Les livraisons d’armes iraniennes aux Houthis alimentent la guerre au Yémen, selon certains experts

Des officiers de l’armée alliés aux Houthis participant à un rassemblement à Sanaa en commémoration de la troisième année de la guerre, en mars 2018. (Archives-AFP)
Des officiers de l’armée alliés aux Houthis participant à un rassemblement à Sanaa en commémoration de la troisième année de la guerre, en mars 2018. (Archives-AFP)
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Publié le Samedi 11 juillet 2020

Les livraisons d’armes iraniennes aux Houthis alimentent la guerre au Yémen, selon certains experts

  • Le gouvernement yéménite a exigé de la communauté internationale de mettre rapidement fin à la livraison d’armes par l’Iran qui alimente la guerre avec les Houthis
  • Le gouvernement yéménite et les responsables militaires pensent que les Houthis acheminent des armes iraniennes à travers les zones côtières

 

AL-MUKALLA, YÉMEN : La dernière saisie par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite d'une cargaison d'armes iranienne destinée aux Houthis est une preuve supplémentaire du rôle déstabilisateur de l'Iran au Yémen déchiré par la guerre, selon des responsables gouvernementaux et des experts.

« C'est une preuve concrète de l'implication de l'Iran au Yémen », a affirmé à Arab News Salem Al-Khanbashi, vice-Premier ministre du Yémen. Lors d’une conférence de presse donnée lundi à Riyad, la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite a annoncé l'interception au début du mois d'un boutre transportant des centaines d'armes fabriquées en Iran, y compris des missiles, des fusils de sniper et des munitions. Le boutre a été saisi au large de la ville côtière yéménite de Mocha sur la mer Rouge et se dirigeait vers les Houthis, a indiqué la coalition.

Le gouvernement yéménite a exigé de la communauté internationale de mettre fin rapidement à la livraison d’armes par l’Iran qui alimente la guerre avec les Houthis. Pour Al-Khanbashi, « Le pays qui fournit ces armes évoluées aux Houthis devrait être sévèrement sanctionné ». Même avant le début de la guerre, il y a 5 ans, les gouvernements yéménites successifs ont accusé l’Iran de contrebande d’armes aux Houthis, leur permettant ainsi de continuer à combattre malgré les ripostes massives du gouvernement et des forces de coalition dirigées par l’Arabie Saoudite. Le garde-côte yéménite a intercepté plusieurs livraisons d’armes similaires au large de la côte yéménite au cours des dernières années. « Il existe un processus de contrebande continu qui réapprovisionne les Houthis en armement de pointe. Les forces de l'armée nationale ont saisi de nombreuses armes iraniennes aux Houthis pendant les combats », a déclaré Al-Khanbashi.

L’ancien ambassadeur des États-Unis au Yémen, Gerald Feierstein, a expliqué que les Iraniens soutenaient les Houthis en leur procurant des armes et en les entrainant à les utiliser bien avant le début de l’opération militaire dirigée par l’Arabie Saoudite au Yémen. « L'engagement iranien a commencé bien avant le début de la guerre civile ou l'intervention de la coalition saoudienne. Il est clair que les Iraniens ont vu dans le mouvement Houthi une opportunité de faire pression sur l'Arabie saoudite et de menacer sa frontière sud », a-t-il affirmé à Arab News dans une interview en mars.

Le gouvernement yéménite et les responsables militaires pensent que les Houthis acheminent des armes iraniennes à travers les zones côtières sous leur contrôle dans la mer Rouge. Les Houthis contrôlent toujours les ports maritimes stratégiques de la mer Rouge, y compris Hodeidah. L'impact de l'approvisionnement ininterrompu des Houthis en armes iraniennes évoluées est visible sur le champ de bataille. Les commandants militaires yéménites ont récemment déclaré à Arab News que le bombardement Houthi était devenu plus destructeur et précis, tuant ainsi davantage de soldats et de civils. Cela prouve, selon les commandants de l'armée, que les Houthis ont réapprovisionné leur arsenal détruit au cours des combats avec des armes évoluées qui leur ont parfois assuré un avantage sur le champ de bataille.

Les experts soutiennent que l'approvisionnement continu en armes en provenance de l'Iran a non seulement prolongé le conflit au Yémen, mais a également permis aux Houthis d’atteindre l'Arabie saoudite à l'aide de missiles balistiques et de drones. Selon l’analyste politique yéménite Saleh Al- Baydhani « Le soutien iranien aux Houthis a non seulement prolongé la guerre, mais a également permis aux Houthis de cibler des zones civiles en Arabie saoudite voisine, ainsi que des cargaisons de pétrole, et de menacer la navigation internationale à travers Bab Al-Mandab ».

Afin d’endiguer le flux d'armes iraniennes vers le Yémen, les experts militaires proposent d'augmenter le nombre de navires de patrouille le long de la côte yéménite et de libérer le reste des zones côtières yéménites sous contrôle houthi. « À chaque fois qu'une cargaison d'armes est interceptée, une attaque à l'intérieur du Yémen ou contre l'Arabie saoudite est déjouée. Je considère donc la dernière interception comme un succès », a déclaré le brigadier Khaled Al-Nasi, analyste militaire yéménite, à Arab News. « Resserrer les vis sur la contrebande d'armes accélérerait la chute de ce groupe », a-t-il affirmé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com le 30 juin 2020


Le prince William arrive à AlUla pour la prochaine étape de sa tournée en Arabie saoudite

Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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  • Accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine

ALULA : Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Il a été accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine.

Le comité d’accueil comprenait également le général de division Yousef ben Abdullah Al-Zahrani, directeur de la police régionale, Ibrahim ben Abdullah Barri, directeur du Bureau du protocole royal, ainsi que d’autres hauts responsables.

Plus tôt mardi, le prince William s’était rendu à Riyad, où il a rencontré des joueuses de football, joué aux jeux vidéo et échangé avec des clients dans un café.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.