Le Soudan adopte un régime de change flottant régulé par la Banque centrale

Des membres des forces de sécurité soudanaises lèvent les obstacles posés par les manifestants alors que les gaz lacrymogènes s'échappent lors d'une manifestation contre la hausse des prix, sur la route principale d'al-Sittin (soixante) dans la capitale Khartoum, le 24 janvier 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 21 février 2021

Le Soudan adopte un régime de change flottant régulé par la Banque centrale

  • Sur le marché noir, le dollar s'échangeait à plus de 400 livres soudanaises, alors que le taux de change officiel -et fixe jusqu'alors- était de 55 livres pour un dollar
  • Le taux de change officiel est désormais déterminé par l'offre et la demande mais l'institution monétaire garde un rôle de régulateur

KHARTOUM: Le Soudan a adopté dimanche un régime de change flottant dirigé, c'est-à-dire régulé par les autorités monétaires, afin de satisfaire les demandes du Fonds monétaire international (FMI), au risque de provoquer une flambée des prix et d'attiser le mécontentement populaire. 

Cette mesure fait partie d'une série de réformes lancées par Khartoum pour attirer des investissements étrangers, mais aussi permettre un allègement de sa dette écrasante et accéder aux prêts des institutions internationales, afin de soutenir le pays dans sa délicate transition politique. 

L'économie du Soudan est en lambeaux, après des décennies de sanctions et de mauvaise gestion sous le règne de l'autocrate Omar el-Béchir, renversé en avril 2019. 

« Le gouvernement de transition a décidé d'adopter un ensemble de politiques visant à réformer et harmoniser le régime de change en appliquant un taux de change flottant dirigé », a indiqué la Banque centrale dans un communiqué. 

Le taux de change officiel est désormais déterminé par l'offre et la demande mais l'institution monétaire garde un rôle de régulateur. 

Cette décision était « impérative », selon la Banque centrale, pour parvenir à la stabilité économique du pays, qui s'est doté la semaine passée d'un nouveau gouvernement chargé de relever l'économie. 

En janvier, le FMI -- qui a adopté en 2020 un programme pour le Soudan requérant notamment l'harmonisation du régime de change -- avait déclaré « travailler de façon très intensive avec le Soudan pour créer les conditions préalables à l'allègement de sa dette » dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres et très endettés (PPTE). 

Faibles réserves 

Sur le marché noir, le dollar s'échangeait à plus de 400 livres soudanaises, alors que le taux de change officiel -- et fixe jusqu'à maintenant -- était de 55 livres pour un dollar. 

Gibril Ibrahim, le nouveau ministre des Finances, a exhorté les Soudanais à surmonter les conséquences de cette décision, reconnaissant lors d'une conférence de presse que l'effort »nécessiterait un grand esprit patriotique (...) et la coopération » du peuple. 

Le ministre a également assuré que des mesures de soutien aux familles pauvres avaient été prises pour faire face à une possible hausse des prix. 

L'adoption d'un taux de change flottant pourrait faire baisser drastiquement la valeur de la livre soudanaise face au dollar et faire ainsi flamber les prix, au risque d'attiser davantage le mécontentement populaire dans ce pays de 40 millions d'habitants. 

En décembre 2018, c'était le triplement du prix du pain qui avait provoqué le soulèvement populaire à l'origine de la chute de Béchir. 

Des manifestations, parfois émaillées de heurts, contre la cherté de la vie ont eu lieu ces dernières semaines au Soudan, où le taux d'inflation annuel a dépassé les 300% en janvier. 

Les économistes craignent que les réserves de change de l'Etat ne soient trop faibles pour lui permettre d'amortir l'impact du flottement. 

Les pénuries de pain et de carburant qui empoisonnent déjà la vie quotidienne des Soudanais sont le signe de faibles réserves de devises, estime l'expert soudanais Mohamed al-Nayer. 

En janvier, Khartoum a adopté un nouveau budget et annoncé vouloir réduire l'inflation à 95% avant la fin de l'année. 

Le Soudan espère que son récent retrait de la liste américaine des Etats accusés de soutenir le terrorisme -- avec des sanctions à la clé -- permettra un afflux de capitaux étrangers. 


Dubaï, Riyad et Abou Dhabi parmi les villes les plus riches du Moyen-Orient

Un artisan émirati à l’œuvre au pavillon Dior, le 14 novembre 2019, au palais Al-Hosn à Abu Dhabi, lors d'une exposition présentant des objets d'artisanat et d'art dans le cadre d'un événement organisé par le comité français Colbert conçu pour explorer le luxe, la culture et la culture françaises du XXIe siècle. (Karim Sahib/AFP)
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  • Évaluée à 89 000 USD, la richesse par habitant aux EAU est la plus élevée de la région
  • Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite enregistrent une croissance de la richesse privée, tandis qu’au Qatar, en Turquie et en Iran celle-ci est en baisse

DUBAI: Riyad, Abou Dhabi et Dubaï font partie des cinq villes les plus riches du Moyen-Orient, et les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite enregistraient également une richesse privée combinée de 1,4 billions de dollars américains en 2020, selon la société de recherche New World Wealth.

