Covid-19: Boris Johnson veut un déconfinement «irréversible mais prudent»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson au centre de vaccination Health and Well-being Centre d'Orpington, dans le sud-est de Londres, le 15 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 15 février 2021

Covid-19: Boris Johnson veut un déconfinement «irréversible mais prudent»

  • Avec la chute du nombre de contaminations et des hospitalisations, cette bonne nouvelle fait espérer aux Britanniques une fin rapide du confinement imposé début janvier
  • A partir de lundi, résidents britanniques ou citoyens irlandais arrivant en Angleterre en provenance de 33 pays d'une liste rouge, sont consignés dans un hôtel et placés sous surveillance

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré lundi vouloir un déconfinement « irréversible mais prudent » en Angleterre, où les voyageurs arrivant de pays à risque en termes de la Covid-19 doivent désormais subir une coûteuse quarantaine à l'hôtel. 

Le gouvernement britannique cherche à protéger le pays de l'arrivée de nouveaux variants du coronavirus plus résistant après avoir tenu l'objectif ambitieux d'injecter avant mi-février une dose de vaccin à 15 millions de personnes les plus vulnérables (plus de 70 ans et soignants notamment), soit 23% de la population. 

Avec la chute du nombre de contaminations et des hospitalisations, cette bonne nouvelle fait espérer aux Britanniques une fin rapide du confinement imposé début janvier. Avant de dévoiler lundi prochain sa feuille de route, le Premier ministre conservateur a tempéré leurs espoirs. 

« Ce que les gens veulent voir, c'est un plan irréversible mais prudent », a déclaré M. Johnson à la presse. 

Rouvrir les écoles 

Le gouvernement espère pouvoir rouvrir les écoles à partir du 8 mars, de manière graduelle avec une rentrée potentiellement plus tardive pour les élèves du secondaire.  

Selon une source gouvernementale citée par le Times, le gouvernement autorisera les membres d'un même foyer à partir en vacances à partir de Pâques, début avril. Les bars et restaurants pourront aussi rouvrir à partir d'avril mais uniquement en extérieur. Il faudra attendre mai, voire août, pour que ces établissements accueillent de nouveau des clients à l'intérieur.  

Face à l'épidémie, qui a fait plus de 117 000 morts au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson veut préserver le bénéfice de la campagne de vaccination et les sacrifices consentis par les Britanniques. 

A partir de lundi, résidents britanniques ou citoyens irlandais arrivant en Angleterre en provenance de 33 pays d'une liste rouge, qui comprend la totalité de l'Amérique latine et l'Afrique du Sud, sont consignés dans un hôtel et placés sous surveillance durant dix jours. Les non-résidents sont interdits d'entrée depuis ces pays. 

Le prix du séjour, à l'entière charge du voyageur s'élèvera à 1.750 livres sterling (près de 2 000 euros), tests compris. Comme tous les autres voyageurs, ils devront, en plus de présenter un test négatif effectué dans les 72 heures qui précèdent leur départ, être dépistés aux deuxièmes et huitièmes jours de la quarantaine. 

Zari Tadayon, 66 ans, arrivée de Dubaï via Francfort, a entamé lundi cette quarantaine dans un hôtel Radisson proche de l'aéroport d'Heathrow.  

« J'ai essayé de rentrer à Londres avant le 15 mais il n'y avait pas de vols disponibles, tout était réservé », a-t-elle déclaré à l'agence de presse PA. Dépitée de ne pas pouvoir rejoindre son logement du nord de Londres, elle confie n'être « pas très heureuse car demain c'est mon anniversaire et j'aurais voulu être avec ma famille... » 

Jo Chambers devra débourser 3 000 livres pour elle et ses deux enfants, tous trois revenant des Emirats arabes unis. Et même s'ils habitent dans le nord-ouest de l'Angleterre, ils devront observer leur quarantaine dans un hôtel près de Londres. 

« On ne peut pas réserver d'hôtels à Manchester » (nord de l'Angleterre), a-t-elle dit à la BBC. « Je trouve que c'est vraiment très bizarre ». 

Lourdes sanctions 

Les voyageurs arrivant des autres pays doivent aussi suivre une quarantaine de 10 jours, mais peuvent le faire chez eux. 

Moins étendu que celui mis en place par d'autres pays comme l'Australie, le régime des quarantaines à l'hôtel à l'arrivée en Angleterre a été critiqué notamment par l'opposition travailliste, qui estime qu'il ne va pas assez loin. 

Les contrevenants encourent pourtant de lourdes sanctions, allant de 1 000 livres d'amende (1 125 euros) pour un test négatif manquant à l'arrivée jusqu'à 10 000 livres pour ceux qui tentent d'échapper à la quarantaine à l'hôtel. Ceux qui cacheraient leur passage dans un pays à risque encourent 10 ans de prison. 


