Au Moyen-Orient, la passion millénaire pour les pigeons perdure

Un homme libère un pigeon dans la ville de Gizeh, le 21 février 2021. Khaled DESOUKI / AFP
Un homme libère un pigeon dans la ville de Gizeh, le 21 février 2021. Khaled DESOUKI / AFP
Short Url
Publié le Mercredi 10 mars 2021

Au Moyen-Orient, la passion millénaire pour les pigeons perdure

  • Dans une région perturbée par les conflits et la pandémie de Covid-19, la colombophilie reste populaire
  • La colombophilie est attestée "depuis l'époque pharaonique" en Egypte, avec "des pigeons sculptés sur les murs des temples"

LE CAIRE : Du sommet de son pigeonnier en bois avec vue imprenable sur les pyramides de Guizeh, Abdel Rahmane Gamal fait tournoyer, au rythme de ses sifflements, une vingtaine de pigeons dans les airs, sous la lumière chaude du crépuscule égyptien.

Elever des pigeons est "un bon passe-temps (...) quand on est à la maison et qui empêche de faire des bêtises", assure le jeune trentenaire qui a découvert ce loisir quand il avait six ans grâce à son grand-père et à son oncle.

Désormais, avec son frère Omar, 28 ans, il dresse une quarantaine d'oiseaux sur le toit familial, dans le quartier populaire de Nazlet al-Seman, au pied du plateau de Guizeh, près du Caire.

pigeons
Des pigeons volent au-dessus d'un toit de la ville de Gizeh, près de la capitale égyptienne, le 21 février 2021. Khaled DESOUKI / AFP

 

La colombophilie est attestée "depuis l'époque pharaonique" en Egypte, avec "des pigeons sculptés sur les murs des temples", raconte Ahmed Khalifa, président de l'Union égyptienne du pigeon voyageur. 

Cette tradition essentiellement masculine s'est implantée ailleurs en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où des pigeons sont élevés pour des courses, des jeux ou... dans un but culinaire.

Lucratif

Et, dans une région perturbée par les conflits et la pandémie de Covid-19, la colombophilie reste populaire.

En Syrie, si dix années de guerre et la crise économique ont contraint beaucoup d'éleveurs à vendre leurs oiseaux, la discipline persiste dans les camps de déplacés d'Idleb (nord-est), où des marchés sont organisés, selon un correspondant de l'AFP. 

De même, des courses de pigeons ont continué de se tenir au Yémen, malgré le conflit qui ravage ce pays depuis 2014.

De leur côté, les "matyarchis" (éleveurs) irakiens, longtemps considérés comme immoraux et peu fiables, ont été réhabilités aux yeux de la société ces dernières années, leur passe-temps devenant même coté. 

pigeon
Un Irakien se tient à côté d'un pigeonnier construit sur son toit dans la ville portuaire de Bassorah, au sud de l'Irak, le 4 mars 2021.
Hussein FALEH / AFP

 

Dans cette région du globe, les pigeons de course, dont les plus rapides atteignent environ 100 km/h, se vendent entre quelques dizaines et des milliers de dollars, une vente irakienne ayant culminé à 180.000 dollars (150.000 euros) il y a quelques années.

En Egypte, des centaines voire des milliers de volatiles participent à de telles courses. L'Union nationale en organise deux par an, du Caire jusqu'à Salloum (nord-ouest, 600 km) et à Assouan (sud, 700 km).

Mais les concours les plus courus sont les "derbys" informels avec des prix pouvant atteindre 2,5 millions de livres égyptiennes (quelque 130.000 euros), explique M. Khalifa. 

Au Maroc, les courses, qui restent l'apanage de cercles d'initiés, ont en revanche connu un temps mort avec la pandémie.

Mais "on espère se rattraper cette année, (et) plusieurs courses ont déjà eu lieu", explique Salah Eddine Khannouss, vice-président de la Fédération de colombophilie du Grand Casablanca.

"Guerres des pigeons"

Les pigeons font aussi l'objet de joutes en Egypte, en particulier dans les zones défavorisées, où beaucoup d'immeubles grisâtres sont surmontés de colombiers aux couleurs vives ("gheya" en égyptien).

Les lâchers quotidiens s'accompagnent de jeux: les éleveurs font voler leurs pigeons en espérant ramener des oiseaux dans leur pigeonnier.

"Si un pigeon étranger se pose chez moi, il m'appartient", explique Abdel Rahmane. 

L'adversaire tente alors de récupérer l'oiseau lors des prochains jeux ou paie une rançon, précise le trentenaire qui a doté ses animaux de "bagues" indiquant leurs dates de naissance et ses coordonnées.

