La BCE sur le qui-vive face à la remontée des taux obligataires

Le quartier-général de la Banque centrale européenne, à Francfort (Photo, AFP).
Le quartier-général de la Banque centrale européenne, à Francfort (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 08 mars 2021

La BCE sur le qui-vive face à la remontée des taux obligataires

  • Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l'institution monétaire a musclé sa réponse pour venir en aide à l'économie
  • La montée des taux obligataires à dix ans aux Etats-Unis attise la crainte d'une surchauffe de l'inflation qui inciterait les banques centrales à resserrer leur politique

FRANCFORT: La Banque centrale européenne devrait mettre l'accent, jeudi, sur son soutien sans faille à la relance monétaire alors que les récentes tensions sur les taux obligataires et les craintes d'un retour de l'inflation ont alimenté les doutes.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l'institution monétaire a musclé sa réponse pour venir en aide à l'économie et les instruments en place seront, selon toute attente, confirmés lors de sa deuxième réunion de l'année.

Mais un nouveau front s'est ouvert pour les gardiens de l'euro : une montée des taux obligataires à dix ans aux Etats-Unis qui reflète l'espoir d'un redémarrage économique mais aussi la crainte d'une surchauffe de l'inflation qui inciterait les banques centrales à resserrer leur politique.

D'où la nécessité pour la BCE de réaffirmer clairement le cap.

« La politique monétaire, c'est comme la cuisine ou la musique électronique : une bonne recette, une bonne chanson, nécessitent les bons ingrédients dans la bonne proportion », relève Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Depuis un an, la recette de l'institution de Francfort s'appuie sur le programme de rachats de dette de son programme d'urgence contre la pandémie (PEPP), fort de 1 850 milliards d'euros, les vagues de prêts géants et bon marché aux banques et la communication sur ses intentions de maintenir les taux directeurs à leur plus bas historique.

Enveloppe disponible

Face aux remous provoqués par les récentes tensions sur les taux obligataires, la BCE a fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de rester les bras croisés.

Un membre de son directoire, l'Italien Fabio Panetta, a prôné cette semaine une intervention monétaire plus forte en établissant même un parallèle avec un tube de l'ex-duo électro Daft Punk : « Harder, better, faster, stronger » (plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort).

Concrètement, la BCE pourrait décider jeudi d'augmenter temporairement le rythme hebdomadaire des achats du PEPP, d'autant plus que moins de la moitié de l'enveloppe a été engagée à ce jour.

Même s'ils restent à des niveaux très bas, les taux d'intérêt obligataires en zone euro se sont tendus. Depuis le début de l’année, le rendement de l'emprunt à 10 ans a notamment pris 0,31% en Allemagne, 0,32% en France et 0,24% en Italie, relève Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, aura à cœur jeudi de « convaincre les acteurs de marché que la BCE est fermement engagée à maintenir des conditions de financement favorables » pour le secteur privé, estime la banque Unicredit.

Elle pourrait à cet égard préciser dans quelle mesure les indicateurs mesurant ces « conditions financières » englobent les rendements obligataires et les taux de crédit bancaire, dont la surveillance n'entre pas officiellement dans le mandat de la BCE.

Limiter la montée des rendements obligataires est un impératif pour la BCE car ces derniers « servent souvent de base pour déterminer les taux des banques sur leurs prêts au secteur privé », dont les conditions pourraient à leur tour se détériorer, explique Dor.

Prévisions révisées ?

Un scénario que la BCE veut à tout prix éviter pour ne pas voir le crédit et l'investissement freiner. Cela compromettrait la perspective d'une reprise graduée de l'économie et d'une hausse des prix convergeant vers l'objectif « proche de 2% », fixé par la BCE.

La BCE publiera jeudi un nouveau jeu de prévisions trimestrielles servant traditionnellement de base pour son action. 

Actuellement de 1,0%, la prévision d'inflation pour 2021 devrait être relevée, selon les analystes de Capital economics, après le rebond observé depuis janvier en zone euro. Les experts s'accordent cependant pour y voir un phénomène transitoire, lié à des facteurs comme le relèvement de la TVA en Allemagne.

Quant à la dernière prévision de croissance formulée en décembre par la banque (3,9% pour 2021) elle a du plomb dans l'aile, alors que la pandémie poursuit ses ravages et que la campagne de vaccination avance à petite vitesse.

De quoi susciter un nouvel appel de Lagarde aux gouvernements pour qu'ils ne retirent pas de sitôt leurs généreux soutiens budgétaires aux économies.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.