Loi climat: l'aérien inquiet pour son développement à long terme

Des militants de Greenpeace peignent un avion de la compagnie de vert pour appeler à une réduction du trafic aérien, cause de pollution (Photo, AFP).
Des militants de Greenpeace peignent un avion de la compagnie de vert pour appeler à une réduction du trafic aérien, cause de pollution (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 09 mars 2021

Loi climat: l'aérien inquiet pour son développement à long terme

  • Le projet de loi climat risque selon les responsables du secteur aérien de le fragiliser davantage en limitant son développement
  • Une mesure emblématique du texte réside dans l'interdiction des trajets aériens quand il existe une alternative en train par une liaison directe régulière en moins de 2h30

PARIS: Adieu les liaisons entre Orly et Nantes, Lyon ou Bordeaux : le secteur aérien français, déjà affaibli par la crise du Covid-19, s'inquiète du projet de loi climat qui risque selon ses responsables de le fragiliser davantage en limitant son développement.

Une mesure emblématique du texte réside dans l'interdiction des trajets aériens quand il existe une alternative en train par une liaison directe régulière en moins de 2h30, avec des exceptions pour les vols en correspondance.

Ce sera la fin des Orly-Nantes, Orly-Lyon et Orly-Bordeaux, qui représentaient en 2019 quelque 4% des voyages aériens intérieurs hors DOM-TOM et Corse, soit 1,1 million de passagers, remarque Archery Consulting.

Selon ce cabinet spécialisé, « cette portée réduite n'est pas une surprise, dans la mesure où la part de marché relative du TGV domine largement celle de l'avion dès lors qu'il est compétitif en temps ».

La nouvelle ligne ferroviaire Paris-Bordeaux inaugurée en 2017 a ainsi capté de nombreux clients de l'avion, même s'ils étaient encore plus de 560 000 en 2019. 

L'aéroport de Bordeaux-Mérignac estime que la fin de la liaison lui fera perdre 16% de chiffre d'affaires, et des élus locaux ont dénoncé un « nouveau coup » porté à l'économie de la région.

« Tout ce projet a été monté sans qu'il y ait aucune étude d'impact environnemental, et aucune d'impact économique », regrette Thomas Juin, président de l'Union des aéroports français (UAF), qualifiant le texte de « régression pour la mobilité des citoyens ».

Fermer des lignes est « une mauvaise chose pour les compagnies comme pour les villes concernées. Et ce, pour un bilan environnemental contestable », a affirmé pour sa part le directeur général de l'Association du transport aérien international (Iata), Alexandre de Juniac, mardi aux Echos.

« Il y a des TGV assez directs et fréquents, et les correspondances vers des horizons plus lointains sont préservées par les liaisons avec Roissy », tempère Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports.

Nouveaux engagements des compagnies ?

Le texte entérine l'existant, puisque le gouvernement avait contraint Air France à renoncer à ces liaisons en contrepartie d'un soutien financier en mai 2020, et interdira aux concurrents de s'engouffrer dans la brèche.

Il prévoit également une compensation carbone graduelle des vols intérieurs -- Air France l'applique déjà -- et l'interdiction de l'agrandissement des installations aéroportuaires par expropriation si elles entraînent une hausse des émissions.

Certes, le secteur ne représente que 2,5% des émissions de CO2 au niveau mondial, selon « The Shift Project ». Mais ce groupe de réflexion, qui préconise « une économie libérée de la contrainte carbone », veut comparer cette empreinte « au nombre de voyageurs uniques »: 1% de la population mondiale était responsable de 50% des émissions du secteur aérien en 2018.

Dans un secteur qui devra sans doute attendre 2024 pour revenir aux niveaux de trafic de 2019, la question de l'extension des aéroports a suscité des réactions moins vives. 

Juin, de l'UAF, se dit néanmoins « inquiet » : « si on s'interdit une évolution des capacités aéroportuaires (...) on fait le choix de nuire à l'attractivité française dans les décennies qui viennent ». Il préconise une solution négociée « à l'échelle européenne » face aux émissions.

Un avis partagé par Georges Daher, délégué général de la Fédération nationale de l'aviation marchande, qui remarque que l'aérien représente « 550 000 à 570 000 emplois directs et indirects » dont une partie pourrait « quitter la France si on devait mettre des contraintes encore plus importantes ».

Le renoncement au controversé Terminal 4 de Roissy est emblématique de ce débat, mais de Juniac a prévenu qu' « avant la crise, on allait vers une saturation des grands aéroports en Europe (...) Il aurait été préférable d'attendre que le trafic aérien revienne, avant de statuer sur la nécessité ou non de développer l'aéroport ». 

Il a néanmoins pris acte de l'intensification du débat et indiqué que les compagnies aériennes réfléchissaient « au moyen d'augmenter (leurs) engagements, en matière de réduction des émissions de CO2 ». « Ce sera probablement annoncé à la prochaine assemblée générale de l'Iata » début juin, a-t-il dit aux Echos.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.