Les cas de violence conjugale doublent au Liban

Une manifestante exprime ses émotions lors d’affrontements entre la police anti-émeute et l'armée d’une part, et des manifestants antigouvernementaux, d’autre part devant un tribunal militaire, à Beyrouth, au Liban (Photo, AP).
Une manifestante exprime ses émotions lors d’affrontements entre la police anti-émeute et l'armée d’une part, et des manifestants antigouvernementaux, d’autre part devant un tribunal militaire, à Beyrouth, au Liban (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 11 février 2021

Les cas de violence conjugale doublent au Liban

  • L'ONU pointe du doigt les périodes de confinement et la crise économique croissante
  • 1468 plaintes pour violences domestiques ont été enregistrés au cours des 12 derniers mois

BEYROUTH: La crise économique et financière au Liban cause une aggravation de la violence domestique dans le pays, selon les groupes de défense des droits de la femme.

Quatre femmes ont été assassinées le mois dernier par des hommes dans leurs familles, au moment où le Liban s’enlise dans une situation économique désastreuse. La crise est exacerbée par la série de couvre-feux décrétés en raison de la Covid-19, en plus de l’explosion massive qui a détruit une grande partie de Beyrouth en août dernier.

«La montée de la violence est attribuable à la situation économique et financière», affirme Hayat Mirshad, cofondatrice et codirectrice de FE-MALE, à Arab News.

«Toutefois, la violence contre les femmes pendant le confinement est la forme d’abus la plus dangereuse et la plus courante. Les femmes sont victimes de membres masculins de leurs familles: pères, maris ou frères. Le couvre-feu les empêche de quitter leurs maisons ou même de voir d’autres personnes; il ne faut pas oublier que la violence au Liban découle d’une culture patriarcale critique des femmes, et c’est cette mentalité qui justifie les crimes de leurs agresseurs».

Selon de nouveaux chiffres partagés par les Forces de sécurité intérieure (FSI) avec la Fondation Thomson Reuters mercredi, les constats de violence domestique dans les foyers libanais ont doublé l'année dernière, avec 1468 plaintes reçues au cours des 12 derniers mois, contre 747 l'année précédente.

Un responsable du FSI, qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat car il n’est pas autorisé à parler aux médias, révèle que le nombre de femmes tuées dans un contexte de violence domestique au Liban a aussi augmenté, mais que le chiffre exact n’est pas encore disponible.

Les chiffres officiels reflètent la tendance observée par le Centre des ressources pour l'égalité des sexes ABAAD. L’organisation de défense des droits de la femme a vu les appels à sa ligne d'assistance tripler pour atteindre 4 127 en 2020, contre 1375 en 2019.

«Nous n'avons jamais été témoins d'une telle violence contre les femmes», se désole l'avocat Jaafar Mohammed Hashimi à Arab News.

Hashimi rapporte le cas d’une récente victime de violence conjugale, Lara Chahine, dont le mari est détenu, accusé de l'avoir battue avec des objets tranchants à son retour du travail mardi. Chahine est hospitalisée pour des blessures aux poumons, au foie et au visage.

«L'affaire est classée comme une tentative de meurtre, non pas une simple agression», souligne Hashimi. «Le motif de son crime serait la pension alimentaire demandée par Chahine pour elle et son enfant de cinq ans. Son mari avait refusé de divorcer, et lui avait intenté une action en justice pour obéissance et cohabitation».

Le Liban interdit le harcèlement sexuel, et a introduit des reformes sur sa loi relative à la violence conjugale en décembre. Mais le Législateur ne criminalise pas le viol conjugal, et les lois personnelles administrées par les tribunaux religieux perpétuent la discrimination contre les femmes dans des affaires comme le divorce et la garde des enfants.

L'ONU dénonce un pic de la violence conjugale dans le monde pendant les périodes de confinement, une «pandémie de l'ombre» qui carbure sur la crise économique croissante.

«Ces types de crimes ont considérablement augmenté, surtout en période de confinement», déclare Ashraf Al-Moussawi, l’avocat qui représente les intérêts de Zeina Kanjo, étranglée à mort par son mari. L’homme s'est ensuite enfui vers la Turquie.

