Virus: les déboires du vaccin AstraZeneca compliquent la donne

Le vaccin AstraZeneca, sur lequel l'Europe compte pour atteindre ses objectifs de vaccination, est perçu comme plus dangereux que sûr en Allemagne, France, Espagne et Italie (Photo, AFP).
Le vaccin AstraZeneca, sur lequel l'Europe compte pour atteindre ses objectifs de vaccination, est perçu comme plus dangereux que sûr en Allemagne, France, Espagne et Italie (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 22 mars 2021

Virus: les déboires du vaccin AstraZeneca compliquent la donne

  • L'accélération de la troisième vague de la pandémie de Covid-19, notamment en Europe, rend plus nécessaire que jamais d'accélérer les vaccinations
  • L’utilisation de ce vaccin avait été suspendue dans plusieurs pays par crainte qu'il ne provoque des caillots sanguins, parfois mortels

LONDRES: Les déboires du vaccin AstraZeneca, rejeté par une bonne partie des Européens, compliquent sérieusement la donne au moment où l'accélération de la troisième vague de la pandémie de Covid-19, notamment en Europe, rend plus nécessaire que jamais d'accélérer les vaccinations.

« C'est la dernière ligne droite parce que nous savons que pour vaincre cette pandémie, une seule solution : se faire vacciner. Les vaccins arrivent, ils seront là », a martelé dimanche le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton.

Encore faut-il qu'ils soient en nombre suffisant et acceptés par tous.

Or, le vaccin AstraZeneca, sur lequel l'Europe compte pour atteindre ses objectifs de vaccination, est perçu comme plus dangereux que sûr en Allemagne, France, Espagne et Italie, selon une étude d'opinion réalisée entre le 12 et 18 mars. 

Son utilisation avait été suspendue dans plusieurs pays par crainte qu'il ne provoque des caillots sanguins, parfois mortels. Jeudi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) l'a jugé « sûr et efficace » et l'utilisation du vaccin a repris dans plusieurs pays, mais l'impact sur l'opinion publique s'est fait sentir, souligne l'institut YouGov.

« Non seulement nous avons constaté une augmentation considérable du nombre de personnes qui le jugent dangereux au cours des deux dernières semaines en Europe, mais le vaccin AstraZeneca continue d'être considéré comme nettement moins sûr que ceux de Pfizer et Moderna », a commenté Matt Smith, datajournaliste à YouGov, dans un communiqué.

Pourtant, l'Union européenne (UE) continue à en avoir un besoin pressant, si elle entend comme le souhaite accélérer les campagnes de vaccination, afin d'atteindre d'ici l'été l'immunité collective, comme l'a indiqué Breton. Dimanche, le ton est monté entre l'UE et le Royaume-Uni où le vaccin AstraZeneca d'origine britannique est en partie fabriqué.

« Contreproductif »

Le ministre de la Défense britannique Ben Wallace a prévenu dimanche qu'il serait « contreproductif » de bloquer les exportations d'AstraZeneca comme l'a menacé la veille la Commission européenne si l'UE ne recevait pas d'abord ses livraisons.

Une source dans l'entourage de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réagi dimanche soir : « La Commission a son propre contrat avec AstraZeneca. Nous essayons simplement de le faire respecter. Le laboratoire nous a livré moins de 10% des doses prévues pour l'année par le contrat. Il est donc normal que nous demandions que ces doses soient livrées comme prévu aux Européens », a-t-elle dit.

Le vaccin AstraZeneca est produit sur le territoire européen notamment dans deux usines en Belgique et aux Pays-Bays, deux pays qui ont appelé à la prudence sur un durcissement des exportations alors que d'autres pays européens, comme la France, le soutiennent.

Selon le laboratoire, le vaccin est efficace à 80% chez les seniors et sans risque de caillots

Le vaccin AstraZeneca est efficace à 80% contre la Covid-19 chez les personnes âgées et n'augmente pas le risque de caillots sanguins, a affirmé le laboratoire lundi après des essais cliniques de phase III menés aux Etats-Unis.

Le vaccin est efficace à 79% pour prévenir la Covid-19 symptomatique dans la population générale et à 100% pour empêcher les formes sévères de la maladie et l'hospitalisation, selon le laboratoire.

Les essais cliniques de phase III mis en œuvre par AstraZeneca et l'université d'Oxford ont été réalisés sur 32 449 participants, sont deux tiers ont reçu une injection du vaccin, a déclaré la firme dans un communiqué.

20% d'entre eux étaient âgés de plus de 65 ans et 60% avaient des problèmes de santé associés à des risques plus élevés de développer une forme grave de Covid, comme le diabète, l'obésité ou des problèmes cardiaques.

Or, le temps presse, notamment en Allemagne. Le gouvernement de Berlin s'apprête lundi à prolonger, voire à durcir les restrictions face à une troisième vague toujours plus virulente, au risque de nourrir la grogne déjà croissante de l'opinion.

La chancelière Angela Merkel et les régions allemandes se retrouvent dans l'après-midi pour une nouvelle réunion sur la stratégie anti-pandémie.

Mais alors qu'elle devait être consacrée il y a quelques semaines encore à relâcher la pression, l'ordre du jour a complètement changé face à la propagation du variant britannique du virus, jugé plus infectieux et dangereux. Le confinement partiel déjà en place en Allemagne depuis fin 2020, et programmé jusqu'au 28 mars, pourrait être prolongé au moins jusqu'au 18 avril, selon un projet gouvernemental.

Douche froide

Une douche froide pour l'opinion allemande, usée comme ailleurs par un an de pandémie.

Les restrictions sanitaires alimentent la colère de certains qui les assimilent à une forme de « dictature ». Par milliers, ils l'ont fait savoir samedi lors de manifestations en Autriche, en Bulgarie, en Grande-Bretagne, en Suisse ou en Allemagne. 

« Arrêtez la terreur Corona » ou « Le Covid est un canular », pouvait-on lire sur certains panneaux brandis par les manifestants, de Montréal à Belgrade.

A Cassel, ville du centre de l'Allemagne, des affrontements se sont produits samedi et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz au poivre, matraques et canons à eau.

A Londres, au moins 36 personnes ont été arrêtées samedi et plusieurs policiers blessés au cours d'une manifestation similaire.

La lassitude pousse aussi une partie de la population à négliger gestes barrière et distanciation sociale. Quelque 6 500 personnes sans masques se sont rassemblées pour célébrer le carnaval à Marseille, dans le Sud de la France. Ce rassemblement non autorisé a été qualifié d' « irresponsable » par la police qui est intervenue pour disperser les fêtards.

Ailleurs dans le monde, les vaccinations s'intensifient aussi dans l'espoir d'enrayer l'épidémie qui a déjà fait plus de 2,7 millions de morts dans le monde. 

Au Brésil, où l'épidémie est hors de contrôle, le gouvernement a levé dimanche l'obligation faite aux autorités locales de réserver des stocks de vaccins pour la 2e injection, dans le but d'accélérer la vaccination.

Aux Etats-Unis, trois millions de doses de vaccins par jour ont été administrées pour la première fois lors de deux journées consécutives, nouvelle illustration d'une campagne de vaccination qui continue de monter en puissance, selon les chiffres officiels publiés dimanche.

Et à Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se prépare à publier, probablement cette semaine, le rapport très attendu de ses experts dépêchés en janvier en Chine pour étudier les origines de la pandémie.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
Short Url
  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Short Url
  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.