Le Gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé va poursuivre Bloomberg en justice

 La semaine dernière, Bloomberg a publié des informations selon lesquelles l'administration Biden envisageait des sanctions contre le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé. Le département d'État américain le nie. (Fichier / AFP)
La semaine dernière, Bloomberg a publié des informations selon lesquelles l'administration Biden envisageait des sanctions contre le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé. Le département d'État américain le nie. (Fichier / AFP)
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Publié le Samedi 06 mars 2021

Le Gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé va poursuivre Bloomberg en justice

  • Bloomberg a publié un article affirmant que les États-Unis envisageaient de sanctionner Riad Salamé, une décision que le département d'État américain nie
  • «Nous avons vu des rapports sur d'éventuelles sanctions contre Riad Salameh. Ils sont faux», a déclaré un porte-parole du département d'État à Arab News

LONDRES: Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, a annoncé vendredi qu'il allait intenter une action en justice contre le média économique Bloomberg après la publication par ce dernier d’un article affirmant que les États-Unis envisageaient de le sanctionner, une décision que le département d'État américain nie.

«Nous avons vu des rapports sur d'éventuelles sanctions contre Riad Salameh. Ils sont faux», a déclaré un porte-parole du département d'État à Arab News.

La semaine dernière, Bloomberg a publié des informations selon lesquelles l'administration Biden envisageait des sanctions contre le gouverneur de la banque centrale, une affirmation que Salemeh et le département d'État américain nient.

Une enquête sur un éventuel blanchiment d'argent et détournement de fonds a été ouverte par les autorités suisses.

Salamé, son frère et son assistante étaient également questionnés sur des transferts de plusieurs millions de dollars hors du pays à un moment où les citoyens libanais subissaient des restrictions drastiques sur leurs retraits de leurs propres comptes bancaires.

La monnaie du pays a atteint 10 000 livres libanaises pour un dollar américain mercredi, une chute sans précédent qui a déclenché une recrudescence des manifestations jusque-là entravées par la pandémie de coronavirus.

Le Liban a été témoin de manifestations à l'échelle nationale en octobre 2019 appelant à la fin de la corruption généralisée et décriant la détérioration des conditions économiques qui ont depuis réduit plus de la moitié de la population à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

La crise économique et financière actuelle du pays a été largement imputée à Salamé en raison de son long mandat à la gouvernance de la banque centrale à laquelle il a accédé en 1993.


Sri Lanka: hausse des taux d'intérêt, la crise va s'amplifier

Des automobilistes font la queue le long d'une rue pour acheter du carburant dans une station-service à Colombo le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
Des automobilistes font la queue le long d'une rue pour acheter du carburant dans une station-service à Colombo le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • La Banque centrale du Sri Lanka a établi ses taux directeurs de dépôt et d'emprunt à respectivement 14,5% et 15,5% dans le sillage de données ayant montré une inflation record de 54,6% en juin
  • La banque centrale s'attend par ailleurs à ce que le pays entre en récession dans le courant de l'année, après une croissance de 3,7% en 2021

COLOMBO: Le Sri Lanka, en proie à une crise économique sans précédent depuis son indépendance, a augmenté jeudi ses taux d'intérêt d'un point de pourcentage - seconde hausse en trois mois - et la Banque centrale a prévenu que l'inflation pourrait atteindre 80%, anticipant une récession difficile.

La Banque centrale du Sri Lanka a établi ses taux directeurs de dépôt et d'emprunt à respectivement 14,5% et 15,5% dans le sillage de données ayant montré une inflation record de 54,6% en juin.

Selon les autorités, cette hausse des taux vise à contenir celle des prix qui s'emballe et qui pourrait atteindre 80% d'ici la fin de l'année, ainsi qu'à réduire la pression sur une économie en lambeaux.

Pénuries alimentaires, en carburants et coupures prolongées d'électricité ont entraîné depuis plusieurs mois d'importantes manifestations anti-gouvernementales, appelant notamment à la démission du président Gotabaya Rajapaksa.

