PARIS: La France a déployé temporairement deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la Marine nationale en Méditerranée orientale sur fond de tensions entre la Grèce et la Turquie autour de l'exploitation gazière, a annoncé jeudi le ministère français des Armées.
Les deux Rafale vont faire "étape" jeudi à La Sude, en Crète, a indiqué le ministère dans un communiqué. Ils y sont attendus dans la matinée et y resteront "quelques jours", a-t-on précisé. Ils avaient été précédemment déployés à Chypre de lundi à mercredi pour un exercice.
Le porte-hélicoptères Tonnerre, qui est en route vers Beyrouth pour y apporter de l'aide après l'explosion meurtrière du 4 août, a par ailleurs été rejoint dans la nuit de mercredi à jeudi en Méditerranée par la frégate La Fayette qui avait appareillé de Larnaca (Chypre) et a réalisé un exercice avec la Marine grecque.
"Cette présence militaire a pour but de renforcer l'appréciation autonome de la situation et d’affirmer l'attachement de la France à la libre circulation, à la sécurité de la navigation maritime en Méditerranée et au respect du droit international", a souligné le ministère des Armées.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir une renforcement temporaire de la présence militaire française sur zone et appelé la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l'Otan, à se concerter davantage pour apaiser les tensions.
Le 23 juillet, le chef de l'Etat avait vivement critiqué la "violation" des souverainetés grecque et chypriote par la Turquie concernant l'exploration des ressources gazières en mer. Fin juin, il avait également accusé la Turquie d'avoir "une responsabilité historique et criminelle" dans le conflit libyen.
La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit des pays riverains et renforcé les tensions entre la Turquie et la Grèce, aux relations régulièrement ponctuées de crises.
La situation s'est détériorée lundi après le déploiement par Ankara d'un navire de recherche sismique, escorté par des bâtiments militaires, dans le sud-est de la mer Égée, une zone de la Méditerranée disputée et riche en gisements gaziers. La marine grecque est également présente dans la zone pour "surveiller" les activités turques, selon Athènes.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a assuré mercredi que la Grèce ne chercherait pas à aggraver la tension, tout en prévenant "qu'aucune provocation ne resterait sans réponse".
"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.
"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.
"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.
Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".
"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".










