France: près de 4 000 malades en réanimation, nouveau conseil de défense

Le président français, Emmanuel Macron, assiste à un conseil de défense avec le Premier ministre français, Jean Castex (à g.), et le ministre français de la Santé Olivier Veran (à d.), au palais de l'Élysée, à Paris, le 12 novembre 2020. (Thibault Camus / POOL / AFP)
Le président français, Emmanuel Macron, assiste à un conseil de défense avec le Premier ministre français, Jean Castex (à g.), et le ministre français de la Santé Olivier Veran (à d.), au palais de l'Élysée, à Paris, le 12 novembre 2020. (Thibault Camus / POOL / AFP)
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Publié le Mercredi 10 mars 2021

France: près de 4 000 malades en réanimation, nouveau conseil de défense

  • Après sept semaines de couvre-feu à 18h sur tout le territoire métropolitain l'exécutif veut tout faire pour éviter les confinements stricts
  • En France métropolitaine, les confinements le week-end concernent toujours l'agglomération de Dunkerque et le département du Pas-de-Calais

PARIS : Près de 4 000 malades de la Covid-19 accueillis en réanimation et des hôpitaux saturés dans plusieurs régions: la crise sanitaire, au centre d'un conseil de défense mercredi matin à l'Élysée, est loin d'être terminée malgré la protection promise par la campagne de vaccination.

Un nouveau confinement semble néanmoins écarté en Île-de-France, région la plus peuplée du pays (12 millions d'habitants), où le nombre de patients accueillis dans un service de réanimation s'est envolé ces derniers jours, dépassant mardi la barre du millier de malades (1 018) pour "moins de 1 050" lits disponibles selon l'Agence régionale de santé (ARS).

Pour faire face à cet afflux, l'ARS a donné l'"ordre ferme" aux hôpitaux et aux cliniques de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales afin d'augmenter les capacités d'accueil, avec un objectif de 1.577 lits de réanimation, réservés aux cas les plus graves.

Après sept semaines de couvre-feu à 18h sur tout le territoire métropolitain et plus de quatre mois de fermeture pour les restaurants, bars, les lieux culturels et les salles de sport privées notamment, l'exécutif veut tout faire pour éviter les confinements stricts, qui sont en vigueur dans plusieurs territoires outre-mer (Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna).

"Dernier recours"

Le gouvernement avait déjà repoussé fin janvier cette solution au niveau national, alors qu'elle était réclamée par le conseil scientifique. 

"Pas d'actualité" en Ile-de-France, a encore repoussé mardi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, pour qui "cette mesure de dernier recours serait proposée" si "nous étions en face d'un risque majeur de ne pouvoir accueillir les malades graves à l'hôpital".

"Nous sommes à saturation, ça continue de monter et on est en train de dispatcher des malades un peu partout, comme on peut. On annule des opérations, on annule des prises en charge d'autres malades, voilà les conséquences de l'absence de décision", a regretté Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive et réanimation à l'hôpital Avicenne (Bobigny), interrogé par l'AFP.

En France métropolitaine, les confinements le week-end concernent toujours l'agglomération de Dunkerque - où la préfecture du Nord a annoncé mardi leur prolongation - et le département du Pas-de-Calais, où il sont prévus jusqu'à la fin mars. Le gouvernement doit aussi décider si cette restriction sera reconduite pour Nice et le littoral des Alpes-Maritimes.

La cadence de la campagne de vaccination, tributaire des approvisionnements limités, ne permet pas à ce stade d'envisager un soulagement dans les hôpitaux, surtout dans les territoires où le variant anglais du coronavirus s'est répandu à grande vitesse, comme à Dunkerque ou en région parisienne.

A l'hôpital de Dunkerque, où tous les lits de réanimation sont occupés, plus de 90 patients ont dû être transférés en un mois vers d'autres établissements, dont cinq en dehors de la région Hauts-de-France.

Baisse des morts en Ehpad 

Sur toute la France, 3.918 malades étaient soignés mardi dans un service de réanimation, un niveau loin des pics de la première (7.000 au printemps) et de la deuxième vague (4.900 à l'automne), mais le rythme s'est nettement accéléré depuis fin février, où le nombre de patients se situait autour de 3.500.

299 nouveaux morts du Covid-19 ont été comptabilisés mardi dans les hôpitaux, portant le bilan total à 89.327 décès depuis le début de l'épidémie, il y a un an. En revanche, le nombre des morts dans les Ehpad, qui est diffusé deux fois par semaine par les autorités sanitaires, est passé mardi sous la barre des 100, avec 70 décès comptabilisés, au plus bas depuis la mi-octobre.

Dans ces établissements, le taux de couverture avec une dose de vaccin atteint 85% des résidents, et désormais 63% avec deux doses.

Au total, 4,1 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 2 millions ont été vaccinées avec deux doses, depuis le début de la campagne, qui concerne pour l'instant les Ehpad, les plus de 75 ans en ville, les 50-74 ans les plus fragiles et les soignants.

Le gouvernement promet au moins 10 millions de premières injections d'ici mi-avril.

Dans ce contexte, le mouvement d'"occupation" des théâtres pour réclamer la réouverture des lieux culturels commence à prendre de l'ampleur, avec une mobilisation dans trois théâtres nationaux mardi.


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.