Incidents meurtriers près de la frontière irano-pakistanaise, HRW demande une enquête

Des Pakistanais évacuent la zone inondée de Dera Allah Yar, une ville du district de Jaffarabad au Balouchistan le 12 septembre 2012. (Banaras Khan/AFP)
Des Pakistanais évacuent la zone inondée de Dera Allah Yar, une ville du district de Jaffarabad au Balouchistan le 12 septembre 2012. (Banaras Khan/AFP)
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Publié le Vendredi 26 février 2021

Incidents meurtriers près de la frontière irano-pakistanaise, HRW demande une enquête

  • A la suite de ces incidents, «les autorités iraniennes devraient de toute urgence mener une enquête transparente et impartiale»
  • L'ONG accuse les autorités iraniennes de recourir «de plus en plus fréquemment" depuis trois ans à "des coupures d'internet à grande échelle pendant les périodes de troubles et de protestations» qui «violent de nombreux droits»

BEYROUTH: Human Rights Watch (HRW) a dénoncé l'usage "excessif" de la force lors d'incidents qui ont fait au moins dix morts dans une région du sud-ouest de l'Iran proche de la frontière pakistanaise, selon l'ONG qui appelle les autorités iraniennes à mener une enquête "transparente et impartiale".

Les violences se sont produites le 22 février dans la province du Sistan-Balouchistan, indique HRW dans un communiqué publié jeudi soir à Beyrouth.

Selon la Campagne des activistes baloutches, un site internet qui rend compte des violations des droits humains dans la région, les Gardiens de la Révolution (armée idéologique de l'Iran) ont bloqué la route que les résidents utilisent pour transporter du carburant au Pakistan dans la zone frontalière d'Eskan, dans la province du Sistan-Baloutchistan, ajoute le communiqué de HRW.

Au moins 10 Baloutches ont été tués et cinq blessés dans des affrontements, selon la même source.

A la suite de ces incidents, "les autorités iraniennes devraient de toute urgence mener une enquête transparente et impartiale", a déclaré Tara Sepehri Far, chercheuse sur l'Iran à HRW.

L'ONG a par ailleurs accusé les autorités iraniennes de recourir "de plus en plus fréquemment" depuis trois ans à "des coupures d'internet à grande échelle pendant les périodes de troubles et de protestations" dans cette région, qui "violent de nombreux droits, notamment le droit à la liberté d'expression".

De son côté, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, opposition en exil) a indiqué qu'à la suite des incidents meurtriers "de nombreux commerces et commerçants à Zahedan, Iranshahr, Khash, Sarbaz et ailleurs (avaient) fermé leurs magasins et (s'étaient) mis en grève pour protester contre le massacre de Saravan", précise le CNRI dans un communiqué qui fait état de plusieurs dizaines de morts.

Selon le vice-gouverneur du Sistan-Balouchistan, Mohammad-Hadi Marashi, des personnes ont attaqué et endommagé mardi le bureau du gouverneur de Saravan, une ville proche de Shamsar, avant de s'enfuir.

Province déshéritée majoritairement sunnite et baloutche, le Sistan-Balouchistan a été déstabilisé de 2005 à 2010 par une rébellion menée par un groupe baloutche sunnite.

Les attentats ou les accrochages entre forces de l'ordre et groupes armés y restent fréquents. Téhéran impute ces violences à des groupes jihadistes ou séparatistes et accuse Islamabad de les soutenir.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.