Première mise aux enchères de bitcoins en France

Un technicien dans un centre d'exploitation de bitcoins. (Photo, AFP)
Un technicien dans un centre d'exploitation de bitcoins. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 18 mars 2021

Première mise aux enchères de bitcoins en France

  • Les maisons d'enchères hexagonales bénéficient d'une loi de 2015 sur les biens meubles incorporels leur permettant de vendre une cryptomonnaie
  • « C'est une vente qui va permettre à l'Etat d'encaisser 24 millions d'euros », a déclaré le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt

PARIS : Et si l'Etat français profitait de l'envolée des cryptomonnaies pour remplir ses caisses ? Plus de 600 bitcoins, d'une valeur dépassant aux cours actuels les 30 millions de dollars, ont été vendus aux enchères mercredi dans le cadre d'une affaire de justice, une première en France.

Plus habituées à manier le marteau pour des ventes de voitures ou d'œuvres d'art, les maisons d'enchères hexagonales bénéficient d'une loi de 2015 sur les biens meubles incorporels leur permettant de vendre une cryptomonnaie.

Mandatée à l'automne dernier par l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) à la suite d'une affaire entre les mains du département « cyber » du parquet de Paris, c'est la maison d'enchères Kapandji Morhange qui a tenu cette première vente mercredi, organisée pour l'essentiel en ligne.

« C'est une vente qui va permettre à l'Etat d'encaisser 24 millions d'euros », a déclaré en fin de journée le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, sur BFM Business, sous réserve d'une confiscation définitive des bitcoins dans l'affaire judiciaire en cours. 

Dans l'intervalle, les fonds issus de la vente doivent être séquestrés à la Caisse des dépôts. 

« On a bien fait de prendre notre temps » dans la préparation de l'événement, se félicite son commissaire-priseur Ghislaine Kapandji : au début des préparatifs en septembre dernier, le prix d'un bitcoin était d'environ 10 000 dollars... bien loin du pic historique atteint au cours du week-end à plus de 60 000 dollars, donnant à la vente de ces 611 bitcoins une toute autre dimension.

Les enchères ont été lancées à 9H00 mercredi matin, sur une base de 23 250 euros par bitcoin. La plupart des lots adjugés l'ont été à un prix d'environ 40 000 euros par bitcoin, soit peu ou prou le prix de marché (autour de 55 000 dollars mercredi) après ajout des frais d'enchères de 14,28%.

Même si elle est souvent accusée d'être un actif spéculatif ou de servir à des réseaux criminels, la plus célèbre des monnaies virtuelles a connu une envolée historique ces derniers mois. Elle a aussi été adoubée par des entreprises emblématiques, comme le constructeur automobile Tesla qui en acheté pour 1,5 milliard de dollars, ou le plus grand gérant de fonds au monde, Blackrock, qui s'est dit désormais prêt à y investir.

S'il s'agit de la première vente aux enchères de ce type en France, d'autres ont déjà été organisées depuis plusieurs années à l'étranger. 

La toute première s'est tenue en 2014 aux Etats-Unis, suivis depuis par le Canada, l'Australie, la Belgique ou la Grande-Bretagne, précise Kapandji Morhange, qui explique s'être « inspirée » de ces expériences pour organiser sa propre vente.

« 1 600 inscrits »

Près de 1600 personnes, beaucoup plus que pour la plupart des ventes traditionnelles, se sont inscrites pour y participer -- surtout des résidents français, mais aussi belges et britanniques.

Les enchères étaient divisées en deux parties : 437 lots de 0,11 à 2 bitcoins le matin, puis 42 lots de 5 à 20 bitcoins l'après-midi.

Il a notamment été demandé aux inscrits une caution de 10 000 euros pour les lots les plus chers, ainsi que plusieurs documents attestant de leur identité et résidence.

« On n'est pas sur des montants habituels », justifie Ghislaine Kapandji au sujet des précautions prises.

Interrogé sur l'affaire de justice en cours, le parquet de Paris n'a pas souhaité faire de commentaires pour l'heure.

Du côté des acheteurs, le transfert des bitcoins passera directement d'un compte sécurisé aux portefeuilles de cryptomonnaie de chacun des futurs propriétaires. Comme pour les autres ventes aux enchères, le transfert juridique sera effectué quant à lui au tomber de marteau.


Farandou défend un budget de compromis, «pas un 49.3 qui brutaliserait le Parlement»

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
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  • "Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement"
  • M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget

PARIS: Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat.

"Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement", a-t-il estimé. "Il y a eu 350 heures de débats. C'est au contraire un budget qui cristallise un compromis, un consensus".

M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget. Des motions qui devraient a priori être rejetées vendredi.

"On est toujours prudent sur le résultat d'un vote qui sera serré", a-t-il dit, estimant qu'"il ne faut surtout pas vendre la peau de l'ours".

M. Farandou a estimé que l'absence de budget "serait une catastrophe pour le pays".

Interrogé sur l'existence d'un "virage à gauche" du budget avec l'annonce vendredi de la hausse de la prime d'activité de 50 euros en moyenne pour trois millions de Français, il a insisté sur le fait que cette mesure "n'est ni de gauche ni de droite ou de gauche et de droite".