Al-Moussawi indique que les motifs de l'augmentation des crimes sont économiques, sociaux et culturels, mais il précise que: «La nature des crimes a complètement changé, pour devenir plus violente».

Le mois dernier à Akkar, les FSI ont arrêté un adolescent qui poignardé à mort sa tante de 52 ans quand elle a refusé ses avances sexuelles. Il avouera l'avoir agressée sexuellement après sa mort, et de lui avoir volé une bague en or, retrouvée plus tard chez lui lors d’une perquisition.

«Certains agresseurs ont recours à des partis ou des milices pour se protéger des poursuites judiciaires», a affirmé Mirshad. «Malgré toutes les formations de sensibilisation, les policiers demandent encore aux femmes maltraitées de résoudre leurs différends avec leurs maris et de ne pas porter plainte».

Le système familial actuel au Liban est fêlé estime Al-Moussawi, car la solution à la violence conjugale doit venir avant tout du gouvernement.

«L’absence troublante d’un plan d’action de la part des organes policiers et judiciaires, et le manque de confiance dans l'État libanais sont des facteurs décisifs qui permettent aux meurtriers de commettre leurs crimes sans peur des représailles», confie-t-il. «Quand on sait que les poursuites judiciaires durent pendant des années, et que les peines sont souvent réduites, les agresseurs osent battre aussi bien leurs femmes que leurs enfants».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Désarmement du Hezbollah: le Liban demande à l'Iran "une nouvelle approche"

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
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  • Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a appelé l’Iran à adopter une nouvelle approche pour le désarmement du Hezbollah et a insisté sur le monopole des armes par l’État libanais
  • L’armée libanaise a achevé le désarmement dans le Sud du pays, mais Israël juge les efforts insuffisants, tandis que Beyrouth renforce sa vigilance face aux pressions et ingérences iraniennes

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie libanaise a appelé vendredi son homologue iranien, en visite au Liban, à trouver "une nouvelle approche" pour régler l'épineux problème du désarmement du Hezbollah financé par Téhéran.

Beyrouth est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, affaibli par une guerre avec Israël, alors que l'Iran, comme la formation islamiste, ont affiché leur opposition à cette mesure.

"La défense du Liban est de la responsabilité de l'Etat libanais (...) qui doit avoir le monopole des armes", a déclaré le ministre Youssef Raggi à son homologue iranien Abbas Araghchi, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a demandé à son interlocuteur "si Téhéran accepterait l'existence d'une formation armée illégale sur son territoire".

Dans ces conditions, le ministre a exhorté l'Iran à "discuter avec le Liban afin de trouver une nouvelle approche concernant les armes du Hezbollah, en s'appuyant sur sa relation avec le parti, afin que ces armes ne soient pas un prétexte pour affaiblir le Liban".

En décembre, M. Raggi avait décliné une invitation de son homologue à se rendre en Iran, et proposé une rencontre dans un pays tiers.

L'armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à terme le désarmement du Hezbollah dans la partie sud du pays proche d'Israël, qui a cependant jugé les efforts du Liban "loin d'être suffisants" et de nouveau frappé son voisin vendredi.

Le ministre iranien, arrivé jeudi au Liban, a également été reçu par le président Joseph Aoun vendredi matin et devait rencontrer plusieurs autres hauts dirigeants libanais.

Il s'était rendu jeudi après-midi au mausolée de Hassan Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth en septembre 2024.

Depuis la guerre entre le Hezbollah et Israël, les responsables libanais se sont montrés plus critiques envers l'Iran.

En août, le Liban avait signifié à un haut responsable iranien, Ali Larijani, en visite à Beyrouth, son refus catégorique de "toute ingérence" dans ses affaires internes, après des critiques par Téhéran de la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah.


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
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  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le STC annonce sa dissolution

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  • Des membres du groupe se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud à Riyad

RIYAD : Le Conseil de transition du Sud (STC), groupe séparatiste yéménite, a annoncé sa dissolution à l’issue de discussions tenues en Arabie saoudite. Plusieurs membres du STC se trouvent actuellement à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin aux troubles dans le sud du Yémen. Le groupe a salué les efforts de l’Arabie saoudite, tandis que l’ancien chef du STC, Aidarous al-Zubaidi — désormais recherché par le Conseil présidentiel pour haute trahison — a fui le Yémen et n’a pas pris part aux discussions.

