Tesla donne des lettres de noblesse au bitcoin

Il suffit donc en théorie d'un seul bitcoin  pour acheter la voiture Model Y de Tesla, un 4X4 de ville (SUV), vendue au prix de base de 41 990 dollars sans crédit d'impôt (Photo, AFP)
Il suffit donc en théorie d'un seul bitcoin  pour acheter la voiture Model Y de Tesla, un 4X4 de ville (SUV), vendue au prix de base de 41 990 dollars sans crédit d'impôt (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 08 février 2021

Tesla donne des lettres de noblesse au bitcoin

  • Cette initiative n'est pas une surprise car Elon Musk, fait depuis longtemps l'éloge des cryptomonnaies
  • En octobre, le géant des paiements en ligne Paypal a lancé un service d'achats, de ventes et de paiement par cryptomonnaie

NEW YORK : Tesla a investi 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin et prévoit d'accepter la devise virtuelle comme moyen de paiement pour ses voitures, une marque de confiance en la cryptomonnaie aussi soupçonnée par ailleurs d’être utilisée pour des transactions illégales. 

Dans la foulée de cette annonce, le cours de la cryptomonnaie s'est envolé jusqu'à 44 768,36 dollars à 13H25 GMT, un record.  

Il suffit donc en théorie d'un seul bitcoin  pour acheter la voiture Model Y de Tesla, un 4X4 de ville (SUV), vendue au prix de base de 41 990 dollars sans crédit d'impôt. 

Cette initiative n'est pas une surprise car Elon Musk, le patron du constructeur de véhicules électriques réputé pour ses positions iconoclastes, fait depuis longtemps l'éloge des cryptomonnaies.  

Il avait fin janvier modifié temporairement sa mini-description sur Twitter pour inscrire simplement #bitcoin, ce qui avait alors fait temporairement bondir son cours d'environ 20%. 

L'homme le plus riche du monde, sur le papier, mentionne aussi régulièrement sur son compte le Dogecoin, une obscure devise virtuelle, provoquant à chaque fois une flambée de sa valeur. 

Mais la décision annoncée lundi dans un document adressé au gendarme de la Bourse américain, la SEC, relève d'une autre dimension puisqu'elle a été validée par le conseil d'administration de Tesla, qui vaut plus de 800 milliards de dollars à Wall Street.  

Le groupe explique avoir changé récemment sa politique d'investissements afin de diversifier ses sources de liquidités. Dans ce contexte, le conseil d'administration a autorisé l'entreprise à investir dans différents actifs financiers, dont le bitcoin. 

Tesla prévoit par ailleurs de « commencer à accepter le bitcoin comme moyen de paiement lors d'achat de ses produits dans un avenir proche ». 

Réputation sulfureuse 

Le bitcoin garde pourtant une réputation sulfureuse. 

Si certains spéculateurs n'hésitent pas à parier sur ses fluctuations sur les marchés et diverses plateformes en ligne, aucune grande banque centrale ne reconnait le bitcoin comme une devise à part entière. 

Créée par des anonymes et gérée par un réseau décentralisé, la monnaie virtuelle est particulièrement volatile. Cette instabilité et l'anonymat qu'elle procure à ses utilisateurs sont mal accueillis par les autorités, qui appellent à une plus stricte régulation. 

Janet Yellen, la nouvelle secrétaire au Trésor de Joe Biden, a ainsi averti récemment que les cryptomonnaies étaient »principalement utilisées » pour le financement d'activités illicites et que le gouvernement devait s'assurer qu'elles ne deviennent pas un moyen de blanchir l'argent sale.  

La décision de Tesla pourrait faire bouger les lignes.  

« Qu'Elon Musk soit un fan de cryptomonnaies était connu. Que Tesla investisse à grande échelle transporte les investisseurs au 7e ciel », estime ainsi Timo Emden, analyste indépendant basé en Allemagne et spécialisé dans les cryptomonnaies. 

Les moyens d'acheter des bitcoins, entiers ou en fraction, se sont multipliés ces dernières années.  

En octobre, le géant des paiements en ligne Paypal a lancé un service d'achats, de ventes et de paiement par cryptomonnaie, tandis que Square, une société spécialisée dans les paiements mobiles, annonçait avoir investi 50 millions de dollars dans le bitcoin. 

BlackRock, qui gère des milliers de milliards de dollars pour le compte de fonds administrant les retraites de fonctionnaires et d'entreprises ou de riches fortunes, a aussi apporté sa légitimité en ajoutant fin janvier la devise virtuelle à la liste des produits financiers dans lequel il pouvait investir.  

