Des "gilets jaunes" à Suez, une grosse PME française au défi de l'approvisionnement

Le logo de la société Suez dans une usine de recyclage RV de Suez qui recycle les plastiques agricoles et industriels, à Oree-d'Ajou, dans l'ouest de la France, le 26 mars 2021. (LOIC VENANCE / AFP)
Le logo de la société Suez dans une usine de recyclage RV de Suez qui recycle les plastiques agricoles et industriels, à Oree-d'Ajou, dans l'ouest de la France, le 26 mars 2021. (LOIC VENANCE / AFP)
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Publié le Vendredi 02 avril 2021

Des "gilets jaunes" à Suez, une grosse PME française au défi de l'approvisionnement

  • Ce surcoût a grevé le résultat d'exploitation du groupe, qui a baissé de 23% en 2020, à 2,5 millions d'euros
  • Au-delà du canal de Suez, ce patron à la fibre sociale surveille ce qui se passe en mer de Chine: si les tensions sino-américaines au sujet de Taïwan dégénéraient, les conséquences seraient "plus grandes sur l'activité en Europe"

PARIS : Quand Christophe Champmartin a appris la fermeture du canal de Suez, le responsable transport de Techné, sous-traitant français qui travaille pour toute l'industrie européenne, s'est précipité pour voir où étaient localisés "ses" conteneurs sur un site de visualisation maritime.

"Certains avaient passé le canal mais j'ai deux navires en attente, qui transportent six conteneurs" remplis de joints et de coussinets, témoigne celui qui a la lourde tâche de superviser la chaîne logistique de cette entreprise de la région lyonnaise spécialisée dans l'étanchéité. 

D'après les "ETA" (estimated time of arrival) fournies par les compagnies, l'Uslan Express, parti début mars de Honk-Kong, est censé arriver à Fos-sur-Mer le 9 avril, explique M. Champmartin, joint par téléphone à l'usine de Morancé. 

Mais le logisticien en doute, le porte-conteneurs ne se trouvant pas encore dans la zone d'attente du canal où l'échouage de l'Ever Given, depuis remis à flot, a provoqué un embouteillage monstre dans cette voie commerciale majeure par laquelle transite, en provenance de Chine et de Taïwan, 60% de l'approvisionnement de Techné.

"Plus cher, plus long"

Un retard qui le préoccupe, car un nouvel engorgement est à craindre lors du déchargement de la marchandise au port de Fos-sur-Mer, près de Marseille. 

"Le transport maritime a commencé à devenir compliqué en 2019 suite au mouvement des +gilets jaunes+ qui ont perturbé les ports, puis il y a eu les grèves liées à la réforme des retraites, ensuite le coronavirus...". 

"Depuis deux ans, on subit les délais, on n’arrive plus à se projeter, à avoir de visibilité sur les arrivées; or il y a des enjeux d’organisation logistique et de communication vis-à-vis des clients. C'est frustrant de ne pas pouvoir leur donner des infos". 

Alors, ce quadragénaire entré il y a 21 ans chez Techné comme magasinier avant de gravir les échelons de cette ETI (entreprise de taille intermédiaire) qui réalise 45 millions d'euros de chiffre d'affaires et a ouvert en 2004 une usine en Chine, se démène pour trouver des "plans B", guidé par un idéal: satisfaire le client. 

A côté du transport maritime, qui représente 70% des flux importés, "on utilise aussi le rail et l’avion, même si c'est beaucoup trop cher, et que pour du dépannage". Techné a même testé "les remontées par barge", "pour avoir cette flexibilité de changer de mode de transport quand ça devient nécessaire". 

Mais depuis 11 ans que Christophe Champmartin est responsable du transport, il n'a "jamais vu ça" : "fin 2020, les tarifs du fret maritime ont explosé". A cause d'un "déséquilibre entre l'offre et la demande", le prix d'un conteneur de 40 pieds (12 mètres) est ainsi passé "de 2.500 dollars il y a 2 ans à 8.500 en janvier", avant de refluer légèrement en mars. 

En résumé, "c'est plus cher et c'est plus long", soupire le responsable.

Du Beaujolais à Shanghai 

Ce surcoût a grevé le résultat d'exploitation du groupe, qui a baissé de 23% en 2020, à 2,5 millions d'euros. "Mais la baisse aurait été beaucoup plus importante sans les aides de l'Etat, vu que la masse salariale est restée stable", précise Georges Fontaines, le président du conseil de surveillance de cette entreprise qu'il a fondée il y a quarante ans.

Au-delà du canal de Suez, ce patron à la fibre sociale surveille ce qui se passe en mer de Chine: si les tensions sino-américaines au sujet de Taïwan dégénéraient, les conséquences en seraient autrement "plus grandes sur l'activité en Europe".

Mais les "Chinois sont des commerçants: ils ne scieront pas la branche sur laquelle ils sont assis", veut croire Georges Fontaines, dont la fille Marie est désormais aux commandes de cette "grosse PME ou petite ETI" de 450 salariés, répartis entre le Beaujolais et Shanghai. 


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.