PARIS: La lutte contre l'épidémie de Covid-19 a pâti de l'impréparation de l'Etat en France, notamment dans les hôpitaux et l'enseignement, même si leur forte mobilisation a finalement permis de faire face, selon la Cour des comptes française.
Si le tableau n'est pas totalement noir, la Cour constate globalement une "faible anticipation" assez générale, symptomatique du fait que "les acteurs publics n'accordent pas suffisamment d'attention à la gestion des risques", dans son rapport annuel publié jeudi et consacré pour une large part à la gestion de la crise sanitaire.
Pour évaluer la gestion de l'épidémie, elle s'est notamment intéressée aux établissements hospitaliers et aux services de réanimation, à la continuité scolaire grâce aux outils numériques, ou encore aux conséquences de la crise pour la SNCF et sur le financement de l'assurance-chômage.
"Dans la plupart des cas, les dispositifs d'anticipation de crise n'étaient pas au rendez-vous : pas de plan de continuité dans les établissements scolaires, pas de plan adapté non plus dans les services de réanimation ni à la SNCF", la société de transport ferroviaire, énumère le rapport.
Dans les hôpitaux, la réanimation était "un secteur mal préparé à affronter la crise", avec notamment "un taux d'équipement qui se dégrade, marqué par de fortes inégalités territoriales", indique-t-elle.
Dans l'enseignement, la continuité scolaire a pu être assurée "rapidement" grâce aux outils numériques existants, mais ceux-ci ont montré leurs limites, notamment pour les plus jeunes et pour les élèves souffrant de handicaps.
A l'inverse, l'aide au retour des Français qui se sont retrouvés coincés à l'étranger à l'annonce du premier confinement a montré la capacité d'adaptation de l'administration, et cela pour un coût "maîtrisé", juge-t-elle.
La Cour souligne d'ailleurs la "forte capacité de mobilisation" des agents face à la soudaineté de la crise, qui a permis "une continuité du service".
Si la crise a eu un coût "élevé" pour l'Etat, entre 160 et 170 milliards d'euros à ce jour selon le gouvernement, elle a mis en lumière les problèmes de financement de certains services publics, notamment le manque de capacités en hospitalisation en soins critiques, selon la même source.