La question est désormais de savoir si d'autres grandes entreprises vont imiter Tesla. 

La décision du constructeur braque les projecteurs sur le pouvoir d'Elon Musk sur les marchés: à chaque fois qu'il mentionne une entreprise ou une devise virtuelle sur son compte Twitter, sa valeur décolle temporairement.  

Elle pourrait aussi être examinée de près par le gendarme des marchés, avec lequel Elon Musk s'est brouillé par le passé. 

« Vu ses récents commentaires, et le fait qu'il a ajouté #Bitcoin sur sa biographie Twitter le 29 janvier, cela soulève aussi la question d'une possible manipulation de marché », estime Neil Wilson. Pour cet expert de chez CMC Markets, il serait par exemple intéressant de savoir si Tesla a investi 1,5 milliard de dollars avant ou après cette mention. 

Elon Musk s'est fait taper sur les doigts par la SEC, qui l'a contraint à abandonner le poste de président du conseil d'administration de Tesla après un tweet mentionnant en 2018 un possible retrait de la Bourse du groupe alors qu'il n'avait pas les reins financiers assez solides pour une telle opération. 


Le FMI approuve une hausse des réserves de ses pays membres

«Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise» sanitaire, a déclaré Georgieva. (Photo, AFP)
«Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise» sanitaire, a déclaré Georgieva. (Photo, AFP)
Short Url
  • Le programme, qui avait déjà été approuvé par le conseil d'administration du FMI mi-juillet, sera mis en oeuvre le 23 août
  • Pour les pays pauvres, l'intérêt est aussi de se procurer des devises fortes sans avoir à verser des taux d'intérêt substantiels

WASHINGTON: Le conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international a donné son feu vert lundi à l'augmentation des réserves de ses pays membres à hauteur de 650 milliards de dollars, dernière étape dans l'approbation de cette initiative devant permettre d'accroître les liquidités des pays les plus vulnérables.

"Il s'agit d'une décision historique: la plus importante allocation de DTS (droits de tirages spéciaux, NDRL) de l'histoire du FMI et une bouffée d'oxygène pour l'économie mondiale en cette période de crise sans précédent", a commenté la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, dans un communiqué.

"Cette allocation de DTS profitera à tous les pays membres, répondra au besoin mondial de réserves à long terme, stimulera la confiance et renforcera la résilience et la stabilité de l'économie mondiale", a-t-elle assuré. 

"Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise" sanitaire, a ajouté Mme Georgieva.

Le programme, qui avait déjà été approuvé par le conseil d'administration du FMI mi-juillet, sera mis en oeuvre le 23 août. 

Les DTS nouvellement émis seront attribués aux pays membres proportionnellement à leur quote-part au FMI, a précisé l'institution.

Les pays émergents et les pays en développement doivent en recevoir environ 275 milliards de dollars. 

Mais "nous poursuivrons également des échanges actifs avec nos pays membres afin de déterminer les options viables d'un transfert volontaire des DTS des pays plus riches aux pays plus pauvres et plus vulnérables pour les aider à se remettre de la pandémie et à réaliser une croissance résiliente et pérenne", a indiqué Mme Georgieva.

Transparence 

Les pays riches pourraient par exemple transférer leurs DTS en utilisant ceux qui leur sont dévolus pour financer le Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance du FMI, ce qui accroîtrait l'offre de prêts aux pays à faible revenu, a relevé le FMI.

L'ONG Oxfam s'est félicitée de l'adoption de cette initiative. 

"Les nouveaux DTS vont apporter aux pays en développement en difficulté des liquidités dont ils ont vraiment besoin sans alourdir le fardeau de leur dette", a réagi Nadia Daar, responsable de l'organisation à Washington, dans un communiqué. 

Il est "inconcevable" que les pays riches ne réallouent pas d'une façon ou d'une autre une part de leurs DTS, "au moins 100 milliards de dollars comme le G7 l'a décidé" lors d'un sommet mi-juin, a noté la représentante d'Oxfam.

Il est aussi nécessaire que les gouvernements "travaillent en toute transparence et en collaboration avec la société civile" pour que les DTS soient utilisés à bon escient, a-t-elle aussi estimé.

Créés en 1969, les DTS (SDR en anglais) ne sont pas une monnaie et n'ont pas d'existence matérielle.

