Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla

Les 4x4 emmèneront les participants dans un voyage à travers les pics et les dunes sur une piste conçue pour mettre en valeur la beauté du paysage désertique sans perturber son écosystème (Photo, Fournie)
Les 4x4 emmèneront les participants dans un voyage à travers les pics et les dunes sur une piste conçue pour mettre en valeur la beauté du paysage désertique sans perturber son écosystème (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla en Arabie saoudite (Photo, Fournie)
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Annabel's AlUla (Photo, Fournie)
Annabel's AlUla (Photo, Fournie)
Annabel's AlUla (Photo, Fournie)
Annabel's AlUla (Photo, Fournie)
L'une des salles à manger privées d'Annabel sur le thème AlUla (Photo, Fournie)
L'une des salles à manger privées d'Annabel sur le thème AlUla (Photo, Fournie)
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Publié le Dimanche 21 mars 2021

Luxe et aventure attendent les visiteurs avec la panoplie de fraicheurs et saveurs proposées par AlUla

  • RCU positionnera AlUla comme une destination patrimoniale et culturelle de premier plan grâce à ses atouts naturels
  • L’une des dernières destinations gastronomiques du site est le célèbre club privé, Annabel’s, qui a ouvert ses portes lors de l’évènement «Hiver à Tantora» et qui revient avec le thème du léopard d’Arabie

DJEDDAH: Depuis la première visite d'Arab News à AlUla en 2017, beaucoup de choses ont changé et continuent d'évoluer rapidement. De nouvelles expériences culinaires ont vu le jour ainsi que des loisirs passionnants pour les amateurs d'aventure. 

L’une des dernières destinations gastronomiques du site patrimonial est le célèbre club privé, Annabel’s, qui a ouvert ses portes lors de l’évènement «Hiver à Tantora» et qui revient avec le thème du léopard d’Arabie. 

Le club entier a été transformé en forêt tropicale pour un évènement de collecte de fonds, l'année dernière, au profit de la forêt tropicale brésilienne. En s’implantant à AlUla, le club a décidé d'apporter un peu de forêt tropicale à Hegra pour transformer le site patrimonial en une oasis, avec une série de salles à manger privées à thème. 

Installé au sein du site du patrimoine mondial de l'UNESCO de Hegra, ce club promet aux clients une expérience mémorable. L'Annabel’s d'AlUla est ouvert pour dîner tous les jours, et offre un menu et des cocktails sans alcool sur mesure inspirés par AlUla. 

L'autre expérience culinaire, Suhail, rassemble différents plats locaux sur une seule table pour ceux qui ont soif d'authenticité. Le restaurant porte le nom de l'étoile brillante à laquelle se fiaient autrefois les Arabes lors de longs voyages. 

« Vous n’aurez pas de grand gratte-ciel. Nous appliquons des règles de construction et de développement strictes. Tout s'intégrera dans l'environnement, à la fois d'un point de vue naturel et esthétique, sans superposer quoi que ce soit qui ne le soit pas. » 

Phillip Jones, directeur du marketing et de la gestion des destinations de RCU 

Suhail est un concept de restauration saoudien haut de gamme alliant tradition et luxe, servant une cuisine traditionnelle maison qui ravive le goût authentique, avec la véritable hospitalité saoudienne dans un environnement inspiré du design moderne. 

Tous les plats ont été sélectionnés par le chef exécutif du restaurant, Rakan Al-Oraifi, connu pour son succès médiatique, dans «Top Chef Middle East» et dans ses propres émissions de cuisine dans la région. Il a été nommé meilleur chef saoudien 2018 par les Saudi Tourism Excellence Awards, meilleur chef saoudien 2019 et ambassadeur de la saison de Riyad 2019 par la Saudi General Entertainment Authority. 

Le troisième restaurant est le Pink Camel, une boulangerie-pâtisserie traditionnelle à l'entrée du Wadi près de l'Oasis. Les clients peuvent y savourer une friandise ou une collation salée, une tasse de café et profiter du paysage au milieu des parfums et des palmiers qui ondulent. 

Pour les férus d'aventure, la Commission royale pour AlUla (RCU) a prévu un florilège d'activités, y compris une tyrolienne, qui atteint une vitesse de plus de 100 km / h sur une vue des montagnes environnantes du Hijaz. 

