Visioconférence des pays donateurs : « Le Liban n’est pas seul »

"Le Liban n'est pas seul", a dit Emmanuel Macron. (Photo AFP).
"Le Liban n'est pas seul", a dit Emmanuel Macron. (Photo AFP).
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Publié le Lundi 10 août 2020

Visioconférence des pays donateurs : « Le Liban n’est pas seul »

  • 28 pays et plusieurs organisations ont pris part à la conférence d’urgence
  • 252,7 millions d’euros ont été réunis par les participants pour aider le Liban face à la catastrophe

PARIS: Au cours de la visioconférence qui s’est tenue dimanche, de nombreux pays ont exprimé leur soutien envers le Liban, cinq jours après l’explosion ayant ravagé le port de Beyrouth, faisant plus de 150 victimes. La somme de 252,7 millions d’euros sera versée au pays sous peu, à condition que l’aide soit « directement » distribuée au « peuple libanais » avec « la plus grande transparence et efficacité ».

La conférence, conduite par le président français Emmanuel Macron et l’organisation des Nations Unies (ONU), réunissait 28 pays, auxquels s’ajoutaient l’Union Européenne, la Ligue Arabe et plusieurs institutions financières dont le Fond Monétaire International (FMI).

L’objectif était de pourvoir aux besoins d’urgence dont le Liban nécessite, en fournissant bien médicaux, denrées alimentaires, matériaux de déblaiement et de construction. La restauration des écoles et habitations endommagées était également en question. Ces nécessités, « conformément à l’expertise des Nations Unies » seront fournies « en priorité ».

La France s’est engagée à verser 30 millions d’euros, et a déjà envoyé huit avions remplis de matériel d’aide. Le navire porte-hélicoptères Tonnerre, avec à son bord 700 militaires et plusieurs tonnes de farine et nourriture est également en route vers le Liban.

"Agir vite"

Le Président Macron a insisté sur l’importance « d’agir vite et avec efficacité ». Ouvrant la conférence, il a exhorté le gouvernement libanais à faire en sorte que « le pays ne sombre pas » et de « répondre aux aspirations que le peuple libanais exprime en ce moment-même légitimement dans les rues de Beyrouth. Nous devons tous ensemble tout faire pour que ni la violence ni le chaos ne puissent l'emporter ».

Faisant écho à la contestation populaire qui fait rage dans le pays, les participants à la conférence ont manifesté leur défiance vis-à-vis de la classe politique libanaise. 

Le Prince Faisal ben Farhan, Ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, a enjoint le Liban à effectuer des « réformes politiques et économiques majeures » pour mettre en œuvre les réformes nécessaires au pays. Il a également exprimé son inquiétude quant à « l’hégémonie meurtrière » du Hezbollah dans le pays.  

À la suite de la destruction du port de Beyrouth, poumon économique du pays et accès maritime principal d’une nation très dépendante des importations, la trentaine de chef d’états et organisations ont garanti se « tenir prêts à soutenir le redressement financier et économique du Liban ». 

« En ces temps difficiles, le Liban n’est pas seul » peut-on lire sur le communiqué final de la conférence. « Les participants ont salué le courage remarquable des équipes de secours, médicales et de recherche ainsi que des effectifs Libanais et étrangers déployés à Beyrouth afin de venir en assistance aux victimes et d’apporter des efforts d’urgence, notamment la Croix rouge libanaise ainsi que les équipes de la défense civile libanaise. »

 


Agression de journalistes de l'AFP : une enquête ouverte à Paris

Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux français lors d'une manifestation contre le pass Vaccinal contre la  Covid-19, sur la place du Trocadéro à Paris, le 15 janvier 2022.(AFP)
Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux français lors d'une manifestation contre le pass Vaccinal contre la Covid-19, sur la place du Trocadéro à Paris, le 15 janvier 2022.(AFP)
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  • L'AFP a déposé plainte pour « violences volontaires en réunion », « menaces de mort » et « entrave à la liberté d'expression »
  • Le responsable du groupuscule d'ultradroite les Zouaves, Marc de Cacqueray-Valmenier, a été incarcéré jeudi soir après sa participation à cette manifestation alors qu'il était sous contrôle judiciaire

PARIS : Une enquête a été ouverte mercredi pour "violences volontaires aggravées" après l'agression le 15 janvier d'une équipe de l'AFP qui couvrait un rassemblement anti-pass vaccinal, a indiqué vendredi le parquet de Paris.

Cette enquête est également ouverte pour "menaces" et "entrave à l'exercice d'une liberté, et a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).

Lors de cette manifestation organisée par le mouvement des Patriotes du candidat pro-Frexit à la présidentielle Florian Philippot, deux journalistes reporter d'images (JRI) de l'Agence France-Presse et leurs deux gardes de sécurité avaient été violemment pris à partie par un groupe d'une cinquantaine de personnes, identifiées comme d'extrême droite.

