Sévère réduction d’effectifs pour Air France qui officialise aujourd’hui ses mesures d’austérité

Arrivée d’un Airbus Joon A340-300 à l’aéroport international de Pinto Martins (Fortaleza, Brésil) inaugurant la ligne Fortaleza-Paris (archives). Fabio LIMA / AFP
Arrivée d’un Airbus Joon A340-300 à l’aéroport international de Pinto Martins (Fortaleza, Brésil) inaugurant la ligne Fortaleza-Paris (archives). Fabio LIMA / AFP
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Publié le Vendredi 03 juillet 2020

Sévère réduction d’effectifs pour Air France qui officialise aujourd’hui ses mesures d’austérité

  • Le groupe Air France veut supprimer 6.560 postes en CDI sur 41.000
  • un peu plus de la moitié des postes à supprimer doivent l'être via des départs naturels non remplacés

 

Le groupe Air France veut supprimer 6.560 postes en CDI équivalents temps plein (ETP) sur environ 41.000 au sein de sa compagnie historique, soit 16% des effectifs d'Air France, selon des sources syndicales. Au sein de la filiale régionale Hop! née en 2013 de la fusion des compagnies Brit Air, Régional et Airlinair, la réduction des effectifs sera encore plus sévère pour atteindre 40%, avec un peu plus de 1.000 postes supprimés sur environ 2.400 emplois (ETP), de sources concordantes. La direction d'Air France n'a pas confirmé ces chiffres, souhaitant réserver "la primeur de la présentation de ses orientations stratégiques et de leurs impacts en matière d'emploi aux partenaires sociaux et aux instances représentatives du personnel". "La baisse durable d'activité et le contexte économique liés à la crise du Covid-19 imposent d'accélérer la transformation d'Air France", affirme-t-elle.

Hop ! boycotte le CSEC

Les directions détailleront les perspectives sur l'emploi dans les deux compagnies au cours de réunions programmées vendredi matin : un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire porte de Montreuil à Paris pour Air France et un CSE extraordinaire à l'aéroport de Nantes pour Hop! Mais les représentants du personnel de la compagnie régionale "ont décidé unanimement de ne pas participer" à cette instance pour "faire barrage" à sa "disparition programmée", a indiqué le secrétaire du CSE de Hop!, Joël Rondel, qui devrait être le seul à s'y rendre, afin d'obtenir la nomination d'un expert. Chez Air France, un peu plus de la moitié (3.500) des 6.560 postes à supprimer doivent l'être via des départs naturels non remplacés.La direction souhaite régler rapidement la question du sureffectif au sein du personnel navigant en négociant des ruptures conventionnelles collectives (RCC). Le SNPL, majoritaire chez les pilotes, a déjà donné son feu vert à un tel dispositif prévoyant le départ volontaire d'ici la fin de l'année d'environ 400 pilotes, soit 10% des effectifs de la catégorie. Les hôtesses et stewards négocient encore avec la direction, qui ambitionne de réduire "dès le 4e trimestre 2020" un sureffectif estimé à 1.680 postes en 2021.

 

Départs contraints ?

Pour le personnel au sol, la direction cible 2.630 postes (hors départs naturels non remplacés) et s'oriente vers un projet de PDV-PSE (plan de départs volontaires-plan de sauvegarde de l'emploi) destiné à "accompagner les réductions d'emploi en privilégiant le volontariat", selon le document consulté. Les fonctions support (services administratifs, etc.) comme les fonctions "opérationnelles" (mécaniciens, manutentionnaires, agent d'escales...) sont concernées et les premiers départs prévus début 2021. Le réseau court-courrier fera figure d'exception : si les départs volontaires ne sont pas suffisants et les mobilités géographiques refusées par les salariés, il pourrait y avoir des licenciements secs, une première chez Air France. Il en ira de même chez Hop!, dont le personnel a déjà connu plusieurs restructurations. La compagnie spécialiste des lignes interrégionales connaîtra des départs naturels non remplacés et un PDV-PSE pour l'ensemble du personnel. Sa flotte doit passer de 57 à une trentaine d'avions et se concentrer sur l'alimentation des hubs de Lyon et Paris-Charles-de-Gaulle, ce qui va entraîner la fermeture des sites de maintenance de Morlaix et Lille ainsi que la fermeture de 12 des 14 bases de personnel navigant, dont celles d'Orly et Toulouse, selon des sources concordantes.

 

Un réseau français déficitaire de 40%

Fortement secoué par la crise du Covid-19, comme l'ensemble du secteur, le groupe Air France est lancé dans un "plan de reconstruction" qui prévoit une réduction de son réseau français (déficitaire) de 40% d'ici à la fin 2021. L'État français, après avoir accordé à Air France-KLM un soutien financier de 7 milliards d'euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% et 3 milliards de prêt direct, avait demandé au printemps au groupe franco-néerlandais d'améliorer sa rentabilité et son impact environnemental et d'entamer une réflexion sur son réseau en France. Les destinations au départ d'Orly disposant d'une alternative ferroviaire de moins de 2H30 et les routes transversales très déficitaires sont menacées. Les syndicats redoutent également un transfert de certaines lignes intérieures vers la low-cost du groupe, Transavia, jusqu'ici cantonnée à l'exploitation du réseau moyen-courrier.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".