La féministe Nawal al-Saadawi, héraut de la lutte pour l'émancipation

La féministe égyptienne Nawal al-Saadawi avant une réunion convoquée par l'Union des écrivains égyptiens le 17 juin 2001 au Caire (Photo, AFP)
La féministe égyptienne Nawal al-Saadawi avant une réunion convoquée par l'Union des écrivains égyptiens le 17 juin 2001 au Caire (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 21 mars 2021

La féministe Nawal al-Saadawi, héraut de la lutte pour l'émancipation

  • Son franc-parler et ses positions audacieuses sur des sujets jugés tabous par une société égyptienne largement conservatrice lui ont valu des ennuis avec les autorités
  • Mme Saadaoui avait envisagé de se porter candidate à l'élection présidentielle de 2005, mais elle s'était rapidement retirée de la course, dénonçant une «parodie» de démocratie

LE CAIRE: La féministe égyptienne Nawal al-Saadawi, décédée dimanche à l'âge de 89 ans, a été pendant des décennies une figure controversée en Egypte, mais mondialement reconnue pour ses écrits brisant les tabous du sexe et de la religion. 

Auteure d'une cinquantaine d'ouvrages, traduits dans une trentaine de langues, elle s'est toujours prononcée contre la polygamie, le port du voile islamique, l'inégalité des droits de succession entre hommes et femmes en islam et surtout l'excision, qui concerne plus de 90% des Égyptiennes. 

« Je ne me soucie pas des critiques universitaires ou du gouvernement, je ne cherche pas les prix », avait déclaré dans un entretien en 2015 cette psychiatre de formation, célèbre pour ses convictions de gauche et anti-islamistes. 

Son franc-parler et ses positions audacieuses sur des sujets jugés tabous par une société égyptienne largement conservatrice lui ont valu des ennuis avec les autorités, les institutions religieuses et les islamistes radicaux. Par le passé, elle a d'ailleurs été accusée d'apostasie et d'atteinte à l'islam. 

« La jeunesse, en Egypte et à l'étranger, m'a toujours couverte d'amour et de reconnaissance », avait souligné Mme Saadawi, dont le tempérament d'acier tranchait avec sa frêle silhouette, son élégante chevelure blanche et son sourire chaleureux. 

Née le 27 octobre 1931, Mme Saadawi est notamment l'auteur de deux livres féministes de référence dans le monde arabe: « Au début, il y avait la femme » et « La femme et le sexe ». 

En 2007, l'institution théologique Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses de l'islam sunnite, portait plainte contre elle pour atteinte à l'islam. Un mois plus tôt, son autobiographie et l'une de ses pièces de théâtre avaient été bannis de la foire du Livre du Caire. 

Elle avait alors quitté le pays, avant d'y revenir en 2009. 

Mme Saadaoui avait envisagé de se porter candidate à l'élection présidentielle de 2005, mais elle s'était rapidement retirée de la course, dénonçant une « parodie » de démocratie orchestrée du temps de l'ex-raïs Hosni Moubarak, chassé en 2011 par une révolte populaire. 

Mme Saadawi a été au centre d'une procédure judiciaire visant à la séparer de son époux. En 2001, un avocat attiré par les procès à sensation avait estimé que leur mariage devait être annulé, l'islam interdisant à un homme d'épouser une femme non croyante. 

Dans les années 1990, l'apparition de son nom sur une liste de personnalités à abattre, dressée par des milieux extrémistes islamistes, l'avait poussée à s'installer aux Etats-Unis de 1993 à 1996, où elle enseigna alors à l'université de Dukes. 

Car Mme Saadawi s'est longtemps battue contre « les fondamentalistes religieux ». 

« Les Frères musulmans ont tiré profit de la révolution de 2011 », avait-elle déclaré en qualifiant « d'année horrible » la courte mandature d'un an de l'ex-président islamiste Mohamed Morsi, issu des rangs de la confrérie et élu démocratiquement avant d'être destitué par l'armée en 2013. 

Brièvement emprisonnée en 1981 durant une vaste campagne de répression visant l'opposition du temps de l'ex-président Anouar al-Sadate, Mme Saadawi était aussi une farouche opposante aux régimes autoritaires arabes. 

Mais elle avait été critiquée pour son soutien à la destitution de M. Morsi par le général Abdel Fattah al-Sissi, devenu président. 

« J'ai dédié toute ma vie à l'écriture. Malgré tous les obstacles, j'ai toujours continué à écrire », avait dit cette mère de deux enfants, une fille et un garçon, qui a « divorcé de ses trois maris ». 


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.