Arménie: le président refuse de limoger le chef de l'armée, la crise s'aggrave

Cette photo prise et publiée le 21 novembre 2020 par le ministère russe des Affaires étrangères montre le président arménien Armen Sarkissian parlant avec le ministre russe des Affaires étrangères lors de leur rencontre à Erevan (Photo, AFP)
Cette photo prise et publiée le 21 novembre 2020 par le ministère russe des Affaires étrangères montre le président arménien Armen Sarkissian parlant avec le ministre russe des Affaires étrangères lors de leur rencontre à Erevan (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Arménie: le président refuse de limoger le chef de l'armée, la crise s'aggrave

  • Cette ex-république soviétique du Caucase est en crise politique depuis que le Premier ministre Nikol Pachinian a accepté l'accord de paix proposé par Moscou
  • Nikol Pachinian a alors dénoncé une tentative de coup d'Etat, ordonné le limogeage du chef de l'armée, Onik Gasparian, et réuni quelque 20 000 de ses partisans dans la capitale Erevan

EREVAN: Le président arménien Armen Sarkissian a refusé samedi de signer l'ordre du Premier ministre limogeant le chef de l'armée, aggravant ainsi un peu plus la crise politique que connaît le pays, où plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté. 

« Le président, dans le cadre des pouvoirs que lui confère la Constitution, a renvoyé le texte (ordonnant le limogeage du chef de l'armée) avec des objections », a expliqué la présidence dans un communiqué. La crise politique »ne peut pas être résolue par des changement fréquents de responsables », a-t-elle ajouté. 

Peu après, le Premier ministre Nikol Pachinian a indiqué sur Facebook qu'il renverrait cet ordre à la présidence, soulignant que sa décision n'avait »pas du tout » désamorcé la crise. 

Cette aggravation de la situation est intervenue alors que plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Erevan pour le troisième jour d'affilée, afin d'obtenir la démission du Premier ministre, critiqué pour la défaite dans la guerre de l'automne 2020 au Nagorny Karabakh. 

L'Arménie est en crise politique depuis que M. Pachinian a accepté en novembre, contraint et forcé, l'accord de paix proposé par Moscou, entérinant ainsi une défaite humiliante face à l'Azerbaïdjan. 

La crise qui couvait depuis lors a connu jeudi un spectaculaire rebondissement avec l'appel de l'état-major à la démission de M. Pachinian. Celui-ci a alors dénoncé une tentative de coup d'Etat, ordonné le limogeage du chef de l'armée, Onik Gasparian, et réuni quelque 20 000 de ses partisans dans la capitale Erevan.  

L'opposition a répondu jeudi et vendredi en rassemblant des milliers de manifestants pour exiger la démission de M. Pachinian.  

Samedi, les manifestants ont à nouveau défilé dans le centre d'Erevan, tandis que de nombreuses personnes les encourageaient à leur fenêtre ou depuis leur balcon. 

A 19H30 (15H30 GMT), le cortège est arrivé devant le Parlement, où certains manifestants ont établi un campement, a constaté un journaliste. Environ 5 000 manifestants s'y étaient rassemblés plus tôt dans la journée, appelant les parlementaires à agir. 

« Pachinian doit partir pour le bien de notre pays, car il est très affaibli aujourd'hui. Personne ne le prend au sérieux », a indiqué Vera Simonyan, une manifestante de 28 ans. 

« Accord humiliant »  

L'ancien Premier ministre Vazgen Manoukian, qui a été cité par l'opposition pour remplacer Nikol Pachinian, a indiqué à la foule qu'il s'attendait à ce que la crise politique soit »résolue d'ici deux à trois jours ». 

« Aujourd'hui, Pachinian n'a pas de soutien. J'appelle les services de sécurité et la police à rejoindre l'armée, à soutenir l'armée », a-t-il ajouté. 

Nikol Pachinian « doit être tenu responsable pour la défaite lors la guerre, pour la signature d'un accord humiliant », a déclaré à l'AFP lors de la manifestation de samedi Arut Zakaryan, un serrurier de 53 ans. 

Le Premier ministre arménien, arrivé au pouvoir en 2018 à la faveur d'une révolution pacifique, est visé par des appels à la démission depuis la défaite dans la guerre pour le contrôle de la région du Nagorny Karabakh, en novembre dernier. 

A l'époque, confrontée au risque d'une débâcle, l'armée avait demandé au chef du gouvernement d'accepter un cessez-le-feu négocié par le président russe Vladimir Poutine et qui impliquait d'importantes pertes territoriales pour Erevan.  

Si l'essentiel de la région séparatiste arménienne du Nagorny Karabakh a survécu, l'Arménie a perdu la ville symbolique de Choucha, ainsi qu'un glacis de territoires azerbaïdjanais entourant la région. En six semaines, la guerre a fait environ 6 000 morts. 

L'armée soutenait jusqu'à présent le Premier ministre mais l'a lâché cette semaine après le limogeage d'un haut-gradé ayant critiqué les déclarations de M. Pachinian selon lesquelles la défaite était en partie due à l'inefficacité d'un système d'armement russe, les lance-missiles Iskander. 

L'état-major arménien a alors réclamé la démission de M. Pachinian, jugeant qu'il n'était « plus en mesure de prendre les décisions qui s'imposent ». 


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.