Leur valeur repose sur un panier de cinq grandes monnaies internationales, le dollar, l'euro, la livre, le renminbi ou yuan, et le yen.

Une fois émis, les DTS peuvent être utilisés soit en monnaie de réserve qui permet de stabiliser la valeur de la monnaie intérieure, soit convertis dans des monnaies plus fortes afin de financer des investissements. 

Pour les pays pauvres, l'intérêt est aussi de se procurer des devises fortes sans avoir à verser des taux d'intérêt substantiels.


Les stocks de semi-conducteurs à un «plus bas historique, selon le patron d'Infineon

Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques. (Photo, AFP)
Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques. (Photo, AFP)
Short Url
  • Dans le secteur automobile, premier débouché d'Infineon, la demande de composants est très forte pour alimenter le boom des véhicules électriques
  • D'avril à juin, le chiffre d'affaires d'Infineon a grappillé 1% de croissance sur le précédent trimestre, à 2,72 milliards d'euros

FRANCFORT: Le fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon a fait état mardi de stocks à leur "plus bas historique", estimant que la pénurie de puces devrait se prolonger jusqu'en 2022.

"Les stocks sont au plus bas, nos puces passent directement de la production aux utilisateurs finaux", a déclaré Reinhard Ploss, président du directoire d'Infineon dans un communiqué.

Le groupe allemand figure parmi les plus grands fabricants mondiaux de puces électroniques, un secteur touché par un déséquilibre inédit entre une demande au plus haut et une offre insuffisante, notamment en raison de perturbations liées à la crise du Covid-19.

Dans son usine en Malaisie employant 8.000 personnes, dans l’État de Malacca, Infineon a dû interrompre la production pendant vingt jours en juin à cause de mesures de confinement locales.

Le manque à produire s'est par conséquent élevé entre "400 et 500 millions" de semi-conducteurs dans ce centre qui les teste et les emballe, a indiqué M. Ploss lors d'une conférence téléphonique. 

La production sur ce site sera à nouveau rétablie "d'ici fin août", a-t-il ajouté.

A Austin, au Texas, un site de production a été touché par une tempête cet hiver mais la production, qui en a souffert, a désormais retrouvé son niveau habituel.

Les récentes crues dévastatrices dans plusieurs régions de l'ouest de Allemagne ont aussi eu un impact sur la chaîne de production, a expliqué M. Ploss.

Les capacités de production du Munichois sont freinées au moment où les carnets de commandes sont pleins au point de représenter deux années de ventes, alimentés par l'appétit des consommateurs pour les produits électroniques.

Cela prendra "jusqu'en 2022" pour "retrouver un équilibre offre-demande", a estimé M. Ploss lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

Près des deux tiers des entreprises industrielles en Allemagne signalent à ce jour des problèmes de livraisons de produits semi-finis qui vont entraver la production, selon une enquête trimestrielle de l'institut munichois IFO publiée lundi. 

D'avril à juillet, la proportion d'entreprises concernées est passée de 45,0 à 63,8%. La pénurie affecte particulièrement les équipementiers électriques (84,4%) ainsi que les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs (83,4%), ajoute l'IFO.

Dans le secteur automobile, premier débouché d'Infineon, la demande de composants est très forte pour alimenter le boom des véhicules électriques.

Mais les constructeurs se trouvent en concurrence avec d'autres industries gourmandes en puces - ordinateurs, smartphones, objets connectés - qui captent une bonne part de l'offre.

D'avril à juin, le chiffre d'affaires d'Infineon a grappillé 1% de croissance sur le précédent trimestre, à 2,72 milliards d'euros.  

Le groupe a par ailleurs annoncé que son nouveau site de Villach, en Autriche, est prêt à commencer la production de composants de puissance sur tranches de 300 mm, qui peuvent accueillir un plus grand nombre de puces. 

La capacité installée du site, de 25% au départ, passera "à 100% d'ici 4 à 5 ans", a expliqué Jochen Hanebeck, directeur des opérations d'Infineon. 

Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques.


Automobile: Stellantis affiche une rentabilité record et accélère son électrification

Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année. (Photo, AFP)
Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année. (Photo, AFP)
Short Url
  • Le chiffre d'affaires, de 75,3 milliards d'euros, est en hausse de 46% par rapport au premier semestre 2020, quand le marché était paralysé par la crise
  • Les marques premium de Stellantis seront parmi les premières à prendre le virage 100% électrique, face à Jaguar qui prévoit la grande bascule en 2025 et Volvo en 2030

PARIS: Le groupe automobile Stellantis, né début 2021 de la fusion du français PSA et de l'italo-américain Fiat-Chrysler (FCA), a fortement rebondi au premier semestre, affichant une rentabilité record malgré la pénurie de semi-conducteurs.