La banque centrale s'attend par ailleurs à ce que le pays entre en récession dans le courant de l'année, après une croissance de 3,7% en 2021 et une contraction du Produit intérieur brut de 3,6% en 2020.

Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a indiqué au Parlement que le PIB pourrait fondre jusqu'à 7% cette année.

Le gouvernement, qui a fait défaut sur le remboursement d'une dette étrangère de 51 milliards de dollars en avril, négocie un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international.

"Des progrès importants ont été effectués en ce qui concerne les négociations avec le FMI", a relevé la banque centrale, précisant que des tractations se déroulaient également avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux pour obtenir des financements intermédiaires.


Le pétrole a fait une incursion sous les 100 dollars, malgré un marché en mal de brut

Un trader le 11 mai 2012 à New York (Photo, AFP).
Un trader le 11 mai 2012 à New York (Photo, AFP).
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  • Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, a baissé de 0,97% s'installant sous les 100 dollars depuis la veille
  • Les deux références du brut avaient connu leur plus forte baisse quotidienne depuis mars

NEW YORK: Les prix du pétrole ont poursuivi leur déclin mercredi après leur chute de la veille, entraînée par les craintes de récession et d'une baisse de la demande, le Brent faisant une incursion sous les 100 dollars le baril, après le WTI américain qui s'y installe.

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a perdu 2,02% pour s'inscrire à 100,69 dollars, après avoir glissé en séance sous la barre symbolique des 100 dollars le baril pour la première fois depuis avril.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, a baissé de 0,97% s'installant sous les 100 dollars depuis la veille, à 98,53 dollars.

Mardi, les deux références du brut avaient connu leur plus forte baisse quotidienne depuis mars, lorsque les cours s'étaient envolés avec l'annonce d'un embargo américain sur le pétrole russe, avant de plonger quelques jours plus tard.

"Les prix du Brent ont enregistré la troisième plus forte baisse absolue depuis que le contrat à terme a commencé à être négocié en 1988", ont affirmé les analystes d'UBS, le Brent ayant dégringolé de 9,45% à la clôture après avoir dévissé de près de 11%.

"Ces déclins sont précipités par les craintes qu'une récession ne détruise davantage la demande, qui diminue déjà à cause des prix hauts", a indiqué Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

"J'ai traversé six crashes des prix du pétrole dans ma carrière dans l'industrie pétrolière, une récession pourrait en provoquer un septième", a ajouté l'analyste qui juge qu'un ralentissement marqué de l'économie "pourrait renverser" le marché de l'or noir "en provoquant un surplus de l'offre et donc une importante baisse des cours".

"Outre le pessimisme croissant concernant l'avenir de l'économie, les prix du pétrole ont également été affectés par la résurgence du dollar", affirmait pour sa part Stephen Brennock, de PVM Energy.

Le Dollar index, qui compare la devise américaine à d'autres grandes monnaies, a atteint mercredi 107,26 points, un plus haut depuis deux décennies.

Or, une appréciation marquée du billet vert pèse sur l'or noir, puisqu'il affaiblit le pouvoir d'achat des investisseurs utilisant d'autres devises.

Pour Fawad Razaqzada, analyste chez City Index interrogé par l'AFP, les prix du brut ont désormais franchi un niveau psychologique important.

Dans un scénario de récession, les analystes de Citi évoquaient même des prix du pétrole qui tomberaient à 65 dollars le baril d'ici à la fin de l'année, puis à 45 dollars en l'absence d'intervention de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+).

Pas de changement fondamental

Les analystes insistent cependant sur le fait qu'aucun changement fondamental n'a bouleversé le marché du pétrole depuis mardi. L'approvisionnement en or noir reste scruté, des perturbations de la production ayant lieu dans certains pays producteurs.

Pour Stephen Brennock, après le "bain de sang" de la veille, les prix du pétrole devraient même rebondir, les fondamentaux du marché n'ayant pas changé.

