Un père saoudien défend la cause du don d'organes après qu'un miracle a sauvé la vie de sa fille

Soliman Saidi, dont la fille Salma fête ses 3 ans cette année, fait campagne pour que davantage de Saoudiens s'inscrivent pour devenir donneurs d'organes (Photo Fournie)
Soliman Saidi, dont la fille Salma fête ses 3 ans cette année, fait campagne pour que davantage de Saoudiens s'inscrivent pour devenir donneurs d'organes (Photo Fournie)
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Publié le Samedi 06 mars 2021

Un père saoudien défend la cause du don d'organes après qu'un miracle a sauvé la vie de sa fille

  • «Je me souviens du geste incroyable d’un homme qui a appelé de Tabuk et m’a demandé d’organiser son voyage en avion avec le personnel médical pour qu’il puisse faire don d’une partie de son foie à ma fille»
  • Une fatwa datant de 1982 donne «l'autorisation de prélever un organe ou une partie de celui-ci sur une personne décédée», et l'autorisation à une personne vivante de donner un organe ou une partie de celui-ci

RIYAD: Un père saoudien s'est donné pour mission d'aider les autres à bénéficier de la même chance que sa fille après qu'une greffe du foie lui a sauvé la vie alors qu'elle n'avait que 70 jours. 

Soliman Saidi, dont la fille Salma fête ses 3 ans cette année, fait campagne pour que davantage de Saoudiens s'inscrivent pour devenir donneurs d'organes.  

Cet orateur enthousiaste et ardent défense du don d’organes a raconté à Arab News son combat pour promouvoir le don d’organes après la mort, afin de sauver des vies. Il estime qu’il est urgent de trouver davantage de volontaires dans le Royaume au service de cette cause. «Beaucoup de personnes ont des idées fausses sur le don d’organes», affirme-t-il. «Ils pensent que s’inscrire comme donneur signifie qu’ils devront sacrifier des parties de leur corps dont ils ont besoin pour survivre, mais ce n’est jamais le cas. Certains organes peuvent être transférés alors que le donneur est encore en vie, par exemple un rein ou une partie du foie, –  ce qu’on appelle un don du vivant –, alors que d’autres organes vitaux comme le cœur et les poumons ne sont donnés que post-mortem.»  

En outre, Soliman Saidi Saidi précise que d'un point de vue religieux, rien n'empêche les donateurs potentiels de s'inscrire. 

Une fatwa datant de 1982 édictée par la Commission des hauts ulémas concernant le don et la transplantation d'organes donne «l'autorisation de prélever un organe ou une partie de celui-ci sur une personne décédée», et l'autorisation à une personne vivante de donner un organe ou une partie de celui-ci. 

La principale organisation du Royaume pour les greffes d’organes, le Centre saoudien de transplantation d’organes (Scot), a été fondée en 1984.  Son objectif principal est de mieux faire connaître le don d’organes. Le Scot possède une plate-forme sur laquelle les Saoudiens peuvent s’inscrire pour devenir donneurs. Pourtant, leur nombre reste faible, malgré l’urgence de la situation. Les statiques démontrent que les Saoudiens ne sont pas très informés sur cette question.         

Soliman Saidi est heureux d'avoir toujours sa fille chaque jour de sa vie. (Photo Fournie) 
Soliman Saidi est heureux d'avoir toujours sa fille chaque jour de sa vie (Photo Fournie) 

Une étude de 2019 publiée dans le Saudi Journal of Kidney Diseases and Transplantation a montré que la majorité de la population du Royaume n'avait connaissance d'aucune législation locale ou internationale sur le don d'organes. À peine 12,6% des personnes interrogées étaient informées. La même étude a révélé que le taux de dons d’organes par million d’habitants (PMP) était de 2 à quatre en Arabie saoudite, de loin inférieur au taux de PMP des Etats-Unis, qui est de 26. 

Cependant, SCOT avance toutefois des chiffres encourageants. Selon les chiffres enregistrés entre 1986 et 2016, 13 174 organes ont été transplantés, à partir de donneurs vivants ou décédés, dont 10 569 reins, 2 006 foies, 339 cœurs, 213 poumons et 46 pancréas. 

Si Soliman Saidi a décidé de faire campagne pour le don d’organes à partir de 2018, c’est qu’un organe de donneur a sauvé la vie de sa fille Salma. Quelques mois après sa naissance, de graves problèmes de santé sont ont été détectés chez le nouveau-né. «Deux mois après sa naissance, nous nous sommes rendus compte qu’elle souffrait d’une insuffisance hépatique. Quand nous avons réalisé ce qui se passait, son foie s’était déjà affaibli à 70%», se-souvient-il. 

