Barrage sur le Nil: «instabilité inimaginable» si on touche à l'eau de l'Égypte

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi lors d'une conférence de presse avec le président français à la suite de leur rencontre au palais présidentiel de l'Élysée le 7 décembre 2020 à Paris (Photo, AFP)
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi lors d'une conférence de presse avec le président français à la suite de leur rencontre au palais présidentiel de l'Élysée le 7 décembre 2020 à Paris (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 mars 2021

Barrage sur le Nil: «instabilité inimaginable» si on touche à l'eau de l'Égypte

  • «Personne ne peut se permettre de prendre une goutte d'eau de l'Egypte, sinon la région connaîtra une instabilité inimaginable», a déclaré le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi
  • Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l'Egypte et l'Ethiopie

ISMAÏLIA: Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a averti mardi que la région entourant l'Égypte connaîtrait une « instabilité inimaginable » si le barrage construit par l'Ethiopie sur le Nil menaçait « une goutte d'eau » égyptienne.  

« Personne ne peut se permettre de prendre une goutte d'eau de l'Égypte , sinon la région connaîtra une instabilité inimaginable », a déclaré le président lors d'une conférence de presse à Ismaïlia, interrogé sur ce grand barrage controversé.  

« Personne ne doit s'imaginer qu'il est loin de la portée de l'Égypte », a ajouté M. Sissi en soulignant que la part des eaux du Nil revenant à l'Égypte était « une ligne rouge ».  

Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l'Égypte et l'Ethiopie.  

L'Égypte , qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, le considère comme une menace pour son approvisionnement en eau.   

Le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l'Ethiopie procède au remplissage du GERD avant qu'un accord ne soit conclu.   

Mais l'Ethiopie affirme que l'énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d'habitants.  

De son côté, le Premier ministre Abiy Ahmed, a déclaré la semaine dernière que l'Ethiopie n'avait « pas l'intention » de faire souffrir l'Égypte avec son barrage.  

« Ce que je veux que nos frères qui vivent de l'autre côté (en Égypte et au Soudan) comprennent c'est que nous ne voulons pas vivre dans les ténèbres. Nous avons besoin d'une ampoule ».  

Lors d'une conférence à Addis Abeba mardi, le porte-parole du ministère des Affaire étrangères Dina Mufti a déclaré que l'Ethiopie restait favorable à des négociations tripartites en collaboration avec l'Union Africaine.  

« L'Ethiopie pense que les problèmes africains peuvent être résolus par les Africains eux-mêmes. Nous respectons la sagesse africaine et les négociations actuelles (...) nous espérons qu'elles vont réussir », a-t-il dit.  

M. Sissi a toutefois précisé qu'il « ne menaçait pas » et que son pays n'avait « jamais menacé ».  

« Mais notre réaction au cas où l'on porterait atteinte (à notre part des eaux du Nil, ndlr) affectera la stabilité de l'ensemble de la région », a-t-il martelé.  

L'Égypte et le Soudan ont exhorté l'Ethiopie à ne pas effectuer le remplissage avant la signature d'un accord.  

Le sujet a fait l'objet d'environ une décennie de discussions sans qu'aucun accord ne soit trouvé.  

« Au cours des prochaines semaines, il y aura des négociations et j'espère que nous allons parvenir à un accord juridique contraignant », a encore dit M. Sissi. 


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.