Paris: rassemblement en mémoire de l'intellectuel libanais assassiné Lokman Slim

Une plaque commémorative est placée sur un arrangement floral en mémoire de l'éminent militant et intellectuel libanais tué Lokman Slim. (AFP)
Une plaque commémorative est placée sur un arrangement floral en mémoire de l'éminent militant et intellectuel libanais tué Lokman Slim. (AFP)
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Publié le Vendredi 12 février 2021

Paris: rassemblement en mémoire de l'intellectuel libanais assassiné Lokman Slim

  • Le rassemblement, composé notamment d'amis et d'anciens collaborateurs de l'intellectuel, s'est tenu sous plusieurs drapeaux libanais et des pancartes reproduisant la photo de Lokman Slim accompagnée du slogan «Zéro peur»
  • «C'est une action symbolique, mais c'est aussi le désir de se retrouver autour de l'amour qu'on a pour Lokman», explique Anne Grange, une des productrices du dernier documentaire de Lokman Slim, «Palmyre»

PARIS : Près de 150 personnes ont participé jeudi à un rassemblement à Paris en hommage à l'intellectuel libanais et militant critique du Hezbollah Lokman Slim, tué par balles le 4 février dans le sud du Liban.

Le rassemblement, composé notamment d'amis et d'anciens collaborateurs de l'intellectuel, s'est tenu sous plusieurs drapeaux libanais et des pancartes reproduisant la photo de Lokman Slim accompagnée du slogan «Zéro peur».

«C'est une action symbolique, mais c'est aussi le désir de se retrouver autour de l'amour qu'on a pour Lokman», explique Anne Grange, une des productrices du dernier documentaire de Lokman Slim, «Palmyre».

L'hommage avait lieu devant la Sorbonne, la plus célèbre université parisienne, où Lokman Slim avait étudié.

«Son avis a toujours été un repère pour moi quand j'hésitais. J'ai perdu un point de repère intellectuel et éthique», a regretté Hana Jaber, chercheuse au Collège de France, amie et collègue de Lokman Slim.

«Par son assassinat, c'est très certainement la pensée libre et indépendante qui est menacée», a-t-elle ajouté.

De confession chiite, engagé en faveur de la laïcité et de la démocratie et fervent opposant au confessionnalisme qui mine la politique libanaise, Lokman Slim a été retrouvé mort dans sa voiture dans la région d'Al-Adoussiyeh, tué par balles.

Pour Hana Jaber, son assassinat est un message politique adressé aux chiites et à «ceux qui contestent le droit du Hezbollah à gouverner le pays par les armes.»

«Lokman était opposé au Hezbollah, et tous ceux qui ont été assassinés depuis 2004 l'étaient également», selon le politologue franco-libanais Ziad Majed.

Lokman Slim avait indiqué par le passé avoir reçu des menaces en raison de ses positions hostiles au Hezbollah. Ce dernier a condamné le meurtre la semaine dernière.

«Nous appuyons la demande de la famille d'une enquête indépendante et internationale pour identifier les assassins», a précisé Hana Jaber.

«Le système judiciaire libanais n'est pas indépendant, (...) il y a la peur qui s'est installée avec le temps, il y a les enquêtes qui n'aboutissent pas, et je n'ai pas l'impression que cela change aujourd'hui», a déploré Ziad Majed.

Les funérailles multireligieuses en hommage au militant se sont tenues jeudi à Beyrouth.

 


Guillaume Meurice convoqué à une commission de discipline le 30 mai

L'humoriste français Guillaume Meurice (Photo, AFP).
L'humoriste français Guillaume Meurice (Photo, AFP).
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  • Guillaume Meurice a été écarté de l'antenne le 2 mai, quatre jours après avoir réitéré ses propos polémiques sur Benjamin Netanyahu
  • L'humoriste, qui pourra être assisté le 30 mai d'une personne de son choix parmi les salariés de Radio France

L'humoriste de France Inter Guillaume Meurice, suspendu depuis trois semaines dans l'attente d'un possible licenciement, est convoqué à une commission de discipline le 30 mai à 14h30 par la direction des ressources humaines de Radio France, a-t-il annoncé à l'AFP mercredi.

