Trump attendu en maître des républicains pour son grand retour public

Le président Donald Trump s'adresse aux partisans de l'Ellipse près de la Maison Blanche à Washington, DC. Les procureurs de New York qui enquêtent sur les finances de l'ancien président Donald Trump ont reçu ses déclarations d'impôts après une bataille juridique de plusieurs mois, a déclaré un porte-parole le 25 février 2021.  (Brendan Smialowski / AFP)
Le président Donald Trump s'adresse aux partisans de l'Ellipse près de la Maison Blanche à Washington, DC. Les procureurs de New York qui enquêtent sur les finances de l'ancien président Donald Trump ont reçu ses déclarations d'impôts après une bataille juridique de plusieurs mois, a déclaré un porte-parole le 25 février 2021. (Brendan Smialowski / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 26 février 2021

Trump attendu en maître des républicains pour son grand retour public

  • Pour son premier discours depuis le 20 janvier, l'ex-président parlera de "l'avenir du parti républicain et du mouvement conservateur"
  • L'ancien président devrait aussi parler d'immigration et "des politiques désastreuses" de son successeur démocrate Joe Biden sur ce dossier

WASHINGTON : C'est reçu en "leader" incontesté par un public conquis d'ultra-conservateurs que Donald Trump prendra dimanche la parole pour la première fois depuis qu'il a quitté la Maison Blanche. Mais depuis l'assaut meurtrier du Capitole, le parti républicain affiche des divisions béantes.     

Parmi les participants du CPAC, la grand-messe des conservateurs américains qui s'ouvre vendredi, et à travers les Etats-Unis, une même question résonne: le milliardaire annoncera-t-il qu'il se présente à nouveau en 2024? 

Sans doute pas directement, ont indiqué les organisateurs, mais le tribun devrait bien flirter ouvertement avec cette idée, dimanche après-midi à Orlando, en Floride. 

Pour son premier discours depuis le 20 janvier, l'ex-président parlera de "l'avenir du parti républicain et du mouvement conservateur", a indiqué à l'AFP son entourage.

L'ancien président devrait aussi parler d'immigration et "des politiques désastreuses" de son successeur démocrate Joe Biden sur ce dossier, selon la même source.

Après quatre ans de mandat Trump, les républicains ont perdu le contrôle du Congrès et de la Maison Blanche. Et c'est un ex-président marqué de la tache infamante d'une mise en accusation ("impeachment") pour incitation à l'insurrection dans l'attaque du Capitole qui prendra la scène.

Pourtant, sa popularité reste immense dans son camp. 

Malgré les critiques cinglantes de certains grands noms du parti, trois quarts des électeurs républicains disaient, à la mi-février, vouloir que le tempétueux républicain continue à jouer "un rôle de premier plan", selon un sondage Quinnipiac. 

"Le président Trump est le leader du parti républicain": a résumé cette semaine l'un de ses grands alliés au Congrès, l'élu de la Chambre des républicains Jim Jordan. 

"Si nous parvenons à nous rassembler derrière le président Trump, nous gagnerons en 2022", lors des prochaines élections parlementaires, a renchéri un autre grand fidèle, le sénateur Lindsey Graham sur Fox News. "Si nous nous disputons, nous perdrons". 

Les divisions sont pourtant déjà là, et s'exposent parfois spectaculairement comme entre les chefs républicains de la Chambre, cette semaine. 

Donald Trump doit-il parler à CPAC? "Oui", a répondu mercredi aux journalistes le dirigeant de la minorité républicaine Kevin McCarthy, sans hésiter.

Derrière lui, Liz Cheney, porte-voix des républicains anti-Trump depuis son vote en faveur de la mise en accusation du milliardaire, a lâché: "Je ne pense pas qu'il devrait jouer un rôle dans l'avenir de notre parti, ou du pays". 

Après un silence pesant, M. McCarthy a mis fin à la conférence dans les rires gênés. Et chacun est parti de son côté. 

"Profondément divisé" 

Dix républicains, sur 211 siégeant à la Chambre, ont voté avec les démocrates l"impeachment" de Donald Trump, accusé d'avoir encouragé ses partisans à prendre d'assaut le Capitole le 6 janvier. 

L'ex-président a finalement été acquitté lors de son procès au Sénat, mi-févier. Fait historique, sept républicains ont néanmoins voté en faveur de sa condamnation. 

Mais même parmi ses plus grands critiques, on reste conscient de sa force électorale. 

A l'image de Mitt Romney. Si l'ex-président se représente en 2024, "je suis assez convaincu qu'il remportera la nomination du parti", a confié mardi le sénateur républicain, au New York Times DealBook DC Policy Project. 

Bête noire de Donald Trump, ce dernier n'a pas été invité au CPAC. Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, qui a déclaré le milliardaire "responsable" de l'attaque du siège du Congrès, non plus. Quant à son ancien vice-président Mike Pence, il a décliné l'invitation. 

"Il y a une déconnexion entre le parti républicain à Washington et la base, toujours fidèle à Trump", explique à l'AFP John Feehery, ancien communicant pour de hauts responsables républicains du Congrès, aujourd'hui lobbyiste.

D'autres républicains pourraient bien entendu se présenter en 2024, comme les sénateurs Josh Hawley, Tom Cotton, la gouverneure du Dakota du Sud Kristi Noem ou l'ex-ambassadrice à l'ONU Nikki Haley. 

"Mais Trump dispose du plus puissant porte-voix et de la plus vaste base de soutien" aujourd'hui, souligne-t-il.

Le "Grand Old Party" est "profondément divisé", renchérit Whit Ayres, consultant républicain et président de la firme North Star Opinion Research.

Mais à moins qu'il ne quitte la politique, Donald Trump dominera encore le parti en 2024, prédit John Pitney Jr, professeur de politique américaine à l'université Claremont McKenna College. 

"Les soutiens du président Trump sont largement plus nombreux que ses critiques au sein du parti", martèle-t-il. 

"Les républicains savent que rompre avec Trump a un coût politique et la plupart ne sont pas prêts à payer ce tribut".


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Short Url
  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.