Les accros d’aventure peuvent également profiter d'une randonnée chargée d’adrénaline et à faible impact. Des buggies emmèneront les participants dans un voyage à travers les crêtes et les dunes sur une piste conçue pour mettre en valeur la beauté du paysage désertique sans perturber son écosystème. Les promenades sont proposées par des guides expérimentés, qui conduisent les visiteurs à travers des canyons étroits, de hautes dunes de sable et les zones difficiles du Wadi Rum. 

Si la gastronomie et les loisirs font partie de la campagne de RCU pour attirer les voyageurs, l’hospitalité et le luxe relèvent également de la mission de la commission. 

Arab News s'est entretenu avec Phillip Jones, directeur du marketing et de la gestion des destinations de RCU, qui nous a fait découvrir le projet de la commission pour positionner AlUla en tant que destination patrimoniale et culturelle de premier plan. 

EN BREF

• L’une des dernières destinations gastronomiques du site patrimonial est le célèbre club privé, Annabel’s, qui a ouvert ses portes lors de l’évènement Hiver à Tantora et qui revient avec le thème du léopard d’Arabie.  

• L'ensemble du club a été transformé en forêt tropicale pour un événement l'année dernière de collecte de fonds au profit de la forêt tropicale brésilienne. En s’implantant à AlUla, le club a décidé d'apporter un peu de forêt tropicale à Hegra pour transformer le site patrimonial en une oasis, avec une série de salles à manger privées à thème. 

• L'autre expérience culinaire, Suhail, rassemble différents plats locaux sur une seule table pour ceux qui ont soif d'authenticité. Le restaurant porte le nom de l'étoile brillante à laquelle se fiaient autrefois les Arabes lors de longs voyages. 

• Le troisième restaurant est le Pink Camel, une boulangerie-pâtisserie traditionnelle à l'entrée du Wadi près de l'Oasis. Les clients peuvent y savourer une friandise ou une collation salée, une tasse de café et profiter du paysage au milieu des parfums et des palmiers qui ondulent. 

Arab News a été l’une des premières à faire l’expérience de la phase zéro du développement de RCU. «Vous allez constater plus de changements dans la région du Wadi. Ce sera notre quartier touristique. Les arts et la culture seront mis en avant à l'automne. C’est quelque chose de nouveau qui sera présenté aux visiteurs, avec des galeries, des expositions et des festivals », déclare Jones dans une interview exclusive avec Arab News. 

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172 nouvelles chambres d'hôtel viendront augmenter le potentiel d'AlUla d'ici août de cette année. Phillip Jones 

Il ajoute : «Ce que nous essayons de faire, c’est de mettre en valeur tous ces incroyables atouts naturels, puis de construire des infrastructures et de les assembler de manière authentique. Cela attirera les visiteurs qui s'intéressent à la culture, au patrimoine, à l'aventure, à l'offre culinaire et aux arts. » Jones précise qu’en vue du développement du tourisme, la commission s'est concentrée au cours des 18 derniers mois sur la mise en place d'un écosystème pour accueillir les visiteurs. «Nous n’avions pas de très bons aéroports, hôtels et restaurants. Nous n'avions pas de vieille ville rénovée et restaurée. " 

Le RCU s'est également concentré sur l’organisation d'aventures pour les touristes, y compris la tyrolienne, la randonnée, le VTT, l'observation des étoiles et l'équitation - tout cela a été mis en place au cours des six derniers mois. 

Pour les férus d’aventure, la Commission royale pour AlUla a mis en place un florilège d'activités, y compris une tyrolienne, qui atteint une vitesse de plus de 100 km / h. 

Les nouveaux hôtels et spas seront les prochains à l'ordre du jour de la commission. « Au cours des trois prochaines années, nous aurons trois complexes Aman très haut de gamme. Nous avons également un Banyan Tree, une marque Sofitel, et Habitas, qui est une marque mexicaine et américaine en cours de construction. » 

Selon Jones, 172 nouvelles chambres d’hôtel viendront augmenter le potentiel d’AlUla d’ici août de cette année. Les hôtels et centres de villégiature comprendront des spas, des restaurants et des piscines extérieures dont les clients pourront profiter en été. 

Bien que les activités d’AlUla se déroulent toute l’année, Jones reconnaît que la haute saison sera d’octobre à avril, et l’été la basse saison. 

