Covid-19: Jean Castex place 20 départements en "surveillance renforcée"

Si Jean Castex n'a annoncé aucun confinement national, qu'il «faut tout faire pour retarder», il a décrété le placement en «surveillance renforcée» de 20 départements.(AFP)
Si Jean Castex n'a annoncé aucun confinement national, qu'il «faut tout faire pour retarder», il a décrété le placement en «surveillance renforcée» de 20 départements.(AFP)
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Publié le Vendredi 26 février 2021

Covid-19: Jean Castex place 20 départements en "surveillance renforcée"

  • Le Premier ministre a justifié la décision de ne pas reconfiner depuis janvier, qui «nous a permis de gagner du temps» pour vacciner davantage et préserver l'économie. Mais elle a «une contrepartie: être extrêmement réactif aux premiers signes de reprise»
  • «Le vrai sujet majeur c'est la fermeture des établissements scolaires. C'est la dernière extrémité à laquelle nous ne souhaitons pas parvenir», a-t-il ensuite précisé, en marge de la conférence

PARIS: Alors que les chiffres de l'épidémie remontent et que le variant anglais du Covid atteint désormais la moitié des contaminations, Jean Castex est resté fidèle jeudi aux mesures territorialisées en plaçant 20 départements en «surveillance renforcée».

Lors d'une conférence de presse à 18H00 au côté du ministre de la Santé Olivier Véran, le Premier ministre a adopté un ton grave pour déclarer que «la situation sanitaire de notre pays s'est dégradée».

Il a cité les 30 000 déclarations de cas mercredi, «un chiffre que nous n'avions pas atteint depuis novembre» 2020. La faute notamment au variant anglais du virus, qui représente désormais «à peu près la moitié» des cas positifs.

Si Jean Castex n'a annoncé aucun confinement national, qu'il «faut tout faire pour retarder», il a décrété le placement en «surveillance renforcée» de 20 départements. Ils recouvrent toute l'Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, l'Oise, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou encore l'Eure-et-Loir.

Ces territoires pourront faire l'objet de mesures de confinements locaux à partir du week-end du 6 mars si la situation continuait à se dégrader, après «concertations avec les élus», a ajouté le chef du gouvernement.

Niveau d’incidence autour de 250 cas pour 100 000 habitants, part de variant «supérieure à 50%», pression hospitalière «proche du seuil critique» et «circulation virale qui commence à s’accélérer sérieusement» ont présidé à leur désignation.

«Nous avons fait le choix de la territorialisation», a-t-il résumé. Et «s'il y a lieu au cas par cas de prendre des mesures complémentaires, nous nous adapterons à la réalité».

«La seule chose que j'ai compris, c'est que le mantra présidentiel va être appliqué : il ne faut pas que l'on dise que l'on a confiné le pays», a réagi sur BFMTV Gilbert Deray, chef du service néphrologie à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

«On aurait dû faire comme l'Italie et la Grande-Bretagne, fermer pendant six semaines», a-t-il ajouté. Le député France insoumise François Ruffin a, lui, pesté contre un «pouvoir autoritaire et solitaire» qui n'a «rien à dire».

Le Premier ministre a justifié la décision de ne pas reconfiner depuis janvier, qui «nous a permis de gagner du temps» pour vacciner davantage et préserver l'économie. Mais elle a «une contrepartie: être extrêmement réactif aux premiers signes de reprise» de l'épidémie. 

«Le vrai sujet majeur c'est la fermeture des établissements scolaires. C'est la dernière extrémité à laquelle nous ne souhaitons pas parvenir», a-t-il ensuite précisé, en marge de la conférence. «Sans jurer que cela n'arrivera pas».

Plus généralement, l'évolution de l'épidémie «ne nous permet pas, à ce jour, d'envisager des mesures de relâchement», a-t-il souligné lors de la conférence.

Olivier Véran «enjoint» les soignants à se faire vacciner

Le ministre de la Santé Olivier Véran a «enjoint» jeudi tous les soignants à se faire vacciner massivement contre la Covid-19, soulignant que les réticences de certains professionnels, notamment dans les Ehpad, posaient un «problème» éthique.

Actuellement quelque 10 000 soignants reçoivent chaque jour une injection d'AstraZeneca, «ce n'est pas rien», a fait valoir M. Véran, qui en tant que médecin a lui-même reçu une première dose. 

Cependant, en France comme dans d'autres pays européens, on note «généralement un peu de latence», notamment dans le secteur des Ehpad où «il y a encore un certain nombre d'établissements qui accueillent des personnes âgées, très très fragiles, (et) où les soignants ne veulent pas se faire vacciner», a-t-il déploré.

L'ensemble des soignants peuvent se faire vacciner avec de l'AstraZeneca depuis le 8 février. Auparavant, seuls ceux âgés de plus de 50 ans avait cette possibilité, avec des vaccins Pfizer ou Moderna.

La France autorise un premier traitement par anticorps de synthèse

Nouvel outil contre la Covid-19: un nouveau médicament par anticorps de synthèse vient d'être autorisé en France pour les patients les plus à risque de formes graves, avec l'espoir de leur éviter hospitalisation et passage en réanimation.

 «Quelque 83 centres hospitaliers ont déjà reçu des milliers de ce traitement qui pourront commencer à être administrés avec prudence initialement dans un cadre hospitalier pour des patients âgés de 80 ans et plus, et qui ont des troubles de l'immunité», a dit Olivier Véran.

Selon une note de la Direction générale de la Santé (DGS), il sera aussi à destination des transplantés d'organes comme les greffés du rein, les dialysés, les patients sous chimiothérapies.

Le ministre a aussi évoqué la commande «de dizaines de milliers de doses d'anticorps monoclonaux d'une génération supérieure qui arriveront en France d'ici à la mi-mars».

Outre Eli Lilly, le laboratoire Regeneron (américain également) a lui aussi mis au point un traitement de ce type, ainsi que le sud-coréen Celltrion.

Les traitements par «anticorps monoclonaux» avaient connu une certaine notoriété en octobre, lorsque l'ancien président américain Donald Trump, brièvement hospitalisé pour Covid, avait reçu à titre expérimental celui de Regeneron. L'Agence américaine du médicament les avaient autorisés peu après dans le cadre d'une procédure d'urgence.

 

Mode de fonctionnement

Fabriqués et «clonés» en laboratoire, ces anticorps de synthèse miment l'action des anticorps naturellement produits par le système immunitaire en cas d'infection. Un «anticorps monoclonal» est précisément conçu pour reconnaitre et cibler un agent infectieux.

S'ils sont déjà utilisés depuis une trentaine d'années pour traiter cancers ou maladies inflammatoires, leur principe a été adapté au Sars-CoV-2, virus à l'origine de la Covid-19: ils s'attaquent à la fameuse protéine S, qui forme les petites pointes à la surface du virus, qui lui servent de porte d'entrée dans l'organisme. 

L'anticorps s’agrippe à ces pointes, les empêchant de s'arrimer à la cellule humaine pour l'infecter.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

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  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.