Divertissement, e-commerce, tourisme: les gagnants et perdants de la Covid-19

Selon les secteurs de l’économie, les conséquences de la pandémie ont été radicalement différents (Photo, AFP).
Selon les secteurs de l’économie, les conséquences de la pandémie ont été radicalement différents (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 17 mars 2021

Divertissement, e-commerce, tourisme: les gagnants et perdants de la Covid-19

  • La crise causée par la pandémie de Covid-19 a mis une large partie du monde à l'arrêt, entre confinements et fermetures de pans entiers de l'économie
  • Mais certains secteurs ont largement tiré parti de la situation

PARIS: La crise causée par la pandémie de Covid-19 a mis une large partie du monde à l'arrêt, entre confinements et fermetures de pans entiers de l'économie, mais certains secteurs ont largement tiré parti de la situation.

D'Amazon à Lego en passant par Air France, Chevron ou Sony, rapide tour d'horizon des résultats financiers 2020 de quelques grands noms de l'économie mondiale.

Amazon en champion de la vente sur internet

Restrictions de déplacements et fermetures de boutiques ont poussé les consommateurs à se tourner davantage vers internet.

Géant mondial du commerce en ligne, l'américain Amazon, qui a profité aussi du besoin grandissant pour les services de cloud (informatique à distance), a vu son chiffre d'affaires décoller de près de 40% en 2020, à près de 387 milliards de dollars.

Dans le même esprit, si de nombreuses personnes se sont mises aux fourneaux, la livraison de repas a aussi connu une nette accélération.

Le groupe anglo-néerlandais Just Eat Takeaway a enregistré un bond de ses revenus de 54%, à 2,4 milliards d'euros, tandis que son concurrent britannique Deliveroo voyait la valeur des transactions sur sa plateforme augmenter de 64%, à 4,1 milliards de livres.

Le fait-maison a toutefois résisté : en France, les ventes de petit-électroménager ont été dopées (+11,2%) par les restrictions, notamment celles des robots culinaires (+27,5%).

Lego, jeu vidéo, séries : le divertissement confiné en forme

Faute de pouvoir aller au cinéma, au théâtre ou au musée, les ténors de « l'entertainment » à domicile ont naturellement eu le vent en poupe.

Le fabricant danois de petites briques Lego a même signé une année record en termes de bénéfices (+19% à 1,3 milliard d'euros), tandis que ses ventes ont grimpé de 13%.

Côté virtuel, le jeu vidéo a aussi connu un cru 2020 faste, d'autant plus que Sony et Microsoft lançaient de nouvelles consoles juste avant Noël. Le japonais a ainsi vu ses ventes progresser de 40% sur un an, lors des trois derniers mois de l'année.

L'éditeur américain Activision (« Call of Duty »)  a dépassé les attentes au dernier trimestre et le français Ubisoft s'attend à un exercice 2020/2021 (achevé fin mars) record.

La passion pour les séries ne s'est pas démentie. Si le pionnier Netflix a dépassé les 200 millions d'utilisateurs dans le monde, aidé par divers succès comme « Le jeu de la dame », son rival Disney+, lancé fin 2019, atteignait déjà les 95 millions d'abonnés début 2021. 

Le transport aérien cloué au sol

Conséquence des très fortes contraintes qui ont pesé sur le tourisme, les compagnies aériennes ont connu une « annus horribilis » : Air France a encaissé un choc « sans précédent » qui lui a fait perdre 7,1 milliards d'euros, soit un peu plus que sa rivale allemande Lufthansa (6,7 milliards) ou que le groupe britannique IAG, maison mère de British Airways (6,9 milliards).

Les low-cost n'ont pas été épargnées, comme EasyJet qui a vu ses recettes fondre de 88% au premier trimestre de son exercice décalé (soit d'octobre à fin décembre).

Selon l'Association du transport aérien international (Iata), les compagnies qui ont perdu 510 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2020 et leurs pertes financières ont atteint 118 milliards de dollars. L'horizon reste bouché : les pertes devraient encore s'établir à 38 milliards cette année.

Les pétroliers englués mais reprise espérée

La chute de l'activité mondiale a largement fait refluer la demande pour le pétrole et les géants de l'or noir ont conclu 2020 avec des pertes abyssales.

Les cinq plus grandes compagnies privées du monde - BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et Total - ont annoncé des pertes nettes cumulées de 77 milliards de dollars pour 2020, dont plus de 20 milliards pour le seul BP.

Le secteur peut toutefois espérer profiter de la reprise sur fond d'accélération des campagnes de vaccination en 2021, ce qui a déjà permis aux cours du pétrole de retrouver leurs niveaux d'il y a un an.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.