Alors que FCA était en retard dans le virage de l'électrique, son directeur général, Carlos Tavares, a décidé d'accélérer la transition. L'Europe veut bannir les véhicules à essence d'ici 2035.

Stellantis compte investir au total 30 milliards d'euros d'ici 2025 dans l'électrification de ses gammes, mais aussi dans les logiciels, pour lesquels il va présenter ses plans à l'automne.

Au total, 11 nouveaux véhicules électriques devraient être dévoilés au cours des deux prochaines années. Et les marques DS, Lancia, que le groupe souhaite relancer, et Alfa Romeo deviendront 100% électriques à partir de 2024, 2026 et 2027, respectivement.

Les marques premium de Stellantis seront parmi les premières à prendre le virage 100% électrique, face à Jaguar qui prévoit la grande bascule en 2025 et Volvo en 2030.

Le groupe a annoncé mardi un bénéfice net de 5,9 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, alors que FCA avait enregistré de très lourdes pertes début 2020, avant la fusion.

"Nous signons un excellent départ pour Stellantis, avec une performance éblouissante en Amérique du Nord mais aussi en Europe, nos deux moteurs", s'est félicité Carlos Tavares devant les analystes financiers. 

Le chiffre d'affaires, de 75,3 milliards d'euros, est en hausse de 46% par rapport au premier semestre 2020, quand le marché était paralysé par la crise. 

Sa marge opérationnelle de 11,4% du chiffre d'affaires est "une marge record pour les deux groupes originels", selon son directeur financier Richard Palmer. 

Carlos Tavares a adapté au nouveau géant la recette choc qu'il avait appliquée chez Peugeot-Citroën, revoyant la production, privilégiant les modèles les plus rentables et une politique de prix sévère. Pour ses premiers résultats, le groupe franco-italo-américain s'est placé devant ses concurrents: le numéro deux mondial Volkswagen a enregistré une marge de 8,8%, tandis que Nissan a atteint 4,5% au dernier trimestre, Hyundai 6,2% et Renault 2,8%. 

Seuls les constructeurs premium font mieux, avec Daimler à 12,2% et BMW à 13%. Toyota et General Motors doivent encore annoncer leurs résultats.

Objectifs relevés

Stellantis a présenté des chiffres solides sur le marché nord-américain, avec des bonnes ventes de ses pickups Ram et de ses Jeep hybrides. 

En Europe, le premier marché du groupe, les Peugeot 2008 et les nouvelles Citroën C4, les Opel Mokka et Fiat 500 électriques dopent les ventes.

Maserati revient dans le vert avec près de 11 000 véhicules vendus et un petit bénéfice de 29 millions d'euros.

Les actions du groupe ont brillé en Bourse mardi, prenant à 17H autour de 4% aux bourses de Paris, Milan et New York.

Les synergies entre FCA et PSA ont été "mises en place plus vite que prévu" pour un total d'1,3 milliard d'euros au premier semestre, selon le directeur financier, notamment sur les coûts de recherche et développement.

Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année.

Une telle hypothèse exclut d'éventuels nouveaux confinements, ou un renforcement de la crise des semi-conducteurs.

Le groupe franco-italo-américain est touché de plein fouet par cette pénurie de pièces électroniques: avec la mise à l'arrêt de plusieurs usines à travers le monde, elle l'a empêché de produire 700 000 véhicules, pour un total de 3,2 millions sortis de ses usines au premier semestre. 

Mais la crise ne devrait pas "empirer", selon Richard Palmer. Le troisième trimestre devrait être "semblable" au deuxième, soit une perte estimée de 500 000 véhicules, et la situation devrait ensuite s'améliorer.

L'industrie automobile compte sur l'ouverture de nouvelles capacités de production en Asie pour résoudre cette crise qui freine sa reprise depuis la fin de l'année 2020. 

D'autres problèmes d'approvisionnement vont continuer à représenter un "challenge" pour l'industrie, a souligné M. Palmer: les surcoûts sur le marché des matières premières comme l'acier, l'aluminium ou le cuivre ont représenté 750 millions d'euros au premier semestre et devraient se renforcer au second.