La Suède présente une loi permanente pour durcir l'immigration

Les réfugiés enregistrent leur nom à leur arrivée à la mosquée centrale de Stockholm. (Photo, AFP/Archives)
Les réfugiés enregistrent leur nom à leur arrivée à la mosquée centrale de Stockholm. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

La Suède présente une loi permanente pour durcir l'immigration

  • Le projet de loi présenté par le gouvernement social-démocrate allié avec les Verts, doit remplacer la législation temporaire actuelle en vigueur depuis 2016
  • Rapportée à sa population, la Suède a été le pays de l'Union européenne à accueillir le plus de réfugiés en 2015, avec plus de 160 000 arrivées

STOCKHOLM : La Suède a présenté jeudi un projet de loi pérennisant le durcissement de ses règles d'immigration, en rendant permanentes certaines mesures jusque-là temporaires instaurées pour limiter l'accueil de réfugiés à la suite de la crise migratoire de 2015.

Le projet de loi présenté par le gouvernement social-démocrate allié avec les Verts, doit remplacer la législation temporaire actuelle en vigueur depuis 2016 et prolongée en 2019 faute de consensus politique sur une loi pérenne.

Selon le plan, les réfugiés bénéficieront désormais de permis de séjour de trois ans, qui ne seront convertibles en droits de résidence permanente que s'ils répondent à des exigences comme la connaissance du suédois ou des revenus suffisants.

Avant le tour de vis de 2016, les permis de séjour permanents étaient l'usage selon la législation suédoise, une des plus accueillantes à l'époque en Europe.

Rapportée à sa population, la Suède a été le pays de l'Union européenne à accueillir le plus de réfugiés en 2015, avec plus de 160 000 arrivées, dont de nombreux Syriens.

En une décennie, le pays de 10,3 millions d'habitants a accordé l'asile et le regroupement familial à plus de 400 000 personnes, d'après les services d'immigration. 

Sur fond de montée du parti anti-immigration des Démocrates de Suède, les principaux partis suédois, dont les sociaux-démocrates au pouvoir, avaient effectué un revirement vers une politique plus stricte depuis cinq ans, qui s'est traduite par une chute des permis de séjour.

« Avec ce projet, la Suède n'est plus un aimant pour les demandeurs d'asile comme nous l'étions en 2014, 2015 », a déclaré le ministre social-démocrate des Migrations, Morgan Johansson.

Le ministre social-démocrate a défendu jeudi un projet qui « garantit un cadre réglementaire durable à long terme » tout en veillant à ce que le principe des permis de séjour limités dans le temps « n'ait pas d'effets disproportionnés ».

« Ces règles de base sont conformes à celles de la plupart des autres pays de l'UE », a-t-il plaidé lors d'une conférence de presse.

L'obligation de pouvoir subvenir aux besoins des membres de sa famille lors d'une demande de regroupement familial, introduite dans la loi temporaire, fera également partie de la nouvelle loi.

Mineurs isolés

Des permis de séjour temporaires prolongés pourront également être délivrés aux enfants et aux adultes, notamment en cas de circonstances « particulièrement douloureuses », au titre de la « protection humanitaire ».

A un an et demi des élections législatives de septembre 2022, le chef de file du parti anti-immigration des Démocrates de Suède (SD) Jimmie Åkesson s'est lui attaqué à une disposition favorable aux mineurs non accompagnés, également prise pour cible par la droite suédoise.

D'après le projet, ces derniers pourront être autorisés à rester afin de poursuivre leurs études et seront ainsi couverts au titre de la « protection humanitaire ».

« Les sociaux-démocrates sont dans la position difficile de devoir à la fois contenter une grande part de l'électorat et les demandes énormes des Verts en faveur d'une politique d'immigration extrême », a attaqué M. Åkesson sur Twitter. 

« La campagne électorale commence de plus en plus tôt à chaque fois », a ironisé le leader d'extrême-droite.

La loi temporaire actuelle, prolongée dernièrement en 2019, doit expirer cet été. La nouvelle loi doit, elle, entrer en vigueur en juillet à l'issue d'un vote au Parlement.

 


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".