L'ambassadeur birman à l'ONU rompt spectaculairement avec la junte

Des soldats se préparent à bloquer une route devant la Banque centrale du Myanmar à Rangoun, le 15 février 2021. (Photo, AFP)
Des soldats se préparent à bloquer une route devant la Banque centrale du Myanmar à Rangoun, le 15 février 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

L'ambassadeur birman à l'ONU rompt spectaculairement avec la junte

  • Son discours d'une douzaine de minutes a été empreint d'une émotion difficilement dissimulée et ponctué de quelques phrases en birman
  • Son intervention s'est achevée par une salve d'applaudissements dans le grand amphithéâtre de l'Assemblée générale et des félicitations adressées par d'autres intervenants

NATIONS-UNIES, ETATS-UNIS : L'ambassadeur birman à l'ONU, Kyaw Moe Tun, a rompu spectaculairement vendredi à l'Assemblée générale de l'ONU avec la junte militaire, réclamant la fin immédiate du coup d'Etat et achevant son discours en birman avec trois doigts levés, symbole de la protestation dans son pays.

« Nous avons besoin de l'action la plus forte de la communauté internationale pour mettre fin immédiatement au coup d'Etat militaire, à l'oppression du peuple innocent et pour rendre le pouvoir de l'Etat au peuple », a affirmé ce diplomate.

Son discours d'une douzaine de minutes a été empreint d'une émotion difficilement dissimulée, avec des trémolos dans la voix, et ponctué de quelques phrases en birman et du geste de ralliement des manifestants réclamant le retour de la démocratie en Birmanie.

Son intervention s'est achevée par une salve d'applaudissements dans le grand amphithéâtre de l'Assemblée générale et des félicitations adressées par d'autres intervenants, comme par le représentant de l'Union européenne, Olof Skoog. L'ambassadrice britannique à l'ONU, Barbara Woodward, a rendu « hommage au courage » de son homologue birman.

« Je salue la déclaration courageuse » du représentant birman, a aussi affirmé la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, entrée en fonctions jeudi et dont c'était la première participation à une réunion à l'ONU. Sur Twitter, le secrétaire d'Etat Antony Blinken a également relevé « la déclaration courageuse et claire » de l'ambassadeur birman et celles de « ceux en Birmanie qui font entendre leur voix ».

Les cas d'ambassadeurs s'élevant en séance contre leurs autorités sont « très rares » à l'ONU, le dernier cas remontant à dix ans, en 2011, lorsque le représentant libyen s'était opposé au dictateur Mouammar Kadhafi en pleine révolte libyenne.

Kyaw Moe Tun a réclamé que les membres de l'ONU ne reconnaissent pas le régime militaire qui s'est approprié le pouvoir le 1er février, et ne coopérent pas avec lui. « Nous continuerons à nous battre pour un gouvernement qui soit du peuple, par le peuple, pour le peuple », a-t-il promis.

« Cruel et inhumain »

Juste avant sa prise de parole, lors d'une session spéciale des 193 membres de l'Organisation consacrée à la Birmanie à l'initiative notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis, l'émissaire de l'ONU pour ce pays, Christine Schraner Burgener, avait condamné « fermement » la répression exercée par la junte.

Il faut « envoyer collectivement un signal clair en faveur de la démocratie en Birmanie ». « Les actions de l'armée ne sont pas justifiées et nous devons continuer d'appeler au renversement de cette situation inadmissible, en épuisant toutes les voies collectives et bilatérales pour rétablir la Birmanie sur la voie de la réforme démocratique », avait-elle ajouté, en déplorant le refus de la junte de l'autoriser à se rendre dans le pays.

L'ONU a conditionné une telle visite à la possibilité de rencontrer Aung San Suu Kyi, mise au secret depuis le coup d'Etat du 1er février, ce que la junte refuse catégoriquement jusqu'à présent, selon des diplomates.

« Il semble (que les militaires veuillent) continuer à faire des arrestations à grande échelle. (...) C'est cruel et inhumain », et « s'il y a une escalade en termes de brutalité militaire –  et malheureusement nous avons déjà vu cela en Birmanie –  contre les personnes exerçant leurs droits fondamentaux, agissons rapidement et collectivement », a réclamé la responsable de l'ONU.

L'ONU et ses différentes agences comptent en Birmanie environ 2 000 employés, la plupart étant des fonctionnaires de nationalité birmane.

Se démarquant du ton offensif de la plupart des intervenants, l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a réaffirmé la position chinoise selon laquelle « ce qui se passe en Birmanie est par essence une affaire interne ».

Il a toutefois indiqué que la Chine, qui favorise un règlement via l'Asean, « discutait avec les parties concernées en Birmanie pour faciliter une désescalade et un retour à la normale à une date rapprochée ».

« Toutes les parties doivent s'abstenir d'intensifier les tensions, d'aggraver la situation et de recourir à la violence, afin d'éviter un bain de sang », a-t-il aussi demandé.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.