"La sanction envisagée est la rupture anticipée pour faute grave" de son contrat de travail, est-il rappelé dans sa convocation, consultée par l'AFP et qui fait suite à un entretien préalable jeudi dernier.

"Aucune décision définitive de sanction" ne sera "notifiée moins de deux jours ouvrables après la tenue de la commission" et  l'humoriste pourra demander "au cours de la réunion (...) que ce délai minimum soit augmenté à huit jours calendaires", est-il précisé.

Sollicitée par l'AFP, la direction de Radio France n'a pas souhaité commenter.

Guillaume Meurice a été écarté de l'antenne le 2 mai, quatre jours après avoir réitéré ses propos polémiques sur Benjamin Netanyahu tenus fin octobre.

Nazi

Il avait comparé le Premier ministre israélien à une "sorte de nazi mais sans prépuce", ce qui lui avait valu des accusations d'antisémitisme et une plainte, récemment classée sans suite.

L'humoriste, qui pourra être assisté le 30 mai d'une personne de son choix parmi les salariés de Radio France, était accompagné d'un délégué syndical Sud lors de son entretien préalable la semaine dernière.

A l'issue de cet entretien, le syndicat avait expliqué qu'il était reproché à Guillaume Meurice d'avoir répété ses propos polémiques "en sachant que l'Arcom (le régulateur de l'audiovisuel) avait adressé à Radio France une mise en demeure" la première fois.

Ainsi, le chroniqueur aurait "manqué de loyauté envers son employeur" et l'aurait fait "afin de servir des intérêts personnels", rapporte Sud qui conteste cela.

"La DRH de Radio France dispose des éléments suffisants pour renoncer à une sanction pouvant aller jusqu'à la rupture anticipée du contrat de travail", estime le syndicat.

Une grève contre la suspension de Guillaume Meurice avait empêché dimanche 12 mai la diffusion de l'émission de Charline Vanhoenacker, dont il fait partie, et perturbé les programmes de cette station durant la journée.


Le patron des Républicains souhaite que la France quitte la CPI

Le chef du parti d'opposition de droite LR, Eric Ciotti (Photo, AFP).
Le chef du parti d'opposition de droite LR, Eric Ciotti (Photo, AFP).
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  • «Je crois que la CPI s'est définitivement décrédibilisée»
  • Le président LR du Sénat Gérard Larcher, qui recevait dans la matinée le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz ainsi que plusieurs familles d'otages

PARIS: La Cour pénale internationale "s'est définitivement décrédibilisée" avec un mandat d'arrêt requis contre Benjamin Netanyahu et la France doit la quitter, a estimé mercredi le patron des Républicains Eric Ciotti, tandis que le président du Sénat Gérard Larcher a qualifié "d'outrageuses" les demandes de son procureur.

"Je crois que la CPI s'est définitivement décrédibilisée, qu'elle n'existera plus", a déclaré M. Ciotti sur BFMTV et RMC, jugeant "ridicule" de "mettre en accusation le Premier ministre d'un Etat démocratique qui se défend de la pire attaque terroriste qui ait jamais eu lieu".

Le procureur de la juridiction basée à La Haye a requis des mandats d'arrêt à l'encontre du chef de gouvernement israélien Benjamin Netanyahu, ainsi que son ministre de la Défense Yoav Gallant, visés au même titre que les trois plus hauts chefs du Hamas (Ismaïl Haniyeh, Mohammed Deif, Yahya Sinouar).

Ce qui revient pour M. Ciotti à "mettre sur le même plan des terroristes immondes, des islamistes", qui ont "les mêmes racines que ceux qui ont attaqué le Bataclan et la promenade des Anglais à Nice".

«Décrédibilisé»

Le député des Alpes-Maritimes a déploré que l'on "donne du crédit à des institutions politisées".

