Irak: une communauté chrétienne en détresse attend la visite du pape

Les fidèles de la paroisse de Saint-Joseph de Bagdad (Capture d’écran, AFP).
Les fidèles de la paroisse de Saint-Joseph de Bagdad (Capture d’écran, AFP).
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Publié le Mercredi 03 mars 2021

Irak: une communauté chrétienne en détresse attend la visite du pape

  • Dans la paroisse de Saint-Joseph de Bagdad, on se prépare à la visite du pape François
  • «Pour les chrétiens qui veulent le rester, même après le mariage avec un musulman, ou pour les musulmans qui veulent se convertir, la seule solution est l’exil», déplore le père Nadhir Dako

BAGDAD: Les bras le long du corps, le père Nadhir Dako est assis dans la sacristie et soupire, fatigué. Dans la paroisse de Saint-Joseph de Bagdad, on se prépare à accueillir le pape François, qui dira la messe dans cette même église au début du mois de mars. Si l’annonce de la visite de pape François en Irak a redonné un faible espoir à cette communauté en détresse, l’exode continue aujourd’hui encore; les difficultés communautaires et les discriminations de la loi irakienne poussent les familles chrétiennes à quitter le pays.

Le quotidien du prêtre chaldéen est difficile: «Il ne reste pas plus de cent cinquante familles de fidèles. Toutes les autres ont fui en Jordanie, en Turquie ou en Europe. Elles n’ont jamais pu revenir en raison de la crise économique ou à cause des milices armées qui ont saisi leurs biens et leurs maisons», explique père Dako. Depuis 2003, le nombre de chrétiens en Irak a diminué de 90% à cause des guerres et des persécutions.

Dans un pays dominé par la corruption, les emplois sont souvent distribués en interne dans les groupes les plus influents, tous sunnites ou shiites. Par conséquent, chaque jour, de plus en plus de chrétiens étudient la possibilité de quitter l’Irak. À la fin du mois de décembre, l’annonce de la visite de pape François – c’est le premier pape qui se rend en Irak – leur a brièvement remonté le moral. Dans leurs vœux de Noël, les évêques d’Irak avaient souhaité que la visite papale «redonne espoir au peuple irakien qui a beaucoup souffert et encourage les chrétiens à revenir».

Aujourd’hui, il ne reste pas plus d’un demi-million de chrétiens dans tout l’Irak, alors qu’il y en avait plus de 6 millions en 2003. À Bagdad, ils étaient 750 000, aujourd’hui, ils ne sont pas plus de 75 000.

William Warda

Toutefois, deux mois plus tard, le désespoir domine de nouveau. «Quand le pape viendra, nous lui expliqueront nos difficultés. Lui aussi comprendra que nous devons partir», assure Sanaa Hannah Aissa, chrétienne de Bagdad. Son mari et elle ont perdu deux enfants pendant la guerre contre Daech et, des années après la fin du «califat», le couple éprouve toujours des difficultés à exprimer sa foi. «Quand nous sommes assis dans notre véranda, nous ne pouvons pas éviter de penser à nos deux enfants assassinés ni au fait qu’à tout moment quelqu’un pourrait venir nous faire du mal à nouveau», pleure Sanaa. «Dans notre paroisse, tout le monde a ses problèmes, et personne n’a la force de prendre soin des autres», explique-t-elle.

De moins en moins de chrétiens et d’églises

Prêtre à Bagdad depuis trente-cinq ans, Nadhir Dako a vu de nombreuses églises fermer. À la fin du mois de décembre, il est retourné visiter celle de Saint-Jacob, dans la périphérie sud de Bagdad. «Je disais la messe là-bas en 1996. Et maintenant, il n’y a même plus l’autel. De toute façon, il n’y a même plus de familles chrétiennes dans ce quartier…», se désole-t-il.

Détruite par Daech en 2015, l’église Saint-Jacob ne fut jamais reconstruite. Elle se trouvait pourtant dans le quartier qui accueillait, avant l’invasion américaine en 2003, la plus grande communauté de chrétiens assyriens d’Irak. «Aujourd’hui, il ne reste pas plus d’un demi-million de chrétiens dans tout l’Irak, alors qu’il y en avait plus de 6 millions en 2003. À Bagdad, ils étaient 750 000, aujourd’hui, ils ne sont pas plus de 75 000 », déplore William Warda, président de l’organisation Hammurabi, qui milite pour la défense des minorités religieuses en Irak.

Dans un pays musulman à 97%, «les chrétiens rencontrent également de nombreux problèmes légaux», ajoute William Warda. Selon la constitution irakienne, l’islam est une source fondamentale du droit, et aucune loi ne peut être promulguée si elle n’est pas conforme aux principes de la charia. «Mais certaines lois devraient être amendées», explique le président de Hammurabi. «Certaines lois sur les héritages, par exemple: dans l’islam, les femmes reçoivent en héritage la moitié de ce que reçoivent les hommes. Ou encore, dans les mariages mixtes, la question du divorce et de l’adoption des enfants. Les fils mineurs des couples non musulmans sont enregistrés comme musulmans si l’un des deux parents se convertit à l’islam; peu importe l’opinion du deuxième parent», regrette-t-il.

«Pour les chrétiens qui veulent le rester, même après le mariage avec un musulman, ou pour les musulmans qui veulent se convertir, la seule solution est l’exil», reconnaît le père Nadhir Dako. Les chrétiens d’Irak représentent aujourd’hui moins de 2% de la population. «C’est très difficile de voir ses fidèles quitter le pays. Je prie tout seul devant l’autel et, parfois, en faisant la messe face à une nef presque vide. Je me sens vraiment un étranger dans ma propre paroisse», confie le religieux.


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.