Il se rappelle du désarroi qu'il a ressenti après avoir appris que Salma avait besoin d'une opération Kasaï, une opération risquée impliquant l'ablation des voies biliaires bloquées et de la vésicule biliaire, ainsi que leur remplacement par une partie de l'intestin grêle. 

Les médecins l'ont informé que l’opération avait 1% de chances de lui sauver la vie, mais il était prêt à prendre le risque. «Elle avait à peine 70 jours», explique-t-il. «Je me souviens avoir pensé: ʺMon Dieu, si elle doit passer sous le bistouri demain, laisse-la vivre. Je veux la voir en mariée un jour, laisse-lui une chanceʺ.» 

FAITS MARQUANTS

  • Une fatwa datant de 1982 édictée par la Commission des hauts ulémas concernant le don et la transplantation d’organes accorde «l’autorisation de prélever un organe ou une partie d’organe sur une personne décédée» et l’autorisation pour une personne vivante de donner un organe ou une partie de celui-ci. 
  • Les personnes souhaitant s'inscrire en Arabie saoudite comme donneurs d'organes après leur décès peuvent le faire sur le site Web du Scot. 

Cependant, l’opération n'était qu'une solution temporaire. Il est vite apparu que Salma avait urgemment besoin d’une greffe de foie.  «Il n'y avait rien que nous puissions faire à ce moment-là, à part nous remettre entre les mains d’Allah. Nous étions complètement désespérés et nous nous sentions tellement impuissants.» 

Miraculeusement, Saidi et sa femme Hajer ont pu organiser le transfert de Salma au King Faisal Specialist Hospital à Riyad. Ils ont pris l'avion de Djeddah pour se rendre dans la capitale, avec l'espoir de trouver un donneur pour leur fille. 

«Trouver un donneur d'organes est un long processus, et les donneurs de foie en particulier sont rares. Cela prend normalement des années», précise Saidi. «Les vacances de l'Aïd al-Adha se poursuivaient, et nous perdions l’espoir de trouver un donneur à temps.» 

Cependant, grâce au travail dévoué du personnel de l'hôpital, Hajer a été identifiée comme une possible donneuse et la famille a été informée qu'elle pouvait commencer les préparatifs presque immédiatement. 

Le père de famille se souvient avec émotion du soutien apporté par les internautes face à sa détresse. Ils sont très nombreux à l’avoir contacté quand il a raconté son histoire sur les réseaux sociaux. «Les gens m'appelaient et me suppliaient littéralement de leur permettre de faire un don», explique-t-il, encore touché par cette générosité. «J’ai en mémoire le geste incroyable d’un homme qui a appelé de Tabuk et m’a demandé d’organiser son voyage en avion avec le personnel médical pour qu’il puisse faire don d’une partie de son foie. Il a spécifiquement demandé que je ne le rencontre pas, afin qu’il puisse rester dans l’anonymat.»  

Cette expérience l'a profondément ému, et quand il est devenu clair que la mère et la fille se rétabliraient complètement, il a décidé de devenir un défenseur de la cause du don d'organes dans le Royaume. 

«J'ai réalisé très rapidement que persuader les personnes de donner une partie d'eux-mêmes après leur mort était très difficile en soi, et que les convaincre de faire un don de leur vivant l’était encore plus. Mais après ma propre expérience, j'étais déterminé à faire tout ce que je pouvais à mettre la lumière sur cette cause.» 

Soliman Saidi est également conseiller d'une organisation à but non lucratif, Awad al-Amal, qui permet aux jeunes patients et à leurs familles de surmonter la maladie et les difficultés, en proposant des programmes de réadaptation et des services de santé bénévoles. Il se dit toujours aussi reconnaissant de pouvoir voir grandir sa fille chaque jour. 

«Je crois que tout arrive pour une certaine raison», confie-t-il à Arab News. «Je pense que cette expérience m'a appris à ne jamais rien prendre pour acquis, elle m’a appris l’humilité, et m'a rappelé que personne n'est intouchable dans cette vie.» 

Les personnes intéressées par s'inscrire comme donneurs d'organes en Arabie saoudite après un décès peuvent s'inscrire auprès du SCOT sur son site Web à l'adresse: 
scot.gov.sa/ar/Register/Index?type=AfterDie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.