Selon les journalistes, ces personnes ont tenté de s'en prendre à la vidéaste de l'AFP, répondant à l'appel d'un individu encagoulé avec un mégaphone.

Les agents de protection se sont interposés, mais ont été frappés à coups de matraque. 

L'équipe a été menacée de mort et l'un des agents de sécurité a reçu une bouteille sur la tête, entraînant une plaie au crâne.

L'AFP a déposé plainte pour "violences volontaires en réunion", "menaces de mort" et "entrave à la liberté d'expression".

"L'AFP dénonce la banalisation des agressions, verbales et maintenant physiques, contre ses équipes et s'inquiète du nouveau degré de violence atteint", avait affirmé dimanche le PDG de l'agence, Fabrice Fries.

Il s'agit de la deuxième agression d'une équipe de l'AFP couvrant des manifestations contre le pass sanitaire en l'espace de quelques mois. En juillet 2021, deux JRI avaient reçu crachats et injures lors d'une précédente manifestation organisée par M. Philippot.

Le responsable du groupuscule d'ultradroite les Zouaves, Marc de Cacqueray-Valmenier, a été incarcéré jeudi soir après sa participation à cette manifestation alors qu'il était sous contrôle judiciaire. Vendredi, il a été condamné à un an de prison ferme.


Présidentielle: Macron obtient son pass, la droite se dépasse

Le président français Emmanuel Macron, à l'Elysée à Paris, le 20 janvier 2022.(AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à l'Elysée à Paris, le 20 janvier 2022.(AFP)
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  • Chez les Républicains, l'heure de la mobilisation a déjà sonné: vendredi, la candidate Valérie Pécresse était en visite sur les terres de l'ancien patron de LR, Laurent Wauquiez
  • Toujours plus à droite, Eric Zemmour, qui traverse un trou d'air sondagier, s'est réfugié dans les terres réputées promises de l'extrême droite du Sud-Est

PARIS : Un feu vert de plus: confortée par la validation du pass vaccinal vendredi par le Conseil constitutionnel, la majorité poursuit la préparation de l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron, quand Valérie Pécresse veut dépasser les oppositions du passé en s'affichant avec Laurent Wauquiez.

Ni la vérification d'identité par les cafetiers, ni la mise en œuvre dès l'âge de 16 ans n'auront fait sourciller les Sages gardiens de la Constitution: le gouvernement pourra appliquer comme prévu la loi sur le pass vaccinal à partir de lundi, un revers pour les oppositions qui n'ont obtenu qu'une seule censure du Conseil concernant la possibilité pour les organisateurs de meetings politiques de demander un pass aux participants. 

De quoi revigorer les soutiens du chef de l'Etat, qui n'attendent plus qu'une annonce formelle de candidature.

L'amélioration des conditions sanitaires, anticipée par l'annonce d'un calendrier de levée progressive des restrictions à partir de début février, fait désormais parier certains sur une officialisation d'ici au 15 février.

"Je vous confirme qu'on se prépare (...) Dans toute bonne campagne on réserve du papier pour les affiches et puis on prend quelques précautions pour des salles", a admis le délégué général de LREM Stanislas Guerini vendredi sur France 2.

En attendant, le président sortant, qui fait la course en tête dans les sondages, devant Valérie Pécresse et Marine Le Pen, toujours au coude à coude, sera sur le terrain avec un déplacement dans la Creuse lundi et la Haute-Vienne mardi.

Le président par intérim du RN, Jordan Bardella, a vu dans les annonces du Premier ministre, Jean Castex, jeudi soir "une nouvelle fois une forme de diversion: le gouvernement dit tout et l'inverse de tout avec toujours la conviction d'y croire et d'avoir raison", a-t-il accusé sur LCI.

« Engagement total » de Wauquiez 

Chez les Républicains, l'heure de la mobilisation a déjà sonné: vendredi, la candidate Valérie Pécresse était en visite sur les terres de l'ancien patron de LR, Laurent Wauquiez, manière de dépasser les solides et anciennes inimitiés qui les lient.

Devant une nuée de caméras, elle a promis un "rôle pilier" dans sa campagne au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, jusqu'alors discret dans la campagne présidentielle.

C'est pourtant alors qu'il présidait le parti, en juin 2019, que celle qui portait une vision libérale de la droite avait quitté la formation, dénonçant un mouvement "cadenassé de l'intérieur, dans son organisation, mais aussi dans ses idées".

"L'accueillir ici est un symbole de mon soutien et de mon engagement total aux côtés de Valérie", lui a répondu vendredi M. Wauquiez. 

