Madagascar: mort de l'ancien président Didier Ratsiraka, un temps exilé

L'ancien président malgache Didier Ratsiraka s'entretenant avec des journalistes à Antananarivo,  le 28 février 2002 (Photo, AFP)
L'ancien président malgache Didier Ratsiraka s'entretenant avec des journalistes à Antananarivo, le 28 février 2002 (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 28 mars 2021

Madagascar: mort de l'ancien président Didier Ratsiraka, un temps exilé

  • Les raisons de son décès n'était pas immédiatement connus. Mais des médias locaux spéculaient sur un éventuel lien avec la Covid
  • Toujours présent sur la scène politique malgache ces dix dernières années, celui qui était aussi surnommé « deba » en malgache, qui signifie à la fois «le méchant» et «le patron»

ANTANANARIVO: Vingt ans de pouvoir soldés par un long exil en France... L'ex président de Madagascar et ardent militant anticolonial, Didier Ratsiraka, surnommé « l'Amiral rouge » pour son socialisme révolutionnaire décliné à la sauce locale, est mort dimanche à 84 ans sur l'île de l'Océan Indien. 

Hospitalisé à Antananarivo en début de semaine pour une grippe, Didier Ratsiraka a été président de 1975 à 1991, puis de 1997 à 2002. « Les Malagasy (Malgaches) ont perdu un illustre patriote », a déclaré l'actuel président, Andry Rajoelina, sur Twitter. Il sera enterré lundi. 

Les raisons de son décès n'était pas immédiatement connus. Mais des médias locaux spéculaient sur un éventuel lien avec la Covid. Madagascar est en proie à une deuxième vague de la pandémie de coronavirus et l'arrivée du variant sud-africain réputé plus contagieux. 

Instigateur de la « révolution socialiste malgache » qu'il a décrite dans son propre « Petit livre Rouge », ce « camarade » de Fidel Castro laisse en héritage une « malgachisation » de l'enseignement et du nom des villes sur la grande île. 

Dirigisme économique, repli culturel, sa politique se révèlera toutefois un échec économique et social, qui a acculé le pays à la faillite et produit une nouvelle génération perdue entre le français, deuxième langue du pays, et le malgache. 

En août 1991, des milliers de personnes marchent sur le palais présidentiel et réclament son départ. Ils sont accueillis par des grenades lancées depuis un hélicoptère et des tirs à balles réelles de la garde présidentielle. Une centaine de personnes sont tuées. 

« Politicien de fortune » 

La contestation durera des mois. Finalement battu à la présidentielle de 1993, l'animal politique à la silhouette frêle est obligé d'accepter la transition libérale réclamée par son opposant de l'époque, Albert Zafy, qui lui succèdera à la tête de l'État. 

Mais l'ancien officier de marine, sorti de l'Ecole navale de Brest en France, reviendra au pouvoir par les urnes en 1997. « Marin de métier, politicien de fortune », disait-il de lui-même. 

Une nouvelle crise de légitimité l'écarte définitivement du pouvoir à l'aube des années 2000. A l'issue d'une présidentielle contestée, des manifestations et des affrontements armés dans la rue font rage, de décembre 2001 à juillet 2002, entre ses partisans et ceux de son nouvel opposant, le maire d'Antananarivo, Marc Ravalomanana. 

Ce dernier est finalement déclaré vainqueur et Didier Ratsiraka forcé à s'exiler en France pendant neuf ans. 

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Didier Ratsiraka fait sa première apparition depuis son exclusion de la liste des candidats à l'élection présidentielle, le 12 septembre 2013 (Photo, AFP)

En 2003, le président déchu est condamné par contumace à dix ans de travaux forcés pour « détournement de deniers publics » puis à cinq ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Ses peines seront toutefois annulées en 2009. 

A son retour d'exil en 2011, Ratsiraka est vu comme un retraité de 75 ans. Mais il surprend à sa descente de l'avion: il embrasse le tarmac et fait des pompes devant les caméras, comme une démonstration de force. 

Bon orateur pour les uns, grand baratineur et démagogue pour les autres, il tente de faire un retour raté à la présidentielle de 2013. 

Toujours présent sur la scène politique malgache ces dix dernières années, celui qui était aussi surnommé « deba » en malgache, qui signifie à la fois « le méchant » et « le patron », était régulièrement invité sur les plateaux de télévision pour livrer ses analyses. 


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.