Algérie: pour Khaled Drareni, la liberté de la presse doit être «intouchable»

Khaled Drareni, journaliste algérien, emprisonné pendant presque un an (AFP)
Khaled Drareni, journaliste algérien, emprisonné pendant presque un an (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 24 février 2021

Algérie: pour Khaled Drareni, la liberté de la presse doit être «intouchable»

  • «Même si je suis resté libre dans ma tête tout en étant enfermé, je suis quand même heureux de retrouver la liberté vraie»
  • «Un journaliste ne mérite pas d'aller en prison. J'espère que je suis le dernier journaliste algérien qui entre en prison»

ALGER : Sitôt libéré, le journaliste algérien Khaled Drareni, emprisonné pendant presque un an pour avoir couvert une manifestation, se dit déterminé à reprendre son métier et son combat pour la liberté de la presse, dans un entretien à l'AFP.

«J'espère que ma prison va contribuer à renforcer la liberté de la presse en Algérie et en faire une liberté sacrée, intouchable», affirme cet ancien présentateur vedette, âgé de 40 ans.

Incarcéré en mars 2020, il est sorti de prison vendredi (bien: vendredi) soir à la suite de la grâce décrétée par le président Abdelmadjid Tebboune en faveur de détenus du Hirak, le soulèvement populaire né en février 2019.

Accueilli par une foule d'amis et de sympathisants devant la prison de Koléa, à 40 minutes à l'ouest d'Alger, Khaled Drareni est apparu en meilleure forme que lors de son procès en septembre, lors duquel il était très amaigri.

 «Libre»

«Je me sens très bien, en bonne santé, ravi de retrouver les miens», a-t-il par la suite confié à l'AFP.

«Même si je suis resté libre dans ma tête tout en étant enfermé, je suis quand même heureux de retrouver la liberté vraie».

Dans le salon de la maison familiale à Alger, où il a retrouvé ses parents, le journaliste, qui a bénéficié d'une campagne de solidarité internationale, apparaît serein et souriant.

Le journaliste s'est fait connaître en Algérie en tant que présentateur sur les chaînes privées Dzair TV et Echourouk TV, mais aussi pour son militantisme sur les réseaux sociaux, où il a partagé photos, slogans et déclarations en direct des défilés du Hirak.

Chez lui, il reçoit dans une atmosphère détendue proches, amis, militants et même des inconnus venus témoigner leur respect.

Parmi eux, des compagnons de lutte: le journaliste et ex-détenu Fodil Boumala, le jeune militant Walid Kechida, emprisonné pour des mèmes critiques à l'égard du régime, ou encore le directeur du percutant site satirique El Manchar.

Condamné mi-septembre à deux ans de prison ferme pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l'unité nationale», le journaliste indépendant clame n'avoir fait que son métier.

Il a été accusé par les autorités d'avoir travaillé pour un média étranger sans accréditation, une procédure bureaucratique erratique en Algérie, mais aussi et plus gravement d'être un «khabarji» (informateur) à la solde «de parties étrangères» (non précisées).   

Désormais libre, cet «éternel optimiste» --tel qu'il se décrit-- entend reprendre ses activités de journaliste auprès du site d'information Casbah Tribune, qu'il a fondé, et de TV5Monde, dont il est le correspondant en Algérie.

Il anime aussi l'émission Café presse politique (CCP) de la webradio Radio M.

Le correspondant en Algérie de Reporters sans frontières (RSF) note en outre qu'il ne renoncera pas à poursuivre son engagement pour la liberté de la presse. 

«Je ne sais qu'être journaliste. C'est la profession que j'exerce avec fierté et bonheur depuis 15 ans et je suis heureux de revenir à cette formidable profession», assure-t-il.

 «Combat universel»

A ce jour, sa liberté n'est que provisoire puisque le pourvoi en cassation qu'il a introduit sera examiné ce jeudi par la Cour suprême. Il sera représenté par son avocat à l'audience.

Son cas est devenu emblématique du combat pour la liberté de presse et d'expression, mise à mal par une série de condamnations et un arsenal juridique très restrictif pour la presse en ligne et les réseaux sociaux. 

«Un journaliste ne mérite pas d'aller en prison. J'espère que je suis le dernier journaliste algérien qui entre en prison», plaide Khaled Drareni.

Malgré la libération récente d'une quarantaine de détenus d'opinion, une trentaine de personnes sont toujours en prison pour des faits liés au Hirak et/ou aux libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

«Je pense que le combat de la liberté de la presse est un combat de tous les jours et dans tous les pays», estime M. Drareni. «Il doit être un combat universel et je suis prêt à mener ce combat en tant que journaliste algérien.»

 


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Short Url
  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.