L’UE sanctionne des Iraniens impliqués dans la répression meurtrière de 2019

Parmi les individus visés, des membres de la milice iranienne extrémiste des Bassijis. (Photo, AFP/Archives)
Parmi les individus visés, des membres de la milice iranienne extrémiste des Bassijis. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Jeudi 01 avril 2021

L’UE sanctionne des Iraniens impliqués dans la répression meurtrière de 2019

  • Huit commandants de la milice et de la police iraniennes ainsi que trois entités étatiques seront visés par les sanctions, ont annoncé mercredi des diplomates
  • Près de 1500 personnes ont été tuées en moins de deux semaines en novembre 2019, après l'ordre du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, de réprimer les manifestants

BRUXELLES / PARIS: L'Union européenne va sanctionner huit commandants de la milice et de la police iraniennes ainsi que trois entités étatiques la semaine prochaine, pour la répression meurtrière en novembre 2019 commise par les autorités iraniennes, ont annoncé mercredi trois diplomates.

C’est la première fois que l’UE impose les interdictions de voyage et le gel des avoirs comme sanctions contre Téhéran pour violations des droits de l’homme depuis 2013. Les mesures doivent entrer en vigueur la semaine prochaine, après les vacances de Pâques en Europe, affirment-ils.

Parmi les personnes visées figurent des membres de la milice radicale iranienne Basij dirigée par les Gardiens de la révolution, la force de l’ordre la plus puissante et la plus lourdement armée de la République islamique.

Reuters a rapporté mardi que l'UE prévoyait des sanctions. L’UE a toutefois refusé de faire des commentaires mardi et mercredi.

Téhéran a rejeté à plusieurs reprises les accusations d'abus des droits de l'homme portées par l’Occident. L'ambassade iranienne à Bruxelles n'était pas immédiatement disponible pour faire des commentaires, tout comme les responsables iraniens.

Près de 1500 personnes ont été tuées en moins de deux semaines, une période de crise qui s’amorce le 15 novembre 2019, selon un bilan fourni à Reuters par trois responsables du ministère iranien de l'Intérieur à l'époque. Les Nations Unies estiment que le chiffre total est d'au moins 304 victimes.

L'Iran a qualifié le bilan donné par les sources d’«infox».

Le 9 mars, le rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Iran, Javaid Rehman, a présenté un rapport qui indique que Téhéran a eu recours à une force meurtrière pendant les manifestations. Il avait réprimandé le régime iranien pour ne pas avoir mené une enquête appropriée, et pour ne pas avoir tenu quiconque responsable de ces massacres.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles l’UE avait mis autant de temps pour imposer ces sanctions, un diplomate de l'UE qui a pris part aux préparatifs a cité la nécessité de disposer de preuves solides contre les personnes touchées par les mesures punitives.

L’UE a également évité susciter l’ire de l'Iran dans l'espoir de préserver un accord nucléaire signé par Téhéran avec les puissances mondiales en 2015.

Les trois diplomates précisent que les sanctions ne sont pas liées aux efforts visant à relancer l'accord nucléaire, dont les États-Unis se sont retirés mais qu’ils cherchent à présent à relancer. Cet accord a rendu plus difficile pour l'Iran d'amasser le matériel fissile nécessaires pour une bombe nucléaire, un objectif que Téhéran a toujours nié, en échange d'un allégement des sanctions.

Après des jours de manifestations à travers l'Iran en novembre 2019, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lance l’ordre de réprimer les manifestants, selon un rapport de Reuters qui date de décembre 2019. Cet ordre, confirmé par trois sources proches du cercle restreint du chef suprême et un quatrième fonctionnaire, a déclenché la répression la plus sanglante contre les manifestants depuis la révolution islamique en 1979.

Dans une déclaration à la suite de la publication de l’article de Reuters, un porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a utilisé le terme «infox» pour commenter le nombre de morts, selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

Les Nations Unies ont aussi mis en garde contre une détérioration des droits de l'homme en Iran. Le rapport de l’ONU du 9 mars fait état du taux élevé de peines de mort en Iran, des exécutions de mineurs, du recours à la torture pour obtenir des aveux et du mariage légal de filles d’à peine 10 ans.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.