"Bien sûr, la gauche y voit une mesure de pouvoir d'achat, mais je pense que les gens de sensibilité de droite y voient une incitation au travail", a-t-il pointé. "C'est typiquement la mesure qui est bonne pour les Français et qui au fond permet le consensus, du PS aux Républicains".

"On est en train d'affiner, on fera tout ce qu'on peut", a-t-il aussi répondu au journaliste qui lui demandait si la hausse pourrait être de plus de 50 euros, tout en insistant sur la nécessité de ne pas creuser le déficit.


Macron veut que la France et l'Europe soient "respectées"

Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron affirme que l’unité européenne a permis de faire retomber les tensions avec les États-Unis sur le Groenland, tout en réaffirmant le soutien à la souveraineté danoise
  • Il insiste sur la nécessité pour la France et l’Europe d’être respectées, se disant prêt à agir fermement, y compris via les outils commerciaux européens, en cas de nouvelles menaces

BRUXELLES: Emmanuel Macron a affirmé jeudi vouloir que la France et l'Europe soient "respectées", et s'est "félicité" du retour à une situation "beaucoup plus acceptable" avec les Etats-Unis, après une "escalade" et des "menaces d'invasion" et "tarifaires" au sujet du Groenland.

"On se réunit aujourd'hui dans ce Conseil informel européen pour marquer l'unité des Européens en soutien du Danemark, de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et pour aussi acter que quand l'Europe est unie, forte, réagit vite, les choses rentrent dans l'ordre et dans le calme", a dit le président français à son arrivée à Bruxelles. "Même si nous restons vigilants", a-t-il ajouté.

Des discussions mercredi à Davos, en Suisse, entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" au sujet du territoire autonome danois.

Donald Trump a coup sur coup fait marche arrière sur sa menace d'action militaire pour s'en emparer, puis de droits de douane accrus contre les pays européens qui s'y opposeraient.

A Davos, mardi, Emmanuel Macron avait dénoncé la diplomatie "brutale" des Etats-Unis. En retour, le lendemain, le président américain avait estimé que son homologue français, qui porte depuis plusieurs jours des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire, avait "joué le dur à cuire".

Interrogé sur ces passes d'armes, Emmanuel Macron a assuré que ça "ne dépend pas" de lui.

"Moi je suis extrêmement calme et constant. Ca fait neuf ans que vous m'entendez parler d'indépendance européenne, d'autonomie stratégique européenne, de respect de la souveraineté partout. On le fait en Ukraine, on le fait pour la Palestine, on le fait pour le Danemark et nous, nous sommes prévisibles", a-t-il affirmé à la presse.

"Simplement, on entend que la France soit respectée, que l'Europe soit respectée. A chaque fois qu'elles ne le seront pas, nous nous exprimerons et agirons avec clarté", a-t-il ajouté.

Selon le président français, qui avait invoqué le recours au puissant outil "anti-coercition" de l'Union européenne face aux menaces commerciales américaines, "quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire respecter".


Narcotrafic: cinq hommes, dont quatre Colombiens, soupçonnés d'un meurtre en France

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes
  • Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran

LYON: Cinq hommes, dont quatre Colombiens, ont été inculpés et écroués jeudi en France, soupçonnés du meurtre d'un jeune homme et de préparer un autre règlement de comptes pour un narcotrafiquant français détenu dans leur pays.

Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes, dans la nuit de dimanche à lundi, et un cinquième homme dans un appartement.

Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran.

Le juge les a inculpés notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, et ils ont été écroués, ont indiqué dans la soirée à l'AFP leurs avocats.

Agés de 25 à 30 ans, ils étaient soupçonnés, au moment de leur arrestation, d'avoir planqué plusieurs heures dans cette voiture dans un parking du centre de Lyon en vue de commettre un règlement de compte, selon des sources policières. L'appartement dans lequel le cinquième a été appréhendé leur servait de planque.

En plus du meurtre d'Écully, l'information judiciaire les visait pour "tentative de meurtre et (...) préparation d'un crime en bande organisée", a précisé le procureur.

Ils sont soupçonnés d'être des "mercenaires" ou des "tueurs à gage" recrutés en Colombie par un narcotrafiquant français de Lyon détenu dans ce pays d'Amérique latine, principal producteur de cocaïne, selon une source policière.

Il s'agit d'un habitant du quartier populaire de La Duchère, à Lyon, limitrophe d'Écully. Soupçonné d'être un gros trafiquant, Karim B.A., surnommé "Fiston", est en détention en Colombie, en attente d'extradition.

Accusé d’avoir commandité des fusillades à La Duchère visant des policiers et des rivaux, il fait l’objet de poursuites judiciaires pour "homicide et tentative d'homicide en bande organisée".

En fuite en Colombie, il a été arrêté dans la région de Cali (sud-ouest) le 25 octobre 2022.

Le quartier de La Duchère a été traversé par de nombreux épisodes de violences armés ces dernières années.

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier.

Deux anciens militaires colombiens, eux aussi soupçonnés d'être des tueurs à gage, avaient déjà été arrêtés fin 2024 dans la banlieue de Lyon.

La Colombie abrite de nombreux groupes armés - guérilleros, paramilitaires, cartels - héritiers d'un conflit vieux de six décennies, qui n'a pas cessé malgré le désarmement des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en 2017.