Un génie saoudien de la tech bat les hackers à leur propre jeu

«Les diplômés en cybersécurité ont besoin, en plus des connaissances théoriques, d’une expérience sur le terrain, car les pirates informatiques exploitent les procédures et les calculs mentaux prises par des individus ou des institutions », explique Marwan Al-Bahr. (Photo, Shutterstock)
«Les diplômés en cybersécurité ont besoin, en plus des connaissances théoriques, d’une expérience sur le terrain, car les pirates informatiques exploitent les procédures et les calculs mentaux prises par des individus ou des institutions », explique Marwan Al-Bahr. (Photo, Shutterstock)
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Publié le Mardi 09 février 2021

Un génie saoudien de la tech bat les hackers à leur propre jeu

  • «De nouvelles législations sont en cours d’adoption, parallèlement avec la création de nouveaux organes, comme la Fédération saoudienne pour la cybersécurité, la programmation et les drones»
  • Les découvertes d’Al-Bahr l’ont conduit à découvrir 14 vulnérabilités de réseaux à l’université de Harvard, huit dans la société de bases de données Oracle et six dans Google

MAKKAH: Dans un monde où la technologie évolue à une vitesse fulgurante, les entreprises et les organisations confrontées à la perpétuelle menace des failles de sécurité trouvent de l'aide auprès des personnes les plus improbables.

Marwan Al-Bahr, enseignant au département d'informatique et d'information à l'Université Oum Al-Qura, travaillait sur son rapport de recherche postdoctorale lorsqu’il a découvert des failles de sécurité qui menacent les données confidentielles de quelques-unes des plus grandes entreprises au monde.

«J’ai fait cette découverte grâce à des recherches sur la sécurité de l'information entreprises au début de mon doctorat, au sujet du Bluetooth et ses protocoles », a déclaré Al-Bahr à Arab News.

«Pendant la phase postdoctorale, j'ai travaillé sur des sites Web et des applications mobiles, et je me suis concentré sur les niveaux de confidentialité et de sécurité de l'utilisateur. J'ai pu comprendre comment les développeurs travaillent, comment les données sont fournies et transférées d'une page à une autre», a-t-il déclaré, «ce qui m'a permis de procéder à des lancements d’attaques simulées directes pour tester les niveaux de sécurité existants. C’est ainsi que j’ai réussi à violer la confidentialité de la cible et de modifier les informations dans leur périmètre défini».

Les découvertes d’Al-Bahr l’ont conduit à découvrir 14 vulnérabilités de réseaux à l’université de Harvard, huit dans la société de bases de données Oracle, six dans Google, trois dans la société d’antivirus Avast, une chez Siemens et une dans la société de services cloud Cloudera.

Les entreprises ont exprimé leur gratitude à Al-Bahr pour les avoir avertis au sujet des vulnérabilités. (Image fournie)

Les entreprises ont exprimé leur gratitude à Al-Bahr pour les avoir avertis au sujet des vulnérabilités.

«Mes recherches cumulatives ont abouti à la formation d'une carte mentale du fonctionnement des sites Web, et j'ai développé une compréhension des technologies utilisées, de leurs défauts les plus importants et des erreurs les plus courantes des développeurs Web», a déclaré Al-Bahr.

 

en bref

  • Des lois sont actuellement adoptées dans le Royaume pour renforcer la cybersécurité.
  • De nouvelles agences sont en voie de création comme la Fédération saoudienne pour la cybersécurité, la programmation et les drones, qui a publié des codes pour rationaliser les procédures.

«Les sites Web arabes souffrent énormément du piratage en raison d’un manque de sensibilisation en matière de cybersécurité et de confidentialité des utilisateurs. Au moins un site Web arabe est piraté chaque jour. J'ai même envoyé à ces sites des rapports concernant leurs vulnérabilités», a-t-il ajouté.

Al-Bahr a déclaré qu'une société de télécommunications de premier plan qui utilisait un ancien programme d’Oracle, a été récemment ciblée par des pirates internationaux. Il précise que les cybercriminels ont pu contourner le système de sécurité en raison du système obsolète.

«De nouvelles législations sont en cours d’adoption, parallèlement avec la création de nouveaux organes, comme la Fédération saoudienne pour la cybersécurité, la programmation et les drones», ajoute-t-il. La fédération a publié des règlements qui contraignent les entreprises à adopter la transparence et la gouvernance. Malgré la lenteur des progrès, certains de ces sites montrent des signes prometteurs, et nous nous efforcerons de les préparer pleinement dans l’avenir prochain», a-t-il déclaré.

Grâce à son travail, Al-Bahr a pu découvrir ces failles de sécurité. Il a déclaré que les débutants dans le même secteur d'activité bénéficient de la même opportunité. Les demandeurs d'emploi peuvent développer leurs compétences et présenter aux entreprises ciblées des données pour étayer leurs conclusions. Ceci pourrait conduire à des contrats de recrutement ou de consultation, explique-t-il.

Bien qu'il y ait des signes positifs d'un intérêt croissant parmi les diplômés des collèges, il reste encore beaucoup à faire. Les universités devraient offrir un enseignement mieux adapté et un environnement approprié pour stimuler la réflexion «en dehors des sentiers battus», afin de permettre aux étudiants de développer leurs compétences et de trouver un emploi après l'obtention de leur diplôme.

«Les étudiants obtiennent leurs diplômes universitaires avec des connaissances de base, sans plus. Les meilleurs d’entre eux mémorisent pour la plupart les programmes et manquent de compréhension et d’application pratique de ce qu’ils ont appris», a-t-il déclaré.

«Les diplômés en cybersécurité ont besoin, en plus des connaissances théoriques, d’une expérience sur le terrain, car les pirates informatiques exploitent les procédures et les calculs mentaux prises par des individus ou des institutions. Il est important de s'appuyer sur la réflexion, l'analyse et l'auto-développement en procédant par tâtonnement, et d'obtenir des certificats professionnels», a déclaré Al-Bahr.

«Il y a un dysfonctionnement manifeste dans le processus d'évaluation des étudiants. C’est un mécanisme inefficace qui comprend des questions théoriques pour les sujets appliqués, et des examens pratiques du style vrai ou faux».

«L’environnement de l’université est une simulation de l’environnement du marché, car il permet aux étudiants de mieux comprendre les exigences de l’industrie et leur permet d’obtenir une formation concrète. Il est par conséquent nécessaire de prendre en considération la particularité de ces spécialisations, et de mieux préparer les générations futures», a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.