«Si vous allez dans le sud de la France, c’est ouvert du printemps à l’automne, et en hiver, c’est fermé. En basse saison, les visiteurs bénéficieront de très bons tarifs », ajoute-t-il. 

« Nous cherchons également à proposer certaines activités d'endurance comme les courses de vélo et les courses d'endurance dans le désert pour encourager d’autres catégories de visiteurs à venir pendant l'été, mais aussi les étudiants et les visites éducatives. » 

Une autre attraction majeure proposée par AlUla est la salle Maraya, qui est utilisée pour des activités et des événements spéciaux pendant l'été. « La bonne nouvelle, c'est qu'elle est magnifiquement climatisée.»

Jones souligne que tout ce qui est construit à AlUla est axé sur le développement durable, ainsi que sur la protection et la préservation de l'environnement naturel. 

« Vous n’aurez pas de grand gratte-ciel. Nous appliquons des règles de construction et de développement strictes. Tout s'intégrera dans l'environnement, à la fois d'un point de vue naturel et esthétique, sans superposer quoi que ce soit qui ne le soit pas. » 

Jones déclare, corroborant la réputation d'Aman pour le luxe, qu'entre 2021 et la fin de 2023, la commission ciblera principalement les voyageurs de luxe premium. 

« Toutefois, nous ne voulons pas que les gens viennent séjourner dans un hôtel de luxe qu’ils trouveront partout ailleurs. Il doit être authentique et réel », conclut-il. « Vous n’aurez pas le sentiment d’être à Londres ou dans l'Arizona - ce sera très local et typique d’AlUla. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


À l’IMA, deux historiens s’accordent: la Palestine n’est pas un conflit mais une guerre coloniale

Devant un amphithéâtre comble, l’historien palestino-américain Rashid Khalidi et le professeur émérite Henry Laurens ont échangé pendant près de deux heures, à l’invitation de l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), autour du thème « Écrire l’histoire de la Palestine ». (IMA)
Devant un amphithéâtre comble, l’historien palestino-américain Rashid Khalidi et le professeur émérite Henry Laurens ont échangé pendant près de deux heures, à l’invitation de l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), autour du thème « Écrire l’histoire de la Palestine ». (IMA)
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  • Ce que l’on appelle communément « conflit israélo-palestinien » est en réalité, selon Khalidi, une guerre coloniale inscrite dans la longue durée, dont les Palestiniens seraient la cible depuis plus d’un siècle
  • Dès les premières minutes, le ton est donné : Khalidi récuse l’idée d’un affrontement symétrique entre deux peuples. Selon lui, cette grille de lecture masque l’asymétrie du rapport de force entre les parties impliquées

PARIS: Devant un amphithéâtre comble, l’historien palestino-américain Rashid Khalidi et le professeur émérite Henry Laurens ont échangé pendant près de deux heures, à l’invitation de l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA), autour du thème « Écrire l’histoire de la Palestine ».

D’emblée, une grande complicité et une admiration réciproque se dégagent entre Laurens, spécialiste du monde arabe et auteur de l’ouvrage intitulé « Question juive, problème arabe », et Khalidi, de passage à Paris à l’occasion de la publication en français de « Cent ans de guerre contre la Palestine », paru aux États-Unis en 2020.

IMA

C’est ce lien personnel entre les deux intervenants qui a donné lieu à un dialogue fluide, dense mais sans concessions, qui ne se contente pas de revisiter l’histoire, mais propose un changement de regard.

IMA

Ce que l’on appelle communément « conflit israélo-palestinien » est en réalité, selon Khalidi, une guerre coloniale inscrite dans la longue durée, dont les Palestiniens seraient la cible depuis plus d’un siècle.

Dès les premières minutes, le ton est donné : Khalidi récuse l’idée d’un affrontement symétrique entre deux peuples. Selon lui, cette grille de lecture masque l’asymétrie du rapport de force entre les parties impliquées.

Il ne s’agit pas simplement d’une rivalité nationale entre deux peuples vivant sur une même terre, mais d’un projet d’implantation soutenu par des puissances extérieures, inscrit dans une logique coloniale classique.

Loin d’être un accident de l’histoire, ce processus répond à une dynamique structurée, progressive et profondément politique, dont le moment fondateur reste la Déclaration Balfour.