Une source yéménite a déclaré à Arab News :
« Cette annonce et la facilité affichée dans la déclaration télévisée montrent en réalité qu’Al-Zubaidi constituait l’obstacle, et que la majorité des habitants du Sud sont ouverts à un règlement de leur cause par le dialogue et la discussion. »

Les membres du Conseil de transition du Sud (STC) se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud organisée à Riyad.

Au cours de la réunion, le Conseil a estimé que les opérations militaires menées dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra avaient porté atteinte à la cause du Sud au Yémen.

Le STC a affirmé ne pas avoir participé à la décision de lancer ces opérations militaires.

« Nous espérons parvenir à une vision et à un cadre pour résoudre la question du Sud lors de la conférence de Riyad », a déclaré le Conseil.

Le STC a remercié l’Arabie saoudite pour l’accueil et l’organisation de la conférence de dialogue à Riyad.

Traduction intégrale du communiqué du STC, selon l’agence de presse yéménite SABA

Annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud

La présidence du Conseil de transition du Sud, la direction exécutive suprême, le secrétariat général ainsi que les autres organes affiliés ont tenu une réunion afin d’évaluer les récents événements malheureux survenus dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, ainsi que le rejet de toutes les initiatives visant à la désescalade et au règlement de la situation. Ces développements ont entraîné des conséquences graves et douloureuses.

En référence au communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite concernant son parrainage d’un dialogue du Sud pour résoudre la question du Sud — et afin de préserver l’avenir de la cause du Sud et le droit des populations du Sud à restaurer leur État conformément à leur volonté et à leurs aspirations, tout en maintenant la paix et la sécurité sociale dans le Sud et la région — nous annonçons ce qui suit :

Le Conseil de transition du Sud a été créé pour porter la cause des populations du Sud, les représenter et les guider vers la réalisation de leurs aspirations et la restauration de leur État. Il n’a jamais été conçu comme un instrument d’accaparement du pouvoir, de monopole de la décision ou d’exclusion d’autrui.

Étant donné que nous n’avons pas participé à la décision de lancer l’opération militaire en Hadramaout et à Al-Mahra — opération qui a porté atteinte à l’unité du Sud et nui aux relations avec la Coalition dirigée par le Royaume d’Arabie saoudite, laquelle a consenti et continue de consentir d’importants sacrifices et un soutien politique, économique et militaire constant — la poursuite de l’existence du Conseil ne sert plus l’objectif pour lequel il a été fondé.

En conséquence, et conformément à notre responsabilité historique envers la cause du Sud, nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud, la dissolution de tous ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que la fermeture de l’ensemble de ses bureaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Nous œuvrerons désormais à la réalisation de notre juste cause du Sud en nous préparant à participer à la conférence du Sud sous le parrainage du Royaume.

Nous saluons le Royaume d’Arabie saoudite pour ses engagements clairs et explicites, ainsi que pour l’attention sincère qu’il porte à notre cause en recherchant des solutions conformes à la volonté et aux aspirations des populations du Sud.

Nous appelons toutes les figures et forces actives du Sud à s’engager dans la voie du dialogue du Sud, dans l’espoir de parvenir à une vision et à un cadre permettant de résoudre la question du Sud et de répondre aux aspirations de la population par sa libre volonté, au sein d’un cadre du Sud inclusif.

Depuis cette tribune, nous appelons les populations du Sud, nos collègues de la capitale Aden et de l’ensemble des gouvernorats de notre cher Sud à mesurer la gravité de ce moment, la sensibilité de cette phase et l’importance d’unir les efforts afin de préserver nos acquis et de protéger le Sud du chaos et de l’instabilité.

Nous réaffirmons notre engagement continu à servir la cause juste et légitime des populations du Sud et à réaliser leurs aspirations conformément à leur volonté. Nous exprimons également notre gratitude à la direction et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’organisation de la conférence de dialogue du Sud et pour leur soutien constant au Sud, à sa cause et à ses populations à toutes les étapes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com