassinats que nous avons connus depuis 2004”, rappelle Ziad Majed à Arab News en français, lui-même opposant au Hezbollah et au régime syrien, vivant aujourd’hui en France. "Étant donné que Lokman Slim était menacé par le Hezbollah à plusieurs reprises, c’est tout à fait normal que l’accusation politique (de son assassinat) aille dans cette direction”.

Le chercheur et intellectuel, de confession chiite et pro-laïcité, a beaucoup travaillé sur les problématiques de la mémoire et sur la question des disparus après la guerre civile libanaise (1975-1990), à travers son organisation Umam-DR.

Il a souvent été attaqué par la presse pro-Hezbollah pour des positions jugées favorables envers les Etats-Unis.

Réagissant à l'annonce de son assassinat, l'ambassadrice de France au Liban Anne Grillo a exprimé sur Twitter son "immense tristesse et préoccupation".

 

L’ «indignation» de Paris suite à cet assassinat «odieux»

La France a condamné jeudi «avec la plus grande fermeté» l'assassinat »odieux» de l'intellectuel libanais Lokman Slim dans la nuit du 3 au 4 février au Liban.

«Nous avons appris avec indignation le meurtre de l'intellectuel libanais Lokman Slim dans la nuit du 3 au 4 février au sud-Liban. La France condamne cet acte odieux avec la plus grande fermeté», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

«La France demande à ce que les faits soient clairement établis et que tous ceux qui peuvent contribuer à la manifestation de la vérité y concourent pleinement. Elle attend des autorités libanaises et de tous les responsables libanais qu'ils permettent à la justice d'agir avec efficacité, en toute transparence et sans interférence», ajoute le communiqué.

Le militant et intellectuel libanais Lokman Slim, 58 ans, connu pour ses positions critiques envers le mouvement chiite Hezbollah, a été retrouvé mort jeudi dans sa voiture, tué par balle. 

Avant l'annonce du décès, sa sœur Rasha al-Ameer estimait que sa disparition était liée à ses opinions.

«Le pluralisme et la liberté d'expression sont des composantes essentielles du modèle de société auquel sont attachés les Libanais. La France est à leurs côtés pour les aider à le préserver», précise le ministère.

Lui même de confession chiite, engagé en faveur de la laïcité et de la démocratie et fervent opposant au confessionnalisme qui mine la politique libanaise, Lokman Slim avait signalé avoir reçu des menaces.

Le chercheur, qui a notamment étudié la philosophie à Paris, a beaucoup travaillé sur les problématiques de la mémoire, de la réconciliation et sur la question des disparus après la guerre civile libanaise (1975-1990).

Son meurtre n'est pas sans rappeler l'assassinat de l'historien et intellectuel Samir Kassir, tué en 2005 à Beyrouth.

 

Le président Aoun a chargé le procureur près de la cour de cassation de mener une enquête sur l’assassinat, enquête qui a peu de chances d’aboutir selon Ziad Majed. “La majorité des libanais ne font pas confiance aux instances judiciaires et n’attendent plus les résultats de l’enquête pour cet assassinat, mais aussi au niveau de l’explosion au port, six mois plus tard jour pour jour”.

L’intellectuel sera inhumé demain, au cimetière de Bir Hassan, dans le Sud de la capitale libanaise, selon l’un de ses proches. Et comme l'a martelé sa soeur, "la priorité est maintenant aux funérailles, nous parlerons de la cause plus tard". 


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.