Avec le soutien du Royaume-Uni à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine, cette déclaration transforme une aspiration politique en projet réalisable. Khalidi insiste : sans cet appui impérial, le mouvement sioniste n’aurait pas pu s’imposer de cette manière. Il rappelle les démarches antérieures de Theodor Herzl auprès des grandes puissances, restées infructueuses, jusqu’à ce que Chaim Weizmann obtienne le soutien britannique.

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Les deux historiens convergent pleinement : le rôle des puissances étrangères est central, hier comme aujourd’hui. (Arlette Khouri)

À cette lecture, Henry Laurens n’oppose pas un refus, mais une mise en perspective. Il propose de remonter à 1908, moment charnière où émergent à la fois une conscience politique palestinienne et les premières tensions ouvertes autour de la présence sioniste.

Laurens insiste sur un point fondamental : le conflit est international dès l’origine. Il ne se joue pas seulement sur le territoire de la Palestine mandataire, mais aussi dans les capitales européennes, au sein des institutions internationales et, plus tard, dans les équilibres de la guerre froide.

Sur ce point, les deux historiens convergent pleinement : le rôle des puissances étrangères est central, hier comme aujourd’hui. La période du mandat britannique illustre parfaitement cette imbrication, notamment à travers la répression des révoltes palestiniennes — en particulier celle de 1936-1939 — menée en grande partie par les forces britanniques.

Pour Khalidi, cela confirme que la guerre n’oppose pas seulement deux acteurs locaux, mais qu’elle met en jeu une alliance entre projet sioniste et puissance impériale.

Laurens souligne pour sa part un aspect lié au langage : la Déclaration Balfour ne mentionne pas les Palestiniens en tant que peuple, évoquant simplement des « communautés non juives ». De même, le mandat britannique parle des « indigènes », un vocabulaire qui traduit une invisibilisation politique caractéristique des contextes coloniaux. Selon lui, le peuple palestinien, en tant que sujet politique, mettra des décennies à être reconnu comme tel, y compris dans le monde arabe.

Les deux historiens s’accordent également à souligner la coexistence de ruptures et de continuités. Les accords d’Oslo, par exemple, apparaissent comme un moment charnière.

Pour Khalidi, ils constituent à la fois une rupture — avec la reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP — et l’aboutissement d’un processus engagé dès les années 1970, lorsque les dirigeants palestiniens prennent acte de l’impossibilité d’une solution militaire régionale.

Cette tension entre continuité et rupture se retrouve dans l’analyse des événements les plus récents. Le 7 octobre 2023 marque, selon Khalidi, une rupture par l’ampleur de la violence et le nombre de victimes, tout en s’inscrivant dans une logique ancienne de confrontation.

Double regard

Ce double regard permet d’éviter les simplifications et rappelle que, si rien n’est totalement nouveau, rien n’est strictement identique non plus.

Ainsi, la figure de l’ancien président palestinien Yasser Arafat illustre bien cette complexité. À la fois acteur de la lutte et artisan de compromis, il incarne une période où un certain équilibre interne était encore possible. Sa disparition marque une rupture majeure.

Laurens souligne qu’il était sans doute le seul capable d’éviter une guerre civile palestinienne. Celle-ci éclatera quelques années plus tard, opposant notamment le Hamas à l’Autorité palestinienne, accentuant la fragmentation déjà profonde des rangs palestiniens.

Cette fragmentation constitue l’un des obstacles majeurs à l’écriture d’une histoire cohérente. À ce propos, Khalidi insiste sur l’absence d’archives nationales centralisées, conséquence directe de la dispersion du peuple palestinien.

L’historien doit alors recomposer le récit à partir de sources éparses : archives familiales, témoignages, documents internationaux. Il évoque aussi, plus personnellement, le recours à sa propre expérience — une démarche inhabituelle dans son parcours académique, mais rendue nécessaire par les lacunes documentaires.

Enfin, l’échange s’ouvre sur le présent et ses évolutions. Khalidi observe un changement notable dans l’opinion publique occidentale, en particulier aux États-Unis, où les mobilisations étudiantes, les débats académiques et les campagnes de boycott ont contribué à transformer le regard porté sur la Palestine.

Mais cette évolution s’accompagne, selon lui, d’une réaction tout aussi forte : une restriction croissante de la liberté d’expression, qu’il n’hésite pas à comparer au climat du maccarthysme.

Le dialogue s’achève sur une question plus large : que révèle la question de la Palestine pour le monde contemporain ?

