Birmanie: plus de 500 morts, les factions rebelles menacent la junte

Le drapeau national est brandi au cours des funérailles d’un manifestant tué par la police, le 29 mars en Birmanie (Photo, AFP).
Le drapeau national est brandi au cours des funérailles d’un manifestant tué par la police, le 29 mars en Birmanie (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 mars 2021

Birmanie: plus de 500 morts, les factions rebelles menacent la junte

  • 510 personnes, dont de nombreux étudiants et des adolescents, sont tombés sous les balles des policiers et des militaires ces deux derniers mois
  • «La situation risque d'évoluer vers une guerre civile totale: la junte ne veut rien céder et des contestataires sont tentés d'appeler à l'aide des factions armées pour se protéger»

RANGOUN: Plus de 500 civils ont été tués par les forces de sécurité depuis le coup d'Etat du 1er février en Birmanie et les factions rebelles armées menacent de rejoindre la contestation anti-junte si le bain de sang se poursuit. 

Sourds aux condamnations et aux sanctions occidentales, les généraux birmans poursuivent leur répression meurtrière pour tenter de stopper les manifestations démocratiques et les grèves qui secouent le pays depuis leur putsch du 1er février contre le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

510 personnes, dont de nombreux étudiants et des adolescents, sont tombés sous les balles des policiers et des militaires ces deux derniers mois, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

L'ONG précise que le bilan « est probablement beaucoup plus élevé », d'autant que des centaines de personnes arrêtées sont portées disparues.

Face à ce bain de sang, plusieurs factions rebelles ont menacé mardi de prendre les armes contre la junte. 

Si les forces de sécurité « continuent à tuer des civils, nous collaborerons avec les manifestants et nous riposterons », ont-elles écrit dans un communiqué commun signé notamment par l'Armée d'Arakan (AA), un groupe armé fort de plusieurs milliers d'hommes et doté de moyens très importants. 

« Guerre civile »

« La situation risque d'évoluer vers une guerre civile totale », a commenté Debbie Stothard, de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). « La junte ne veut rien céder et des contestataires, largement pacifiques jusqu'à présent, sont tentés d'appeler à l'aide des factions armées pour se protéger ».

Depuis l'indépendance de la Birmanie en 1948, une multitude de groupes ethniques est en conflit avec le gouvernement central pour obtenir plus d'autonomie, l'accès aux nombreuses richesses naturelles du pays ou une part du lucratif trafic de drogue. 

L'armée avait conclu ces dernières années un cessez-le-feu avec certains. Elle avait même retiré mi-mars l'AA de sa liste des organisations terroristes.

Mais ce week-end, la junte a lancé des raids aériens dans le sud-est du pays, ciblant l'un des plus grands groupes armés, l'Union nationale karen (KNU), après que cette dernière s'est emparée d'une base militaire, tuant plusieurs soldats. 

Il s'agit des premières frappes de ce type dans cette région depuis 20 ans.

Environ 3 000 personnes ont fui les violences pour tenter de se réfugier en Thaïlande voisine, d'après des organisations locales. Quelque 2 000 auraient été refoulées à la frontière, une information démentie par le ministère thaïlandais des Affaires étrangères.

En attendant, la protestation se poursuit en Birmanie avec de nouvelles tactiques de résistance.

Des appels à « une grève des ordures » ont été lancés mardi pour que les habitants jettent leurs déchets dans les rues et bloquent les carrefours routiers. 

A Rangoun, la capitale économique, certains axes étaient encombrés de détritus en tout genre, surmontés parfois de petits panneaux : « On a besoin de démocratie », d'après des images diffusées par les médias locaux. 

Le bilan des victimes s'est considérablement alourdi ces derniers jours.

Au moins 107 civils, dont sept mineurs, ont été tués samedi, journée des forces armées birmanes.

Des funérailles ont été organisées lundi pour les victimes et des foules importantes ont entouré les cercueils, certains saluant à trois doigts en signe de résistance.

Divisions de la communauté internationale

Face à ce bain de sang, Washington a annoncé la suspension immédiate de l'accord-cadre sur le commerce et les investissements conclu en 2013 avec la Birmanie, et ce jusqu'au rétablissement d'un gouvernement « démocratiquement élu ».

La France a dénoncé « la violence aveugle et meurtrière » du régime et exigé la libération de « tous les prisonniers politiques » notamment Aung San Suu Kyi, toujours mise au secret.

Londres a pour sa part demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se déroulera mercredi à huis clos.

Mais les généraux birmans ont jusqu'à présent fait la source oreille aux protestations et aux sanctions occidentales.

Ils ont pu aussi compter sur les divisions de la communauté internationale. 

La Chine et l'Inde ont refusé de condamner formellement le coup d'Etat.

La Russie maintient ses liens étroits avec la junte : le vice-ministre de la Défense Alexander Fomin a participé samedi au défilé annuel des forces armées birmanes.

Le Kremlin s'est certes inquiété du nombre « croissant » des morts, mais a déclaré que la Birmanie restait un « allié fiable et un partenaire stratégique » avec qui il souhaite renforcer ses relations militaires.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a exhorté la communauté internationale à « plus d'unité » et « plus d'engagement » pour faire pression sur la junte.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.