Quitte à sortir de la CPI? "Oui, absolument, elle s'est décrédibilisée", a-t-il insisté, avant de lancer: "Est-ce qu'elle attaque l'ayatollah Khamenei en Iran ? Est-ce qu'elle attaque M. Erdogan ? Est-ce qu'elle attaque Xi Jinping ? Enfin, où est-on là ? C'est ridicule".

Le président LR du Sénat Gérard Larcher, qui recevait dans la matinée le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz ainsi que plusieurs familles d'otages, a lui estimé que "mettre sur le même plan un gouvernement démocratique et des terroristes" était "une comparaison outrageuse et outrageante".

"Il faut faire attention à ce que ne se retrouvent pas sur le même banc ceux qui sont responsables d'assassinats et ceux qui ont été les victimes. C'est ma conception de la justice et je ne souhaite pas qu'elle s'égare", a-t-il ajouté dans une déclaration à la presse après cette visite ministérielle.

Le sujet divise depuis lundi la classe politique française: d'un côté la droite, l'extrême droite mais aussi le camp présidentiel se sont émus d'une décision traçant un "parallèle" ou une "équivalence" entre Israël et le Hamas, placés "sur un pied d'égalité"; de l'autre la gauche a salué l'action d'une CPI "dans son rôle".


Macron en route pour la Nouvelle-Calédonie, nouveaux incendies dans la nuit à Nouméa

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  • Dans l'archipel, la nuit de mardi à mercredi "a été plus calme que la précédente malgré deux incendies dans l'agglomération de Nouméa"
  • Emmanuel Macron, dont l'avion a décollé en début de soirée mardi selon l'Elysée, doit arriver mercredi soir ou jeudi matin (heure locale) dans l'archipel français du Pacifique Sud pour y installer une "mission"

NOUMEA: Après plus d'une semaine d'émeutes, Emmanuel Macron est en route mercredi pour la Nouvelle-Calédonie avec l'objectif d'y renouer le fil du dialogue et d'accélérer le retour à l'ordre à Nouméa, où deux écoles et un concessionnaire automobile ont été incendiés pendant la nuit.

La visite surprise du chef de l'Etat a été annoncée mardi en Conseil des ministres, alors que se multiplient les demandes de report du projet de loi constitutionnelle sur le corps électoral, rejeté par les indépendantistes.

Dans l'archipel, la nuit de mardi à mercredi "a été plus calme que la précédente malgré deux incendies dans l'agglomération de Nouméa", a signalé dans un communiqué le Haut-Commissariat de la République. Selon la municipalité de Nouméa, interrogée par l'AFP, deux écoles et 300 véhicules d'un concessionnaire sont notamment partis en fumée.

Emmanuel Macron, dont l'avion a décollé en début de soirée mardi selon l'Elysée, doit arriver mercredi soir ou jeudi matin (heure locale) dans l'archipel français du Pacifique Sud pour y installer une "mission", a précisé la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot, sans fournir plus de détail.

"Très peu de temps après l'annonce" de sa venue, la Nouvelle-Calédonie a par ailleurs été visée par une cyberattaque "d'une force inédite" visant à "saturer le réseau calédonien", a indiqué lors d'une conférence de presse Christopher Gygès, membre du gouvernement collégial calédonien.

L'attaque, consistant en l'envoi simultané de "millions d'emails", a été stoppée "avant qu'il y ait des dégâts importants", a-t-il dit.

Dans un quartier aisé du sud de Nouméa épargné par les émeutes, Jean, 57 ans, se relaie depuis une semaine avec ses voisins sur une barricade destinée à empêcher d'éventuelles intrusions.

La venue du président est "une bonne nouvelle", estime-t-il: "La situation est totalement bloquée, il faut espérer que ça permette aux esprits de se calmer, qu'une porte de sortie va être trouvée."

Sur un barrage de Dumbéa, un fief indépendantiste à l'ouest de Nouméa, Mike, 52 ans, souhaite lui aussi que "Macron arrive pour voir ce qui se passe", tout en répétant que "nous, on reste sur l'opposition: c'est non au dégel".

"Je ne comprends pas pourquoi notre sort doit être discuté par des gens qui n'habitent même pas ici", déplore-t-il.