Pour Khalidi, elle constitue l’un des derniers avatars d’une histoire coloniale que l’on croyait révolue. Pour Laurens, elle reflète un conflit profondément inscrit dans les dynamiques internationales.


Chez le chef français Alain Passard, le végétal radical

Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive. (AFP)
Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive. (AFP)
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  • "Ça n'existait pas, un grand chef qui fait sans le beurre, la crème, les œufs", dit d'emblée le mythique chef
  • "Cet été, j'ai compris que j'étais prêt, culinairement, mentalement", poursuit à l'AFP le cuisinier de 70 ans

PARIS: Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive.

"Ça n'existait pas, un grand chef qui fait sans le beurre, la crème, les œufs", dit d'emblée le mythique chef.

"Cet été, j'ai compris que j'étais prêt, culinairement, mentalement", poursuit à l'AFP le cuisinier de 70 ans, quelques mois après avoir annoncé tourner une page dans l'histoire de son mythique restaurant parisien l'Arpège, ouvert il y a 40 ans dans le quartier des ministères.

La protéine animale était déjà devenue discrète dans les assiettes du chef, qui avait banni la viande rouge en 2001. Alain Passard, qui avait pourtant bâti sa carrière et sa réputation sur la grande tradition de la rôtisserie française, se disait "dés-inspiré".

Sa nouvelle religion, il la fonde depuis 2001 en cultivant ses potagers privés à travers la France, et dans la saisonnalité.

"La nature a tout écrit. Par exemple, le poireau en hiver, c'est un produit de la nature fait pour réchauffer. Une tomate, c'est un verre d'eau, c'est fait pour désaltérer", assure-t-il, l'œil bleu pétillant.

En cuisine, une heure avant le service, c'est l'heure des "potions magiques" : six chaudrons et casseroles, remplies à ras bord de légumes, fanes, herbes, jus et réductions, viennent former le rituel de base de cette cuisine végétale.

Bien-être animal 

En maître des lieux, le "consommé" : une marmite de 10 litres d'un peu tous les végétaux de saison, avec "très peu d'eau, à niveau", la manne qui viendra délayer et faire vivre les sauces du midi.

Ce jour-là, cela viendra nourrir un consommé de céleri, qui fait presque sentir la viande ou une sauce au vin jaune, grasse, épaisse, à en rappeler le beurre, et un velouté de cresson bien iodé, sans avoir jamais connu la moindre goutte d'eau de mer.

Dans la nouvelle cuisine d'Alain Passard, très peu d'épices. Aucune "poudre de perlimpinpin", dit-il, peu de condiments et, en dehors des légumes, feuilles et fruits du potager, quasiment pas de céréales ou légumineuses.

Alain Passard plonge dans cet inconnu au moment exact, l'été dernier, où le seul chef triplement étoilé vegan au monde, Daniel Humm, à New York, remet la protéine au menu.

"Le moment est bon, la société est réceptive au respect des saisons, à la lutte contre le gaspillage alimentaire ou le bien-être animal", répond Alain Passard.

"Mais ce n'est pas politique, c'est artistique", ajoute le patron de l'Arpège, collectionneur d'art et peintre à ses rares heures perdues.

Nouvelles bases 

Mais dans la profession, ce modèle de restaurateur indépendant qui travaille seul et ne quitte jamais son établissement, devient parfois incompris. "Ils ne m'ont pas épargné : à la cérémonie du (guide gastronomique) Michelin, il y en a que je connais depuis 40 ans qui ont refusé de me saluer", dit-il en serrant les lèvres.

"Ce n'est pas leur conception de la cuisine", poursuit-il, alors que s'affirme en France un courant de chefs plus "identitaire", replié sur les traditions culinaires.

"Quand on va chez Alain, il faut oublier tout ce que l'on sait, il faut arriver vierge et être prêt à vivre quelque chose d'unique", le défend auprès de l'AFP le chef triplement étoilé Emmanuel Renaut.

En octobre, le critique Stéphane Durand-Souffland repart de l'Arpège "furieux qu'on ait essayé, moyennant une addition à 495 euros pour un couvert, de nous faire prendre des rince-doigts pour des lanternes", écrit-il dans le Figaro.

À l'AFP, il explique quelques mois plus tard avoir attendu dans le médiatique parti-pris de l'Arpège "un manifeste, sans avoir la révolution espérée".