L'unité à droite doit se poursuivre samedi lors du conseil national des Centristes emmenés par Hervé Mortin auquel Mme Pécresse a prévu de se rendre, puis à celui de l'UDI de Jean-Christophe Lagarde, lequel lui a déjà apporté son soutien dans un entretien au quotidien Le Figaro vendredi, en entendant incarner la "jambe modérée" de la candidate face à la ligne droitière de son lieutenant Eric Ciotti. 

Le « coup de Fillon »

Toujours plus à droite, Eric Zemmour, qui traverse un trou d'air sondagier, s'est réfugié dans les terres réputées promises de l'extrême droite du Sud-Est, à Menton puis à Antibes (Alpes-Maritimes), avant de tenir un meeting samedi soir à Cannes.

Le candidat s'est félicité d'"approcher des 400" parrainages requis pour se présenter au premier tour, dans un entretien donné au journal Nice-Matin, en s'enorgueillissant par ailleurs d'accueillir les ralliements d'ex-RN, l'eurodéputé Jérôme Rivière et le militant identitaire Damien Lefevre, dit Rieu, un proche de Marion Maréchal.

L'ancien polémiste, contre qui le parquet général a réclamé jeudi une condamnation pour contestation de crime contre l'humanité lors de son procès en appel, a estimé que la justice était "instrumentalisée".

Dans quel but? Lui "refaire le coup de François Fillon", évincé du deuxième tour en 2017 en pleine tourmente judiciaire, a plaidé M. Zemmour.

Pour la candidate PS Anne Hidalgo, en meeting samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), difficile de retrouver le coup de la gauche victorieuse.

De plus en plus à la peine dans les sondages, la maire de Paris a espéré que l'éclaircie sur le front du Covid "peut-être, enfin", permettra à la campagne de se dérouler sans que la crise sanitaire "entrave la rencontre avec les Français" ou que "le pouvoir en place (...) l'instrumentalise" pour "mettre sous l'éteignoir la vie politique française".


Sondages de l'Elysée: Guéant condamné à 8 mois de prison ferme avec mandat de dépôt

Sur cette photo d'archive prise le 18 octobre 2021, l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant arrive pour son procès dans l'affaire surnommée 'Elysee Polls' au palais de justice de Paris.(AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 18 octobre 2021, l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant arrive pour son procès dans l'affaire surnommée 'Elysee Polls' au palais de justice de Paris.(AFP)
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  • Écroué depuis plus d'un mois à la prison de la Santé , l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, 77 ans, n'était pas présent dans le box pour la lecture du jugement de la 32e chambre correctionnelle
  • Patrick Buisson, alors proche conseiller du chef de l’État, a été condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi que 150 000 euros d'amende

PARIS : L'ancien secrétaire général de la présidence sous Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, actuellement emprisonné du fait d'une précédente condamnation, s'est vu infliger vendredi un an de prison dont 8 mois ferme, avec un mandat de dépôt différé, dans l'affaire des sondages de l’Élysée.

Patrick Buisson, alors proche conseiller du chef de l’État, a été condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi que 150 000 euros d'amende et l'ex-sondeur Pierre Giacometti à 6 mois avec sursis et 70 000 euros d'amende. A l'époque directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon a été sanctionnée de 6 mois avec sursis. En revanche, l'ancien chargé de l'opinion Julien Vaulpré a été relaxé.

Écroué depuis plus d'un mois à la prison de la Santé  l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, 77 ans, n'était pas présent dans le box pour la lecture du jugement de la 32e chambre correctionnelle, se faisant représenter par son avocat. Il avait été condamné dans l'affaire des primes en liquide du ministère de l'Intérieur à une peine de 2 ans dont un an avec sursis probatoire. 

Le tribunal l'a reconnu coupable de favoritisme. Compte tenu de la "gravité" des faits et "de la personnalité" de Claude Guéant, le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas lieu d'aménager la partie ferme de la peine.

Dans cette affaire, le tribunal a jugé que les millions d'euros en conseil politique et sondages facturés à l’Élysée entre 2007 et 2012 par les sociétés de Patrick Buisson et Pierre Giacometti, ainsi que par l'Institut Ipsos, avaient bien fait l'objet de favoritisme.

Deux contrats signés par Patrick Buisson, 72 ans, constituent en outre bien un détournement de fonds publics à hauteur de 1,4 million d'euros, a expliqué le président Benjamin Blanchet.

Selon ces conventions, l'historien venu de l'extrême droite était rémunéré 10 000 euros par mois pour du conseil et pouvait aussi livrer des sondages à sa libre appréciation: entre 2007 et 2009, il a acheté puis revendu 235 enquêtes d'opinion, avec des marges de 65 à 71%, pour un bénéfice d'1,4 million d'euros.

Patrick Buisson a en outre été condamné pour abus de biens sociaux au préjudice de ses sociétés.

Le tribunal a enfin estimé que celle qui était directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, devait être condamnée pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence, pour avoir signé certains de ces contrats litigieux.