"D'une part, une récession pourrait facilement réduire la demande de pétrole. D'autre part, l'offre reste serrée", résume Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Le géant norvégien Equinor a cependant annoncé mercredi la reprise de la production dans trois gisements de pétrole et de gaz, après l'intervention d'Oslo pour mettre fin à une grève qui menaçait les exportations de la Norvège.

L'incertitude se cristallise autour de la capacité de l'Opep+ à produire plus de brut.

L'alliance a réitéré ses "préoccupations concernant les problèmes de capacité dus à des années de sous-investissement et l'impact des interdictions d'importation de la Russie", souligne Susannah Streeter de Hargreaves Lansdown.

"La capacité de réserve de l'Opep (...) s'est amincie pour atteindre son niveau le plus bas depuis des années", avance Stephen Brennock.


Les chefs du MI5 et du FBI mettent en garde contre l'espionnage commercial chinois

Le directeur du FBI Christopher A. Wray à Washington (Photo, AFP).
Le directeur du FBI Christopher A. Wray à Washington (Photo, AFP).
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  • Les chefs du FBI américain et du MI5 britannique ont averti qu'une invasion chinoise de Taïwan perturberait massivement le commerce international
  • Ils ont appelé le monde des affaires à rester vigilant et à signaler d'éventuelles menaces

LONDRES: Les chefs du FBI américain et du MI5 britannique ont mis en garde mercredi contre une poussée de l'espionnage commercial chinois en Occident, lors d'une rare prise de parole commune au siège du renseignement britannique à Londres.

Devant un parterre de responsables et de cadres du monde des affaires à Thames House, le directeur général du MI5 Ken McCallum et le directeur de la police fédérale américaine Chris Wray ont affirmé que la menace des espions chinois ne cessait de grandir.

D'après M. McCallum, le MI5 --service de renseignement intérieur du Royaume-Uni-- a pris soin d'étoffer ses opérations en lien avec la Chine.

"Aujourd'hui, nous menons sept fois plus d'enquêtes qu'en 2018", a-t-il dit. "Nous prévoyons de nous développer à nouveau d'autant, tout en maintenant un effort important contre les menaces secrètes russes et iraniennes".

Selon lui, les services de renseignement chinois adoptent une approche lente et patiente pour développer des sources et accéder aux informations, et peu de personnes ciblées se reconnaissent comme telles.

"Des activités hostiles se déroulent actuellement sur le sol britannique", a-t-il affirmé.

"En termes de volume, la majeure partie de ce qui est menacé par l'agression du Parti communiste chinois, ce n'est pas, pour ainsi dire, les choses dont je m'occupe. C'est ce dont vous vous occupez --l'expertise, la technologie, la recherche et l'avantage commercial de pointe, développés et détenus par les personnes dans cette salle, et d'autres comme vous", a-t-il ajouté.

M. Wray a lui déclaré que la menace chinoise était un "danger complexe, durable et omniprésent" pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni ainsi que pour d'autres alliés.

La Chine est "déterminée à voler votre technologie (...) et à l'utiliser pour saper vos activités et dominer votre marché", a-t-il dit.

Les deux hommes ont également averti qu'une invasion chinoise de Taïwan perturberait massivement le commerce et l'industrie mondiaux.

Ils ont appelé le monde des affaires à rester vigilant et à signaler d'éventuelles menaces.

"Le Parti communiste chinois s'intéresse à nos systèmes démocratique, médiatique et juridique. Pas pour les imiter, malheureusement, mais pour les utiliser à son profit", a déclaré M. McCallum.

Pékin, par la voix de son ambassade à Londres, a rejeté ces accusations, les estimant "dépourvues de fondement".

"Les prétendues affaires qu'ils ont évoquées ne sont que des rideaux de fumée", a indiqué un porte-parole de l'ambassade de Chine au Royaume-Uni dans un communiqué publié sur le site internet de la représentation diplomatique.

"Ils propagent toutes sortes de mensonges au sujet de la Chine pour salir le système politique chinois, pour doper le sentiment anti-chinois et son exclusion, et pour détourner l'attention du public afin de camoufler leurs propres actions infâmes", a-t-il lancé.