Loin des sommets atteints par leurs homologues de course, les prix de ces pigeons sont toutefois fixés selon des critères similaires (race, couleur du plumage ou endurance), assure M. Gamal, qui a déboursé entre 20 et 1.000 livres égyptiennes (1 à 50 euros) par volatile.

pigeon
Omar Gamal, 28 ans, s'occupe de ses pigeons à Gizeh, le 21 février 2021. Khaled DESOUKI / AFP

 

Ces "guerres des pigeons" agitent aussi le ciel au coucher du soleil au Liban, où la capitale s'enorgueillit de son rocher "Raouché" (la "Grotte aux pigeons"), attraction emblématique célébrant les oiseaux.

Mets recherché

Parallèlement, le pigeon est aussi apprécié pour sa viande. Des recettes ancestrales existent du Maroc au Golfe, en passant par l'Egypte où le "hamâm mahchi" --pigeonneau farci au riz ou au blé concassé-- est un mets recherché, notamment pour ses vertus aphrodisiaques supposées.

"Les Egyptiens ont une croyance ancienne dans le fait que le pigeon donne de la vigueur à l'époux lors de la nuit de noces", raconte Khaled Ali, gérant du restaurant Farahat, dans un quartier à l'ouest du Caire.

L'enseigne peut servir des centaines de pigeons par jour, notamment à des jeunes mariés, selon le restaurateur. Mais à 70 livres la pièce, il reste cher "pour ceux qui n'ont pas les moyens".

En visite au Caire, le Jordanien Bachar Malkaoui s'est régalé. "Si on veut embrasser Le Caire de la meilleure des façons, il faut manger du pigeon farci", affirme cet étudiant en médecine.

Au contraire, Omar Gamal considère cette pratique sacrilège, bien que la volaille utilisée en cuisine provienne d'un élevage destiné à la consommation.

"Quelqu'un qui aime les pigeons ne peut pas en apprécier le goût."


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Short Url
  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Short Url
  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.


France: entre nécessité et impuissance, des auteurs libanais au défi de raconter la guerre

L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore.  "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore. "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
Short Url
  • "Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique"
  • En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années"

RENNES: Entre une vie quotidienne en apparence normale à Beyrouth et le bourdonnement des drones, des auteurs libanais, mis à l'honneur au festival français Etonnants voyageurs, racontent leur difficulté à écrire, tiraillés entre le besoin de témoigner et l'impuissance face à une guerre insaisissable.

"Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique de décisions déjà prises".

En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années", tempère l'autrice à l'AFP.

Comme elle, d'autres auteurs peinent à mettre en récit l'"imprévisible" conflit qui oppose aujourd'hui Israël au Hezbollah libanais.

Si l'illustratrice Michèle Standjofski revendique une démarche  consistant à " raconter ce que l'on voit et ce que l'on vit " dans sa BD "Et toi, comment ça va ?", qui met en dessin ses correspondances avec le dessinateur Charles Berberian, l'écrivain Charif Majdalani cherche à en saisir les banalités du quotidien  que l'actualité ignore.

"Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier.

"Car de cette guerre-là, poursuit-il, personne n'en sait absolument rien, ni ce qui se trame, ni ce qu'il y a dessous, ni ce qu'il y a derrière..., on n'en sait rien, ce n'est donc pas la peine de gloser sans arrêt".

Prendre du recul 

Ecrire ou dessiner devient également une manière de prendre du recul face à une réalité écrasante. Michèle Standjofski voit dans le dessin un processus lent et apaisant, qui permet à la fois d'exprimer la colère et de retrouver une forme de calme.

"C'est ce qui manque malheureusement aujourd'hui quand on parle de ce qui se passe dans cette région du monde", déplore-t-elle.

" Pour l'instant, ce n'est pas possible de poser des mots" sur ce qui se passe , estime Hala Moughanie, qui dit observer et "absorber " la situation - "mais je sais que cela va m'amener à écrire".

Au Liban, cette difficulté à dire s'inscrit aussi dans une histoire plus longue . "On n'est pratiquement jamais sortis de la guerre ", rappelle Michèle Standjofski, évoquant la succession de conflits et de crises qui ont jalonné l'histoire du pays et nourrissent un sentiment permanent d'instabilité.

Face à cette complexité, les auteurs interrogés par l'AFP revendiquent avant tout une posture modeste. "Si vous avez compris quelque chose au Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué ", résume Mme Standjofski, consciente des limites de toute tentative de synthèse.

Une difficulté d'autant plus grande que la guerre se mêle au quotidien  puisque dans la capitale Beyrouth, raconte Charif Majdalani, si la vie est "actuellement tout à fait normale", l'auteur explique être sous le bourdonnement permanent de drones au-dessus des têtes.

Dans ce contexte, et sans prétendre dire la vérité d'un pays fragmenté, Michèle Standjofski s'attache à témoigner " à [sa] petite hauteur ", avec son regard et sa sensibilité, ce qu'il se passe dans son pays.

Une approche que partage Hala Moughanie, qui cherche à englober " autant que possible toutes les nuances " d'un Liban éclaté, composé d'une multitude de réalités sociales et de communautés, sans le réduire à un récit unique.