Le Canada accorde la résidence permanente pour 90 000 étudiants et travailleurs étrangers

Une vue de la ville de Vancouver, Canada. (Photo, AFP)
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  • La mesure doit permettre au Canada d'atteindre son objectif d'accueillir plus de 400 000 immigrants en 2021
  • « La pandémie a mis en lumière l'incroyable contribution des nouveaux arrivants », affirme le ministre de l'Immigration

OTTAWA : Le Canada va accorder le statut de résident permanent à 90 000 étudiants et travailleurs étrangers présents sur son territoire et qui ont notamment aidé à soigner des malades pendant la pandémie, a annoncé mercredi le ministre de l'Immigration.

Le programme, en vigueur à partir du 6 mai, s'adresse aux travailleurs ayant au moins un an d'expérience au Canada dans le domaine de la santé ou une profession jugée essentielle, ainsi qu'aux étudiants étrangers y ayant obtenu un diplôme d'études supérieures ces quatre dernières années, a dit le ministre Marco Mendicino lors d'une conférence de presse.

La mesure doit permettre au Canada d'atteindre son objectif d'accueillir plus de 400 000 immigrants en 2021 et de compenser la chute du nombre de personnes accueillies en 2020, en raison de la pandémie et de la fermeture des frontières.

« La pandémie a mis en lumière l'incroyable contribution des nouveaux arrivants. Ces nouvelles politiques permettront à ceux qui ont un statut temporaire de planifier leur avenir au Canada, de jouer un rôle clé dans notre reprise économique et de nous aider à mieux reconstruire », a déclaré M. Mendicino.

 


Covid-19: le renseignement américain n'écarte pas l'hypothèse du labo chinois

La thèse de la fuite de l'Institut de virologie de Wuhan avait été défendue avec force par l'administration américaine sous la présidence de Donald Trump. (Photo, AFP)
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  • « La communauté du renseignement ne sait pas exactement où, quand, ni comment le virus de la Covid-19 a été transmis initialement »
  • « Ce qui est clair pour nous et nos experts, c'est que les dirigeants chinois n'ont pas été complètement francs ou transparents dans leur coopération » avec l'OMS

WASHINGTON : Les services de renseignement américains n'écartent toujours pas l'hypothèse de l'accident de laboratoire pour expliquer l'apparition à Wuhan, en Chine, de la pandémie de Covid-19, ont indiqué mercredi leurs responsables.

« La communauté du renseignement ne sait pas exactement où, quand, ni comment le virus de la Covid-19 a été transmis initialement », a déclaré la directrice du renseignement, Avril Haines, devant une commission du Sénat.

Elle a mentionné les « deux théories » expliquant l'origine du coronavirus: un contact humain avec des animaux infectés ou l'accident de laboratoire.

« Nous en sommes là », a-t-elle ajouté. « Mais nous continuons à travailler sur cette question, nous rassemblons des informations et nous faisons tout notre possible pour vous donner le plus de confiance possible » dans les explications sur l'origine de la pandémie.

« Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous utilisons toutes les ressources à notre disposition pour faire toute la lumière là-dessus », a renchéri le directeur de la CIA, William Burns.

Mais « ce qui est clair pour nous et nos experts, c'est que les dirigeants chinois n'ont pas été complètement francs ou transparents dans leur coopération » avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l'origine du coronavirus, a-t-il ajouté.

Les services de renseignement coopèrent avec d'autres agences gouvernementales et les universités pour tenter de déterminer la provenance exacte du virus, a précisé le général Paul Nakasone, chef de l'agence de renseignement militaire, la NSA.

Dans leur rapport publié fin mars, les experts internationaux de l'OMS avaient jugé « extrêmement improbable » la théorie selon laquelle le coronavirus aurait pu s'échapper de l'Institut de virologie de Wuhan, la ville du centre de la Chine où la Covid-19 a fait son apparition fin 2019. 

Mais le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a demandé quelques jours plus tard à poursuivre l'enquête sur cette hypothèse, notant que les experts internationaux lui « avaient fait part de leurs difficultés à accéder aux données brutes » pendant leur séjour en Chine.

La thèse de la fuite de l'Institut de virologie de Wuhan avait été défendue avec force par l'administration américaine sous la présidence de Donald Trump, se fondant sur les informations des services de renseignement. La Chine a toujours nié cette possibilité.


Joe Biden, un rapport tourmenté aux guerres de l'Amérique

Le président américain Joe Biden. (Photo, AFP)
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  • Joe Biden a fait et refait son mea culpa pour avoir donné son feu vert à l'invasion de l'Irak dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » du républicain George W. Bush
  • Ce vote vieux de près de vingt ans reste une tache indélébile sur le bilan d'une longue carrière politique

WASHINGTON : Joe Biden, qui a sonné mercredi le départ des troupes américaines d'Afghanistan, aime à se présenter comme un opposant aux « guerres sans fin » de l'Amérique, hanté aussi par son vote controversé en faveur de l'intervention en Irak de 2003.