"Quand on change autant de paradigme, il faut remonter une cuisine, prendre d'autres bases", dit le chroniqueur, citant les traditions culinaires végétaliennes de l'Inde au Japon.

"Je suis dans ce métier depuis 40 ans, je connais ma musique, mon solfège", répond Alain Passard, persuadé qu'il faut qu'on "fasse une place" dans la cuisine française au végétalisme.


Azzedine Alaïa et Christian Dior : aux racines d’un maître tunisien de la haute couture

Le livre coïncide avec une exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris, qui se termine le 21 juin. (Avec l'autorisation de Damiani Books)
Le livre coïncide avec une exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris, qui se termine le 21 juin. (Avec l'autorisation de Damiani Books)
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  • Le livre met en lumière un dialogue esthétique et technique entre Alaïa et Dior, fondé sur une vision commune de la forme et du savoir-faire
  • L’expérience fondatrice d’Alaïa chez Dior et son admiration durable ont profondément influencé son parcours et inspiré l’exposition et l’ouvrage

DHAHRAN : Le livre de table publié par Damiani, « Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute couture », tisse avec élégance un dialogue visuel entre ces couturiers emblématiques du XXe siècle.

À travers des photographies capturant ces vêtements sculpturaux, l’ouvrage offre un festin visuel d’une grande élégance, ponctué de quelques pages de textes soigneusement sélectionnés.

Disponible uniquement en anglais, le livre, paru ce mois-ci, se lit aisément, avec une préface de l’éditrice et galeriste italienne Carla Sozzani, qui écrit : « Il ne s’agit pas simplement d’un dialogue entre deux maîtres de la haute couture, mais d’un retour à une origine profondément humaine et formatrice.

Christian Dior et Azzedine Alaïa ont développé un langage commun fondé sur une discipline intérieure et un respect de la forme, un langage qui a inspiré, inspire encore et continuera d’inspirer des générations. » 

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Le livre est sorti le 21 avril. (Publié par et avec l’autorisation de Damiani Books)

D’autres éclairages sont apportés par des figures telles qu’Olivier Saillard, historien de la mode français et directeur de la Fondation Azzedine Alaïa, ainsi qu’Olivier Flaviano, directeur de La Galerie Dior depuis son inauguration en 2022, entre autres.

L’ouvrage présente également 70 pièces textiles impeccablement mises en scène, issues des archives des années 1950 et conservées à la Fondation Alaïa.

L’histoire commence en Tunisie, où le jeune Alaïa (1935-2017) découvre pour la première fois les créations de Dior (1905-1957) en feuilletant des magazines de mode français fournis par Madame Pinault, une sage-femme locale qui l’avait pris sous son aile.

Fils d’agriculteurs céréaliers, Alaïa est envoyé vivre chez ses grands-parents avec sa sœur jumelle, Hafida. À 15 ans, il ment sur son âge pour intégrer l’Institut des Beaux-Arts de Tunis en tant qu’apprenti sculpteur.

Il finance ses études en aidant une couturière qui vendait des reproductions de créations de grands couturiers parisiens à une clientèle tunisienne aisée.

Encouragé par Habiba Menchari, figure de l’émancipation féminine en Tunisie, il approche Madame Zeineb Levy-Despas, cliente de la maison Dior alors dirigée par Yves Saint Laurent, qui lui obtient un stage intensif de quatre jours à la Maison Dior.

En juin 1956, Alaïa, âgé de 21 ans, arrive dans l’atelier de Christian Dior, alors âgé de 51 ans, situé rue François 1er, au cœur du Triangle d’Or, épicentre du luxe parisien.

Bien que trois décennies les séparent, leurs esthétiques et leurs silhouettes présentent des similitudes, renforcées par leur goût intemporel.

Tous deux discrets, ils étaient fascinés par un artisanat minutieux et somptueux, laissant leurs œuvres — véritables sculptures à porter — s’exprimer d’elles-mêmes. Ils partageaient un goût pour les textures, les constructions ingénieuses et une architecture du vêtement à la fois douce et puissante.

Cette expérience brève mais fondatrice — ainsi que des décennies de collection des chefs-d’œuvre de Dior — a largement contribué à cette exposition.

Si l’exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris s’achève le 21 juin, près de 70 ans après ce stage, les images et les chefs-d’œuvre détaillés présentés dans le livre, eux, perdureront toute une vie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com