Le double discours d’Al Jazeera sur la mort de Nawal el-Saadawi

Les comptes Twitter d’Al Jazeera en anglais et en arabe racontent deux histoires très différentes sur le décès de la pionnière égyptienne des droits de la femme, Nawal el-Saadawi. (Fichier/AFP)
Les comptes Twitter d’Al Jazeera en anglais et en arabe racontent deux histoires très différentes sur le décès de la pionnière égyptienne des droits de la femme, Nawal el-Saadawi. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

Le double discours d’Al Jazeera sur la mort de Nawal el-Saadawi

  • Depuis son lancement en 2006, la version anglaise d’Al Jazeera a été critiquée pour son récit très différent de celui de sa chaîne sœur arabe et souvent contradictoire
  • Al Jazeera en arabe a un passé mouvementé en matière de discours extrémiste et antisémite

LONDRES: Les comptes Twitter d’Al Jazeera en arabe et en anglais racontent deux histoires très différentes sur le décès de la pionnière égyptienne des droits de la femme Nawal el-Saadawi.

«Elle a attaqué les religions, exigé la légalisation de la prostitution et remis en question le Coran», lit-on sur le compte Twitter égyptien d’Al Jazeera Arabic, accompagné d’une vidéo explosive. «La mort surprend la romancière controversée Nawal el-Saadawi après quatre-vingt-dix ans d'idées contraires à la culture de la société», souligne le même compte.

Cependant, le service en langue anglaise du média appartenant au Qatar a couvert sa mort de manière positive, la décrivant sur Twitter comme une «icône des droits de la femme». Depuis le lancement de sa chaîne en anglais en 2006, Al Jazeera a été critiquée pour son double discours et son récit des événements différent de sa chaîne sœur en arabe, lancée en 1996.

Le plus souvent, la version anglaise de la chaîne est totalement déconnectée de la chaîne arabe et de son édition numérique.

«Al Jazeera a deux visages, et peut-être même plus, c’est apparu très clairement dans le cas de Nawal el-Saadawi, décrite dans sa version anglaise adressée à l'Occident et au monde comme une féministe et une combattante pour les droits de la femme, et chantant ses louanges. Dans sa version arabe, devenue la plate-forme idéologique de nombreux groupes appelant à l'extrémisme, à l'intolérance et à la haine, Nawal el-Saadawi a au contraire été dépeinte comme une traîtresse et une renégate attaquant les religions», affirme à Arab News Hani Naseira, journaliste égyptien et spécialiste des médias et de l'extrémisme. 

Le propagateur de haine égyptien en exil Youssef al-Qaradawi, qui a animé une émission sur la chaîne arabe pendant des années, en est un exemple parfait: la plupart de ses discours et théories ne pourraient jamais se faire une place sur la plate-forme anglaise.

Le discours d’Al-Qaradawi – connu pour ses opinions extrêmes, notamment pour sa justification des attentats-suicides et les attaques contre les juifs – a été décortiqué dans la série Preachers of Hate («Les prédicateurs de la haine») d'Arab News, qui décrit l'idéologie extrémiste de personnalités, afin de les mettre face à leurs responsabilités. 

«Le populisme, le deux poids deux mesures, et les discours multiples d'Al-Jazeera sont incontestables et ils ont été clairement mis en lumière dans son traitement de la mort de Nawal el-Saadawi, écrivaine  éclairée à la personnalité complexe, ou de celle de l'écrivain et scénariste Wahid Hamed il y a quelques mois», assure Hani Naseira. «Al Jazeera en arabe décrit également le terrorisme et ses dirigeants dans le Sinaï égyptien comme une résistance. Ce n’est pas nouveau, car la chaîne a toujours soutenu tous les mouvements à l’idéologie très fermée, défendu le populisme et exacerbé les sentiments des masses.»

Al Jazeera en arabe a un passé mouvementé en matière de discours extrémiste et antisémite. En 2019, sa chaîne destinée aux jeunes AJ + Arabic a été condamnée unanimement pour la diffusion d’une vidéo affirmant que les juifs avaient exagéré l'ampleur de l'Holocauste afin de fonder l'État d'Israël.

Au mois de mai dernier, la version arabe de la chaîne avait aussi diffusé un podcast glorifiant le défunt Qassem Soleimani, le tristement célèbre général iranien responsable de nombreuses atrocités dans les pays voisins. Le podcast a suscité toute une controverse sur la promotion présumée du terrorisme par la chaîne. Rien de tout cela n'est apparu sur son média en langue anglaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


Cisjordanie : la violence «ne fait qu'empirer», selon l'ONU

Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
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  • Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU
  • Les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions

GENEVE: Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU.

"Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, dans un communiqué.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com