L’éditeur Epic Games accuse Google et Apple d’abuser de leur position dominante

Le jeu vidéo Fortnite, phénomène mondial, est désormais disponible sur smartphones. (Chris DELMAS/AFP)
Le jeu vidéo Fortnite, phénomène mondial, est désormais disponible sur smartphones. (Chris DELMAS/AFP)
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Publié le Lundi 17 août 2020

L’éditeur Epic Games accuse Google et Apple d’abuser de leur position dominante

  • L'éditeur américain a publié jeudi une mise à jour de sa version de Fortnite pour les appareils mobiles d'Apple et Google, s'exonérant des commissions imposées d'ordinaire par les deux géants
  • Apple et Google sont notamment accusés d'être à la fois juges et parties, puisqu'ils distribuent leurs propres produits sur des plateformes où ils contrôlent aussi les conditions de disponibilité des produits concurrents

PARIS : L'éditeur Epic Games, en conflit avec Google et Apple au sujet de son jeu vidéo phénomène Fortnite, les accuse d'imposer des conditions financières déraisonnables. Mais selon des experts, l'abus de position dominante des deux géants technologiques ne va pas de soi.

Que reproche Epic Games aux deux géants ?

L'éditeur américain, détenu à 40% par le champion chinois des services numériques Tencent, a publié jeudi une mise à jour de sa version de Fortnite pour les appareils mobiles d'Apple et Google. Elle proposait aux utilisateurs de payer leurs achats d'accessoires virtuels à l'intérieur du jeu moins cher, en s'exonérant des commissions imposées d'ordinaire par les deux géants.

La pratique est explicitement interdite dans les conditions d'utilisation des boutiques d'applications mobiles d'Apple et Google. Ils ont donc immédiatement exclu le jeu de leurs systèmes : sauf pour ceux l'ayant déjà téléchargé, il n'est plus possible d'installer Fortnite sur les iPhone et iPad d'Apple, et le jeu reste disponible pour les appareils fonctionnant avec Android, le système d'exploitation de Google, seulement via des magasins d'applications alternatifs.

Peu après, Epic a déposé plainte devant un tribunal américain contre chacun des deux mastodontes, qu'il accuse de pratiques anticoncurrentielles.

« Apple est devenu ce contre quoi il pestait autrefois. Le monstre qui veut contrôler les marchés, bloquer la concurrence et étouffer l'innovation », dénonce ainsi sa plainte contre la marque à la pomme et sa « taxe tyrannique ».

Epic demande au tribunal de forcer Apple et Google à changer leurs règles pour tous les créateurs d'applications.

Il a reçu le soutien vendredi de la plateforme musicale Spotify et du géant de la rencontre en ligne Match Group (propriétaire notamment de Tinder).

Epic a aussi publié une vidéo parodique pour tenter de rallier les fans du jeu à sa cause.

Fortnite est-il réellement désavantagé ?

Les développeurs d'applications doivent payer Apple et Google pour avoir le droit de proposer leurs produits dans les boutiques officielles des deux groupes, l'AppStore et le Google Play Store.

Les deux géants, qui constituent un quasi-duopole sur le marché des systèmes d'exploitation pour mobiles, leur facturent ensuite des commissions sur les transactions. Ils font valoir qu'ils ont des coûts pour protéger les utilisateurs des pirates et des arnaques.

La commission d'Apple est de 30% pour les achats d'applications payantes, de contenus ou de services numériques, et de 15% à partir de la deuxième année lors d'un abonnement (presse, musique, etc.). Celle de Google est d'un niveau similaire.

Et selon une étude récente du cabinet américain Analysis Group, les autres circuits de vente, tant en ligne que via des magasins physiques, prennent également une commission aux alentours de 30%, voire plus.

Pour les jeux vidéos, Epic Games fait justement figure d'exception, en proposant sur son propre magasin d'applications pour Windows et Mac (Epic Games Store) une commission limitée à 12%.

« On est sur des marges qui dans l'absolu ne sont pas choquantes » chez Apple et Google, estime auprès de l'AFP Pierre-Jean Benghozi, directeur de recherche au centre de recherche public français CNRS et spécialiste du commerce électronique. « Mais ça peut devenir abusif quand la commission s'applique non seulement quand j'achète le produit, mais aussi sur toutes les transactions ultérieures. »

Google et Apple, tout puissants sur leurs plateformes ?

« S'il s'agissait de petits acteurs, il n'y aurait pas de problèmes légaux particuliers », explique encore M. Benghozi. « Un magasin a le choix de ses fournisseurs et peut choisir les marques qu'il souhaite. Ça devient problématique (pour le droit de la concurrence) quand on arrive à des situations de position dominante qui peuvent conduire à des abus. »

Apple et Google sont notamment accusés d'être à la fois juges et parties, puisqu'ils distribuent leurs propres produits sur des plateformes où ils contrôlent aussi les conditions de disponibilité des produits concurrents.

Selon l'avocat spécialiste du numérique Alexandre Archambault, le sujet est moins celui des commissions que de la manière dont les plateformes imposent leurs conditions. « Les règles sont connues mais leur application est arbitraire », dit-il à l'AFP.

Par exemple, Amazon a réussi en avril à être payé directement, sans passer par Apple, par les utilisateurs de son service de vidéos, Apple expliquant par la suite à Bloomberg avoir fait une exception pour les « services premium de vidéo sur abonnement ».

« Si on commence à avoir des règles à la tête du client, on se retrouve alors potentiellement avec une rupture d'égalité », analyse l'avocat.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.