L'organisme de recherche basé en Afrique du Sud et couvrant 90 pays, a déclaré que la richesse totale détenue par les particuliers au Moyen-Orient s'élevait à environ 4,3 billions de dollars américains. «Il y a 970 centi-millionnaires vivant au Moyen-Orient, chacun avec un actif net de 100 millions de dollars ou plus, tandis que 75 milliardaires vivent dans la région».

Marquant un changement majeur, les EAU ont désormais la richesse par habitant la plus élevée de la région, soit 89 000 dollars EU, devant le Qatar, Israël et la Turquie, selon le rapport.

Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont également enregistré une croissance de la richesse privée. Au cours des 10 dernières années, la richesse privée au Qatar, en Turquie et en Iran a diminué respectivement de -18%, -40% et -32%, tandis qu'aux EAU, la croissance de la richesse privée se montait à 24% et en Arabie saoudite à 3%, selon le rapport.

En décembre 2020, Dubaï abritait 54.540 particuliers fortunés (HNWI ou High Net Worth Individuals ), tandis qu'Abou Dhabi et Riyad en comptaient respectivement 19.273 et 14.283 HNWI.

Avec la richesse vient la croissance de l’industrie du luxe. Le New World Wealth a déclaré que le secteur du luxe au Moyen-Orient génère des revenus d'environ 18,0 milliards de dollars par an. "Ce chiffre comprend: les voitures de luxe, les vêtements et accessoires de luxe, les montres de luxe, les jets privés, les yachts et les hôtels de luxe."

Bien que 30e ville la plus riche du monde, Dubaï est le principal hub de luxe du Moyen-Orient. Le secteur du luxe de Dubaï génère un chiffre d'affaires d'environ 7,0 milliards de dollars par an. La plupart de ces produits sont générés par les voitures de luxe et les hôtels de luxe. Le secteur de la mode de luxe à Dubaï est également très important, la plupart des plus grandes marques mondiales de vêtements de luxe ayant des magasins dans le Dubaï Mall et le Mall of the Emirates.

Gestion de patrimoine et migration

Environ 440 milliards de dollars américains de patrimoine HNWI du Moyen-Orient sont liés à des sociétés de gestion de patrimoine. Les EAU sont le plus grand centre de gestion de patrimoine de la région avec des actifs sous gestion (ASG) de 110 milliards de dollars américains, suivis par Israël avec des actifs sous gestion d'environ 95 milliards de dollars américains.

Les grands gérants de fortune suisses tels que Credit Suisse, UBS, Julius Baer et Pictet sont tous fortement présents au Moyen-Orient, tout comme les gérants de fortune basés au Royaume-Uni tels que HSBC, Standard Chartered et Barclays. Citigroup (basé aux États-Unis) et BNP (basé en France) sont également des acteurs majeurs de la région.

Les EAU sont également une destination de choix pour les riches immigrés. Au cours des 20 dernières années, les Émirats arabes unis ont été l’un des plus grands destinataires au monde de migrants HNWI. «Nous estimons que plus de 35 000 HNWI ont déménagé aux Emirats Arabes Unis au cours de cette période (2000 à 2020). Beaucoup de ces personnes viennent d'Inde, du Moyen-Orient et d'Afrique», ont déclaré les analystes de New World Wealth.

Voici quelques raisons principales pour lesquelles les HNWI ont intérêt à déménager aux EAU :

• C'est la première valeur refuge de la région MENA.

• Économie à revenu élevé.

• Système de santé de première classe.

• Faibles taux d'imposition.

• Centre d'affaires international.

• Hub de luxe, avec des boutiques et des restaurants de première classe.

• Appartements et villas haut de gamme.

• Bonnes écoles internationales.

• Yachting et plages.

L'étude de New World Wealth a pris en compte l'impact de la pandémie de Covid-19 car les statistiques ont été ressourcées jusqu'en décembre 2020, cependant, la société de recherche a déclaré que 2021 serait une année intéressante pour le secteur du patrimoine privé et refléterait pleinement l'impact global de la crise sanitaire mondiale.

 


Le tourisme égyptien «reviendra aux niveaux d’avant la Covid-19 d’ici l’automne 2022»

Des vendeurs travaillent sur un marché aux légumes au milieu de la pandémie de maladie à coronavirus au Caire, en Égypte, le 25 février 2021 (Photo, Reuters).
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  • Le secteur du tourisme est l’un des principaux piliers de l’économie égyptienne. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 4 milliards de dollars en 2020, contre 13,03 milliards de dollars en 2019
  • Le pays a accueilli environ 3,5 millions de touristes l'année dernière, contre 13 millions en 2019

LE CAIRE: Le tourisme en Égypte reviendra à ses niveaux d'avant la pandémie d'ici l'automne 2022, selon un ministre du gouvernement.