L'actuel président des Etats-Unis, âgé de 78 ans, a fait et refait son mea culpa pour avoir donné, alors qu'il était à la tête de l'influente commission des Affaires étrangères du Sénat, son feu vert à l'invasion de l'Irak dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » du républicain George W. Bush.

Ce vote vieux de près de vingt ans reste une tache indélébile sur le bilan d'une longue carrière politique. Débat après débat, son principal adversaire à la primaire démocrate pour la présidentielle de novembre, Bernie Sanders, lui a reproché son choix en direct à la télévision.

Et, à chaque fois, même regard contrit du septuagénaire.

« J'ai fait une erreur de jugement », a-t-il par exemple reconnu en juillet 2019.

Mais l'aveu reste partiel, et dévoile le rapport tourmenté de Joe Biden aux guerres de son pays.

A l'entendre, le ténor démocrate a surtout eu le tort à l'époque de « faire confiance » au président Bush qui lui aurait assuré avoir demandé au Congrès l'autorisation de recours à la force pour faire pression diplomatiquement sur le régime de Saddam Hussein. Dès que l'attaque a finalement été déclenchée en mars 2003, « j'ai marqué mon opposition », a-t-il plaidé.

Les faits sont différents. A l'été 2003, plusieurs mois après le début des hostilités, le sénateur Biden défendait encore avec force son vote initial et la nécessité de « chasser Saddam du pouvoir ».

Ce n'est que plus tard qu'il changera d'avis, face à l'enlisement américain. Et qu'il plaidera avec force, en tant que vice-président de Barack Obama, en faveur du retrait d'Irak qui s'est achevé en 2011.

« J'ai été chargé de retirer 150.000 soldats d'Irak –  et mon fils en faisait partie », s'est-il défendu lors de la campagne présidentielle.

Sauf que dans ce cas, le départ des troupes américaines est aujourd'hui considéré par la plupart des observateurs comme une autre grave erreur : l'Irak, plongé dans le chaos, a été peu à peu grignoté par le groupe djihadiste Etat islamique, rendant inéluctable une nouvelle intervention internationale sous commandement américain à partir de 2014.

En réalité, Joe Biden n'a jamais fait preuve d'une grande constance en matière militaire.

Il avait voté contre la première guerre du Golfe en 1991, aujourd'hui souvent considérée comme un succès.

Coups de gueule

Initialement favorable, en revanche, à l'intervention en Afghanistan comme la quasi-totalité de la classe politique américaine traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001, il a finalement épousé la lassitude de l'opinion américaine face à ces opérations extérieures interminables, coûteuses et meurtrières.

L'envoi de son fils aîné et chéri, Beau Biden, en Irak en 2008, au moment même où il menait campagne pour la Maison Blanche avec Barack Obama, a certainement contribué à ce revirement.

C'est en tant que père d'un militaire en guerre qu'il devient vice-président. Et c'est à l'unisson de milliers de familles qu'il va défendre, pendant huit ans, une grande prudence lorsqu'il s'agira d'engager la force à l'étranger.

« Mon étoile polaire, c'est le souvenir de feu mon fils Beau engagé en Irak », « et l'impact que cela a eu sur lui et sur nous qui l'attendions à la maison », a-t-il dit mercredi, la voix émue, pour justifier le départ d'Afghanistan.

Les réserves de Joe Biden sont désormais connues sur la périlleuse opération – couronnée de succès –  pour éliminer le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, au Pakistan en 2011.

Encore plus connus sont ses coups de gueule contre l'envoi de renforts en Afghanistan en 2009.

Le nouveau président était pressé par le Pentagone de déployer des milliers de troupes supplémentaires pour faire la différence face aux talibans. Son vice-président s'y opposait.

Leur émissaire pour l'Afghanistan, Richard Holbrooke, a rapporté par la suite une altercation mémorable.

Le diplomate avait plaidé auprès de Joe Biden, qu'il connaissait de longue date, en faveur d'un soutien accru aux Afghans, notamment pour préserver les droits des femmes, bafoués par les talibans.

« Je ne renvoie pas mon garçon là-bas pour qu'il risque sa vie au nom des droits des femmes! », s'était alors emporté le vice-président.

Joe Biden avait finalement perdu son combat, et Barack Obama avait déployé 17 000 soldats supplémentaires.

Mais la tendance s'est inversée depuis, avec une réduction progressive des forces américaines. Aujourd'hui président des Etats-Unis, Joe Biden peut enfin faire preuve de constance en annonçant leur retrait total d'ici le 20e anniversaire du 11 Septembre.