Le plan Biden devra rayonner bien au-delà des frontières américaines

Joe Biden, le président américain. (Photo, AFP)
Joe Biden, le président américain. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 12 mars 2021

Le plan Biden devra rayonner bien au-delà des frontières américaines

  • Avec une injection de 1.900 milliards de dollars, le plan de sauvetage américain va avoir « des retombées positives sur le reste de l'économie mondiale »
  • « La plupart des pays devraient bénéficier d'une demande américaine plus forte tant pour les produits de base que pour les importations de biens et services »

WASHINGTON : Le plan de relance de l'économie américaine va rayonner bien au-delà des frontières des Etats-Unis mais le risque d'inflation et d'un resserrement brutal des taux d'intérêt ne sont pas exclus.

Avec une injection de 1.900 milliards de dollars, le plan de sauvetage américain, dont le texte de loi a été signé jeudi par Joe Biden depuis le Bureau ovale, va avoir « des retombées positives sur le reste de l'économie mondiale », a souligné Gerry Rice, le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) lors d'une conférence de presse.

« La plupart des pays devraient bénéficier d'une demande américaine plus forte tant pour les produits de base que pour les importations de biens et services », a-t-il détaillé, ajoutant que « cela contribuera ainsi à la croissance et à la reprise mondiales »

Par conséquent, l'institution de Washington devrait publier le 6 avril prochain des prévisions de croissance mondiale révisées en hausse.

En janvier dernier, il projetait déjà une croissance mondiale plus soutenue, à 5,5%, à la faveur de l'accélération de la vaccination et des plans d'aide massifs des gouvernements.

S'agissant de la seule économie américaine, il tablait alors sur 5,1%.

Si les Etats-Unis vont jouer le rôle de locomotive mondiale cette année --peut-être même devant la Chine –, « nous devons être attentifs aux risques et les pays doivent bien entendu être vigilants (...) à tout risque éventuel, y compris un éventuel resserrement financier », a cependant averti le porte-parole du Fonds. 

Pays émergents

Selon lui, un resserrement brutal des taux d'intérêt n'est ainsi pas exclu.

Dans un environnement « où les coûts de financement en dollars américains sont exceptionnellement bas », la Réserve fédérale et les autres Banques centrales des économies avancées doivent « soigneusement gérer les risques d'un resserrement soudain des conditions financières », a-t-il ajouté, leur recommandant de « communiquer clairement ».

Avec une reprise économique désynchronisée à travers le monde avec des pays émergents à la traîne, si les pays avancés venaient à augmenter brutalement leur taux d'intérêt, cela compromettrait le besoin de refinancement de la dette d'un certain nombre de pays émergents.

Inflation

Aux Etats-Unis, le plan Biden devrait dynamiser la croissance de 5 à 6% sur trois ans, selon une estimation préliminaire du FMI qui va être affinée puisque la loi a été votée.

Les Républicains, qui ont voté en bloc contre ce plan, mettent, eux, en avant le risque d'inflation.

« C'est un risque parmi tant d'autres que nous allons surveiller », a rétorqué jeudi le conseiller économique de la Maison Blanche Brian Deese sur la chaîne CNN.

Avant même le vote, certains économistes avaient souligné que l'injection massive d'argent dans l'économie américaine, au moment où la reprise a commencé, peut conduire à la surchauffe.

Le débat n'est pas tranché même si la majorité des économistes, dont Gita Gopinath, économiste en chef du FMI, estiment que s'il y a inflation accélérée, c'est-à-dire au-dessus des 2% préconisés par la Banque centrale américaine, cela ne sera que temporaire.

Pour l'heure, la priorité est « de mettre en œuvre le plan de relance pour parvenir à une reprise rapide et équitable », a argué M. Deese alors que la crise est loin d'être terminée pour les foyers les plus modestes.

Il a précisé que les chèques de 1 400 dollars par personne commenceraient à être envoyés dès ce mois-ci.

L'administration Biden a « bon espoir de voir une croissance (...) robuste cette année et c'est ce dont nous avons besoin pour revenir plus rapidement au plein emploi et sortir de ce très grave trou d'emploi dans lequel nous nous trouvons », a-t-il ajouté.

La loi portant sur le plan de sauvetage a été approuvée définitivement mercredi par le Congrès.

Plus de 10 millions d'Américains, dépendant des allocations chômage exceptionnelles, vont continuer à en bénéficier jusqu'à septembre alors que ces aides devaient s'achever en fin de cette semaine, a encore rappelé Brian Deese.

Au cours de la première semaine de mars, 712 000 personnes se sont encore inscrites au chômage contre 754 000 la semaine précédente, selon le département du Travail. 

Le conseiller de Joe Biden a reconnu qu'il était « fâcheux » que les Républicains aient voté contre cette loi mais, a-t-il fait valoir, ce plan a le soutien de la population américaine.


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".