Cloué à Washington par la pandémie, Blinken invente les «voyages virtuels»

Antony Blinken, Secrétaire d’État des États-Unis. (Photo, AFP/Archives)
Antony Blinken, Secrétaire d’État des États-Unis. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Cloué à Washington par la pandémie, Blinken invente les «voyages virtuels»

  • Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard
  • Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique

WASHINGTON : « Heureux d'être "au" Mexique ! » Sur le papier, le programme a tout d'une visite officielle. Mais sur le papier seulement : cloué à Washington par la pandémie, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, dont la principale mission serait de parcourir le monde, a inventé vendredi le "voyage virtuel".

Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard.

Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique – un signal fort pour démontrer que le gouvernement de Joe Biden tourne la page de la politique migratoire draconienne de Donald Trump et de son "mur" controversé.

« Nous travaillons globalement à faire en sorte d'avoir une frontière sûre, ordonnée, et humaine », a dit le ministre américain, qui a évoqué un processus qui « prendra du temps » pour que les Etats-Unis accueillent à nouveau sur leur sol les demandeurs d'asile. L'ex-président avait obtenu qu'ils restent au Mexique le temps de l'examen de leur dossier.

Antony Blinken a aussi promis de s'attaquer aux « raisons déchirantes qui poussent les gens à risquer leur vie et leur sécurité pour entrer aux Etats-Unis à tout prix ». Mais « la frontière est fermée aux migrations irrégulières », a-t-il lancé, tentant de conjuguer humanité et fermeté.

Et comme lors d'un déplacement normal, une poignée de journalistes ont été invités à « voyager » avec Antony Blinken, assistant au début des entretiens avant d'être évincés de la salle.

Sauf que... ce n'était pas un déplacement normal.

« Protéger » le personnel

Contrairement à son prédécesseur républicain Mike Pompeo, qui a continué de parcourir le monde malgré le coronavirus, le secrétaire d'Etat démocrate, bien que déjà vacciné, a décidé pour l'instant de respecter la règle gouvernementale interdisant tout voyage non « essentiel ».

Seuls de rares émissaires chargés de dossiers brûlants, comme le Yémen, sont autorisés à ce stade à se rendre sur le terrain.

Car un voyage ministériel, ce sont des dizaines de personnes impliquées –  conseillers, agents de sécurité, journalistes... Et l'administration Biden affiche son respect des règles sanitaires, en rupture avec un certain laxisme de l'ère Trump.

D'autant que certains diplomates américains en poste à l'étranger commencent à déplorer la lenteur de la vaccination.

« Afin de protéger notre personnel, dans les ambassades et ici, nous avons décidé de faire cela virtuellement pour ne pas devoir attendre le moment où il sera sûr de voyager », a expliqué à la presse la secrétaire d'Etat adjointe pour les Amériques, Julie Chung.

Elle a vanté un programme « créatif », avec « rencontre » des diplomates américains sur place, « échange » avec des étudiants... "C'est le nouveau monde dans lequel nous vivons, à travers des plateformes virtuelles", a-t-elle justifié.

Ce « nouveau monde » a ses avantages – « pas de décalage horaire », a souri le secrétaire d'Etat –  mais aussi ses inconvénients.

Alors qu'Antony Blinken, depuis les dorures du département d'Etat, drapeaux américain et mexicain derrière lui, conversait par écrans interposés, la retransmission vidéo simultanée était quasiment inaudible pour cause de grésillements fastidieux.

Après le Mexique, le secrétaire d'Etat s'est téléporté au Canada pour « rencontrer » le Premier ministre Justin Trudeau, autre voisin avec lequel le président Biden a lui-même eu mardi son premier « sommet » bilatéral virtuel.

Un format qui « empêche aux diplomates d'avoir des conversations feutrées » parfois plus fructueuses, déplore Brett Bruen. Cet ex-diplomate qui dirige un cabinet de conseil estime que l'administration Biden doit « trouver un équilibre, car renoncer aux contacts face-à-face n'est pas une alternative viable ».

Antony Blinken devrait faire d'autres vrais-faux voyages par visioconférence dans les prochaines semaines. Aucune date n'est encore fixée officiellement pour un premier déplacement en personne.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.