Khaled Al-Anani, ministre du Tourisme et des Antiquités, a révélé que le rétablissement et la restauration du secteur touristique aux niveaux pré-pandémiques seraient dus aux programmes de vaccinations contre la Covid-19 ainsi qu'aux efforts de l'Égypte pour développer des sites archéologiques en mer Rouge et dans le sud du Sinaï.

Il a également affirmé qu'au cours des trois derniers mois de 2020, l'Égypte avait accueilli entre 270 000 et 290 000 touristes par mois, soit l'équivalent de 10 000 touristes par jour.

Al-Anani a indiqué que le Grand Musée égyptien sera prêt au cours du troisième trimestre de 2021 à condition que, dans les prochains jours, la coalition internationale choisie pour gérer les opérations du musée soit annoncée.

Il a en outre ajouté que le ministère avait contacté 30 entreprises ayant organisé concerts et Jeux olympiques, pour participer à la cérémonie d'ouverture du Grand Musée égyptien mais, alors que trois entreprises avaient été choisies pour organiser l'événement, la pandémie avait perturbé tous ces projets.

Le secteur du tourisme est l’un des principaux piliers de l’économie égyptienne. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 4 milliards de dollars en 2020, contre 13,03 milliards de dollars en 2019. Le pays a accueilli environ 3,5 millions de touristes l'an dernier, contre 13 millions en 2019.

Au début de 2020, on s'attendait à ce que l'Égypte reçoive plus de 14 millions de touristes.

Le pays en avait accueilli 2 millions au premier trimestre de l’année dernière jusqu’à ce que la pandémie frappe et entraîne un repli majeur au sein du secteur touristique, selon la conseiller du ministre et porte-parole du ministère, Soha Bahgat.

« Le secteur du tourisme dans le monde entier a été affecté d'une ampleur sans précédent en raison de la pandémie ... et l'Égypte a pris des mesures de précaution strictes de manière à limiter la propagation du virus, et en même temps des mesures de soutien à l'économie, particulièrement le soutien au secteur touristique », a-t-elle signalé.

L'Égypte a réussi à attirer environ un million de touristes entre juillet dernier et début 2021.

 Bahgat conclut en expliquant que ce faible nombre avait malgré tout conduit de nombreux établissements à reprendre leurs activités et à maintenir à flot le secteur du tourisme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’économie Tunisienne appelée à rebondir en 2021, selon le FMI

Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) Noureddine Taboubi s’adressant aux employés de la compagnie aérienne nationale tunisienne Tunisair, le 19 février 2021, qui protestent contre la saisie de leur entreprise par une compagnie turque pour non-paiement de dettes. (Fethi Belaid/AFP)
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  • Le PIB a diminué en Tunisie de 8,2% en 2020 en raison de la pandémie mondiale de Covid-19
  • La dette du gouvernement tunisien a augmenté à 87% du PIB

DUBAÏ : Le Produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie devrait rebondir à 3,8% en 2021, alors que les effets de la pandémie commencent à s'atténuer, a déclaré samedi le Fonds monétaire international (FMI) dans un communiqué à Arab News en français.

La pandémie de Covid-19 a durement frappé la Tunisie, provoquant un ralentissement économique sans précédent avec un PIB réel estimé à 8,2% en 2020. Il s’agit du plus grand ralentissement économique depuis l'indépendance du pays, selon le FMI.

«Le taux de chômage a grimpé à 16,2% à la fin septembre, affectant de manière disproportionnée les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les jeunes, et attisant la grogne sociale.»

Malgré les prévisions de croissance en 2021, les risques d’une baisse considérable de cette projection existent, étant donné l'incertitude quant à la durée et l'intensité de la pandémie et la date de lancement de la vaccination.

Les perspectives à moyen terme dépendent essentiellement de la trajectoire future de la politique budgétaire et des réformes structurelles et de gouvernance, a déclaré le FMI.

En raison de l’augmentation du déficit budgétaire et de la contraction du PIB, on estime que la dette du gouvernement tunisien est passée à près de 87% du PIB.

Les responsables du FMI ont noté que la crise du COVID-19 aggrave les fragilités socio-économiques de la Tunisie.

"Nous saluons la réponse politique des autorités à la crise, mais la priorité immédiate est de sauver des vies et des moyens de subsistance et de stabiliser l'économie jusqu'à ce que la pandémie diminue", ont déclaré des responsables du FMI dans un communiqué conjoint.

Le FMI a déclaré au gouvernement tunisien que la promotion de l'activité du secteur privé est essentielle pour stimuler la croissance potentielle et la rendre plus inclusive et riche en emplois. Les efforts de réforme devraient se concentrer sur la levée des monopoles, l'élimination des obstacles réglementaires et l'amélioration de l'environnement des affaires, a déclaré le FMI.

Le FMI a salué les efforts tunisiens pour accroitre l'inclusion financière et tirer parti des technologies numériques.